Bangladesh: Réduction des risques de catastrophe au titre du développement


Des bangladaises travaillent ensemble à l'amélioration des routes et de l'infrastructure communautaire. Photo: PNUD Bangladesh.

Un pays d’une exceptionnelle vulnérabilité face aux risques naturels

L’histoire du Bangladesh est ponctuée de catastrophes naturelles. Il y en a eu 219 de 1980 à 2008. Celles-ci ont causé plus de 16 milliards de dollars US de dégâts au total.  Les effets prévisibles du changement climatique ne feront qu’en aggraver l’impact.

Le PNUD apporte depuis longtemps un soutien au Bangladesh pour atténuer cette vulnérabilité. Cela fait 20 ans qu’il l’aide à passer d’une situation de réaction aux crises à une réduction préventive des risques. Les résultats sont évidents : les pertes de vies et les destructions de modes de subsistance imputables aux calamités naturelles sont en baisse. Le pays est devenu un leader mondial en matière de gestion des catastrophes et de réduction des risques.

Pour un programme global d’atténuation des catastrophes

A retenir

  • Il y a eu 219 catastrophes naturelles au Bangladesh de 1980 à 2008. Celles-ci ont causé plus de 16 milliards de dollars US de dégâts au total.
  • Plus de 60 000 fonctionnaires gouvernementaux ont reçu une formation sur les interventions d’urgence.
  • Suite à un cyclone catastrophique en 1991, le gouvernment a mis sur pied, avec l'aide du PNUD, le Bureau de gestion des catastrophes.

Après les inondations colossales des années 1980, le Bangladesh, aidé par le PNUD, a mis au point un plan d’action qui a fait naître une culture préventive de gestion des catastrophes et de réduction des risques. Il a créé des institutions de gestion des calamités, comme le Centre d’alerte et de prévention des crues, a conçu des projets pilotes pour réduire sa vulnérabilité et élaboré des politiques et recommandations pour leur planification.

En 1991, un cyclone catastrophique l’a poussé à prendre des mesures supplémentaires. Avec l’aide du PNUD, le gouvernement a mis sur pied le Bureau de gestion des catastrophes. Chargé de réduire les coûts humains, économiques et environnementaux des catastrophes et de renforcer les capacités nationales et les partenariats multisectoriels, ce bureau constitue le socle institutionnel d’une approche globale de la réduction des risques, de la réponse aux catastrophes et du relèvement. De 1994 à 2002, le PNUD a appuyé la mise en place de politiques visant à donner des moyens suffisants aux commissions de gestion des catastrophes à tous les niveaux du gouvernement, afin qu’elles puissent planifier et coordonner la réduction des risques et les secours d’urgence.

Au début des années 2000, cette approche s’est vue renforcée. Le gouvernement a mis en place le Conseil national de gestion des catastrophes, ainsi que des structures de coordination auxquelles participaient les collectivités locales et des organisations de la société civile. Le PNUD a appuyé cette consolidation par le biais du Programme intégré multidonateurs de gestion des catastrophes. Ce dernier a révisé les politiques et stratégies en place et créé des mécanismes pour analyser les programmes de développement à travers le « prisme des catastrophes ». Le Bangladesh est devenu l’un des premiers pays les moins avancés à donner la priorité à la réduction des risques de catastrophe dans sa planification fiscale nationale. Avec l’aide du Programme intégré de gestion des catastrophes, il a adopté un modèle général de réduction des risques qui a poussé les acteurs nationaux à prendre en compte les risques actuels autant que ceux qu’entraîneront les extrêmes climatiques projetés, afin de renforcer la résilience nationale et communautaire. Le PNUD a également appuyé la mise en place de systèmes d’alerte précoce et l’introduction de technologies novatrices, telles que la construction de 15 000 maisons résistant aux catastrophes et le développement de cultures résistant à la sécheresse et au sel.

Un changement concret pour un impact décisif

Le PNUD a aidé le Bangladesh à développer les atouts physiques, les connaissances et les capacités humaines, de même que les mécanismes de planification, de coordination, de financement et de mise en œuvre qui sous-tendent son système de gestion des catastrophes et de réduction des risques. Ces investissements ont contribué à modifier le scénario des catastrophes.

