Géorgie : nouveau départ grâce au microcrédit

 Dali Chilachava habite une petite ville de la Mingrélie, région limitrophe de l’Abkhazie.

Dali Chilachava habite une petite ville de la Mingrélie, région limitrophe de l’Abkhazie indépendantiste, où se trouvent plus de 80 000 personnes déplacées.  Elle a fui son village abkhaze en 1993 lorsque le premier conflit séparatiste a éclaté. Incapables de trouver des sources de revenus stables, sa famille et elle ont passé 12 ans dans un état de pauvreté extrême, jusqu’à ce qu’elles trouvent enfin leur salut dans la culture du lis à des fins commerciales.

Dans les régions de la Géorgie laissées en ruines suite au conflit l’ayant opposée à la Russie à propos du statut de l’Ossétie du Sud en 2008, un programme de microfinancement a redonné un second souffle aux habitants, qui s’efforcent toujours de refaire leur vie.

A retenir

  • Le programme a octroyé plus de 3 000 microprêts à des habitants des régions de la Géorgie les plus durement touchées par le conflit armé.
  • Plus de la moitié des microprêts ont été accordés à des femmes et environ 70 % à de petits exploitants agricoles, dont un dixième étaient des personnes déplacées.
  • Pour les trois quarts des bénéficiaires, il s’agissait là des premiers prêts jamais obtenus.

Sur financement de l’Union européenne (UE), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a fait équipe avec sept institutions locales de microfinancement pour aider les personnes déplacées, les femmes entrepreneurs, les petits exploitants agricoles ainsi que d’autres membres de communautés socialement et économiquement vulnérables, à lancer de petites entreprises.

« Ces prêts sont l’instrument idéal pour relancer l’économie locale souffrante en ayant recours à l’énergie et à la créativité déjà présentes, a noté Inita Paulovica, représentante résidente adjointe du PNUD en Géorgie.  Depuis la culture du lis jusqu’à l’élevage de la truite, de jeunes entreprises ont vu le jour et ont pu faire usage de ressources existantes pour créer de nouvelles possibilités ».

De juillet 2009 à juin 2010, le programme a octroyé plus de 3 000 microprêts à des habitants des trois régions de la Géorgie les plus durement touchées par le conflit armé : la Kartlie intérieure, la Mingrélie et la Mtskheta-Mtianeti.

Les micro-entreprises, principalement dans les domaines de l’agriculture, du commerce et des services, ont obtenu des prêts d’un montant allant  de 400 à 3 000 dollars, le total des financements octroyés s’élevant à quelque 2,6 millions de dollars.

Pour les trois quarts des bénéficiaires, il s’agissait là des premiers prêts jamais obtenus.  Ces apports représentaient pour eux une première chance de réussite professionnelle et d’amélioration de leurs conditions de vie.

Plus de la moitié des microprêts ont été accordés à des femmes et environ 70 % à de petits exploitants agricoles, dont un dixième étaient des personnes déplacées, déracinées pendant la guerre et ne pouvant plus réintégrer leur village natal.

Grâce à un prêt de 400 dollars accordé par le programme commun de l’UE et du PNUD, Dali Chilachava et son mari ont amélioré leur production de lis dans leur serre. Leur petite entreprise familiale, qui possède désormais une clientèle solide, expédie les fleurs dans toute la Géorgie, dans des cartons à cigarettes.  Ils envisagent à présent de solliciter un autre prêt afin d’élargir leur terrain et de construire un entrepôt réfrigéré pour leurs fleurs.

« Nous avons commencé il y a quatre ans, avec un seul plant, dit Dali Chilachava, et vous voyez où nous en sommes aujourd’hui. Il est réconfortant de savoir que l’on a un revenu assuré et que le travail paie. »

Plus de 3 500 personnes, dont beaucoup de bénéficiaires de microprêts, ont également participé à des centaines de formations et de consultations organisées dans le cadre du programme pour les aider à concevoir et à lancer leur petite entreprise.

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