Construire le futur des jeunes en Tunisie

Femme travaillant sur un métier à tisser en Tunisie
Najet élabore les motifs colorés de ses tapis en s’inspirant de concepts traditionnels. Photo: PNUD Tunisie

Depuis ses études en design, Najet Salem rêvait de faire revivre l’antique tradition du tissage des tapis dans sa ville natale, Gafsa, dans le sud-ouest de la Tunisie.

« Dès mon plus jeune âge, j’ai été fascinée par le tissage et j’ai senti à quel point de nombreuses femmes qui perpétuent cette tradition manquent de soutien », dit cette jeune femme d’affaires de 25 ans. « Cela me brisait le cœur de voir la grande différence de qualité entre les produits de villes telles qu’Ouedhrif ou Kairouan,  et les célèbres tapis de Gafsa, » dit-elle.

A retenir

  • Un programme conjoint de 3 ans d’un montant total de 3,12 millions de dollars vise à accroître les possibilités d'emploi pour les jeunes diplômés et les jeunes peu qualifiés en améliorant leurs compétences d'entrepreneurs potentiels.
  • Un tiers des jeunes entre 18 et 29 ans sont sans emploi, et près de la moitié des nouveaux demandeurs d'emploi sont des femmes.
  • Le taux de chômage des femmes atteint jusqu'à 40% dans certaines des régions les plus défavorisées (2007).

Najet explique que les artisans locaux perdaient leur savoir-faire, et que des producteurs peu compétents ternissaient l’éclat traditionnel des tapis ‘Mergoum’ de la ville de Gafsa, dont la brillance des couleurs et les motifs géométriques rappellent l’art des Berbères et des Romains.

À l’époque où elle était encore étudiante, Najet, qui avait commencé à travailler avec des artisans locaux pour produire des tapis, fut invitée à participer à un programme de formation appuyé par le Fonds-OMD dans le but d’améliorer les compétences entrepreneuriales des jeunes tunisiens.

Le programme conjoint « Encourager les jeunes tunisiens à contribuer à la réalisation des OMD » est une collaboration entre cinq organisations des Nations Unies (OIT, FAO, OIM, ONUDI, PNUD) et le gouvernement tunisien dans le but d’améliorer les perspectives professionnelles des jeunes et de réduire le risque de migration illégale. Il cible les jeunes diplômés universitaires et les jeunes non qualifiés, dont un tiers est sans emploi en Tunisie.

Le programme est basé dans trois régions défavorisées du pays, en accordant une attention particulière aux jeunes femmes qui sont victimes de discrimination fondée sur le sexe.

La formation a aidé Najet à mettre au point un plan d’affaire pour ses employées, qui réalisent chez elles les motifs que Najet  élabore en s’inspirant de concepts traditionnels. Najet avance une partie des coûts des tapis et règle le solde une fois le produit fini livré. La formation qu’elle a reçue l’aide également à se bâtir un réseau et à présenter ses produits dans le cadre de foires commerciales.

« Pour moi, il était très important de restaurer la valeur de ces produits locaux et de faire revivre le savoir-faire qui autrefois florissait dans cette région », dit-elle.

Najet emploie à l’heure actuelle 75 artisans et espère accroître le volume de sa production. Elle a participé récemment à un stage de deux mois en Chine pour apprendre de nouvelles technologies, et fournit maintenant des tapis sur mesure qu’elle dessine sur son ordinateur en se conformant aux exigences de ses clients.

Mais la jeune entrepreneure est particulièrement fière d’avoir augmenté les revenus et d’avoir autonomisé ses tisserandes, dont certaines vivent dans des hameaux très éloignés.

« Le travail des femmes de la région n’a jamais été reconnu. Elles n’ont jamais vraiment eu l’occasion de développer un esprit d’entreprise et avaient besoin d’un catalyseur pour rationaliser la production, répondre aux besoins du marché, et innover de façon créative, » dit Najet qui se prépare à enregistrer ses artisanes à la Sécurité sociale.

« Je pense que les femmes que nous sommes sont en train de changer les règles, » affirme-t-elle. « Le type de formation que nous donnent les agences des Nations Unies sont les outils dont nous avons besoin pour progresser sur des bases solides. [Maintenant] c’est à nous de changer les attitudes et la culture de la région. »

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