Mana Dulce assure la participation des femmes dans les prises de décision locales


Au Timor-Leste, les femmes jouent un rôle crucial dans la réorganisation de l’avenir du deuxième pays le plus jeune du monde. Dulce Junior, âgée de 36 ans, en est un bon exemple. « Mana » (Sœur) Dulce, comme l’appellent ses amis et collègues, est l’une des nombreuses et remarquables activistes qui s’efforcent de placer les préoccupations des femmes au cœur des projets gouvernementaux de développement et de réduction de la pauvreté.

« Les femmes des villages doivent comprendre que leur avis est déterminant dans l’élaboration et la mise en place des projets », affirme Dulce en tant que responsable du Programme de Développement Local au ministère de l’administration publique. « Seules ces femmes peuvent faire connaître leurs besoins et contribuer ainsi à la formulation de politiques et de programmes mieux adaptés ».

A retenir

  • Le Programme de Développement Local visa à rapprocher gouvernements et personnes.
  • En cinq ans près de 400 projets ont été mis en œuvre dans des secteurs clés du service public tels que la santé, l’eau et l’assainissement, l’éducation et les transports, bénéficiant à 51 pourcent de la population timoraise.
  • Les femmes ont assisté à 80 à 83% de toutes les réunions des assemblées locales qui se sont tenues dans le pays.

Fruit d’un partenariat entre le gouvernement, le PNUD et le Fonds d’Equipement des Nations Unies, le Programme de Développement Local préconise l’adoption de différents modèles de gouvernance locale décentralisée et transparente, en venant en aide aux habitants des zones rurales ou isolées.

Dulce et son équipe font de longs trajets pour se rendre partout dans le pays. Leur tâche consiste à capaciter les assemblées de département et de sous-département en matière de petits projets d’infrastructure.

L’une de leurs principales priorités est d’encourager la participation des femmes au processus de prise de décision locale, par le biais de stages de formation spécialement adaptées et qui tiennent compte de leurs besoins particuliers.

Ces compétences et les nouveaux systèmes, notamment la réhabilitation d’écoles et d’hôpitaux, la construction de routes en zone rurale, de petits ponts, de marchés communautaires, d’installations d’irrigation pour l’agriculture, et la construction et l’entretien des systèmes d’alimentation en eau et d’assainissement.

Depuis quatre ans, le taux de participation des femmes aux assemblées locales a été remarquablement élevé. Les femmes ont assisté à 80 à 83% de toutes les réunions des assemblées locales qui se sont tenues dans le pays. Le taux de participation des femmes reste cependant plus faible que celui des hommes.

Interrogée sur les principales difficultés rencontrées par les femmes des régions rurales, Mana Dulce cite le besoin permanent d’irrigation de l’eau et de soins prénatals dispensés aux femmes qui accouchent encore chez elles. « Il y a 11 ans, quand j’ai mis au monde mon premier garçon, j’avais peur d’aller au dispensaire pour accoucher. Mais à présent il faut que les femmes comprennent à quel point il est important de bénéficier d’un suivi médical tout au long de la grossesse et pendant l’accouchement », souligne-t-elle. « Si plus de femmes sollicitaient l’aide des médecins, les taux de mortalité maternelle diminueraient ».

Outre la nécessité de s’attaquer aux problèmes de l’absence de transports publics et du manque de temps dû aux responsabilités familiales et aux grossesses, la confiance en soi est un facteur indispensable au succès en matière de participation des femmes. D’après Dulce, « les femmes ne devraient jamais laisser tomber, même si une société sexiste essaie de les rabaisser. Nous sommes capables de remplir toutes les tâches, pourvu que nous ayons la volonté d’apprendre ».