Les clés de cette transformation sont les suivantes :

Une approche originale : Les leçons apprises au cours des décennies précédentes ont inspiré le Programme intégré de gestion des catastrophes et l’agenda national de réduction des risques.

Leadership : Le cadre de coordination du Bangladesh va du Conseil national de gestion des catastrophes, présidé par le Premier ministre, à un réseau de 2000 comités villageois, 40 commissions de district chargées de la gestion des catastrophes, 12 ministères directement impliqués et six donateurs partenaires.

Renforcement des capacités : a) Programmes de formation : Plus de 60 000 fonctionnaires gouvernementaux ont reçu une formation sur les interventions d’urgence. On a pu mobiliser un nombre encore plus important de premiers intervenants ayant suffisamment de connaissances en la matière grâce à une coopération avec les organisations de la société civile et les associations de bénévoles. b) Institutions et politiques : Des institutions ad hoc, dotées d’un mandat clair, servent d’interlocuteur aux partenaires du développement. Avec l’appui du PNUD, les institutions nationales sont devenues proactives et utilisent des systèmes d’alerte précoce et des stratégies d’atténuation. c) Implication de la société civile : L’appui et les activités de plaidoyer du PNUD ont donné aux organisations de la société civile les moyens d’œuvrer au changement.

Un œil sur la multiplicité des dangers : La gestion des catastrophes et la réduction des risques comprennent à présent un éventail plus large de risques potentiels, dont les impacts du changement climatique.

Le chiffre qui traduit le mieux les succès remportés au Bangladesh, c’est la baisse spectaculaire du nombre de décès imputables aux catastrophes naturelles. Jusqu’à présent, les morts dues à un seul événement se chiffraient en centaines de milliers. Mais à l’exception de deux cyclones particulièrement violents en 1995, la tendance récente est résolument à la baisse.

Tout n’est pas résolu pour autant. Il reste difficile de maintenir un niveau uniforme de capacités dans tout le pays et de rester vigilant pendant les périodes « normales » entre deux calamités.

Nombre total de décès imputables aux inondations et aux cyclones, 1970-2010

Source: Basé sur EM-DAT

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Protéger la biodiversité au Bangladesh

 

Avec des stratégies comme la diversification des moyens de subsistance, les pouvoirs publics et le PNUD encouragent la population à adopter des pratiques fermières et agricoles qui ne nuisent pas à l’environnement et font un meilleur usage des ressources naturelles pour une conservation à long terme.

Des mangroves protègent les côtes du Bangladesh

 

En partenariat avec le gouvernement et les communautés locales du Bangladesh, le PNUD travaille à planter des mangroves le long du delta de ses côtes méridionales. Le programme mis en œuvre à cette fin forme les populations locales à la gestion de pépinières et de forêts, et les rémunère pour ces activités; à la fin 2010, quelque 5 000 familles en avaient bénéficié.

Leçons apprises

On peut tirer les leçons suivantes de l’expérience du Bangladesh :

Engagement soutenu: Le PNUD s’est engagé pour plusieurs dizaines d’années. La complexité des problèmes et des défis institutionnels rendent impossible toute « solution instantanée ». L’expérience du Bangladesh met en évidence l’importance d’un changement graduel et autonome. L’engagement est d’autant plus efficace qu’il englobe tout un éventail d’acteurs allant des organismes gouvernementaux aux organisations de la société civile.

Un engagement communautaire est indispensable pour l’évaluation et l’atténuation des risques de catastrophe: Les risques varient selon les communautés. Pour que la riposte soit efficace, elles doivent chacune prendre des mesures qui tiennent compte des besoins, des aspirations et du contexte locaux. Le Bangladesh a prouvé qu’il est possible d’avoir un cadre standardisé géré via un programme national tout en tenant compte des variations locales.

Cadres de partenariat: Le PNUD a pu profiter de son statut de « transmetteur de connaissances » impartial pour réunir un vaste réseau de partenaires.

Réformes institutionnelles et renforcement des capacités: Avec l’aide du PNUD et d’autres partenaires, le Bangladesh est devenu un leader dans son cadre institutionnel de réduction des risques de catastrophe et de développement durable, car un certain nombre de politiques et de programmes gouvernementaux incorporent la réduction des risques dès les premières étapes.