• Tenir les promesses de Pékin, 20 ans après

    21 juil. 2014

    ONU Femmes lance la campagne 'Beijing +20' pour encourager le dialogue et la prise d'action en faveur de l'émancipation et de la défense des droits des femmes. ©ONU Femmes/Ryan Brown

    20 ans après la Quatrième conférence mondiale sur les femmes à Pékin, ONU Femmes lance une nouvelle campagne qui, sur une période de 12 mois, vise à commémorer cet anniversaire et la naissance du slogan « les droits des femmes sont des droits humains. »

    En 1995, encore étudiante, j’ai eu la chance de participer au forum des ONG dans le cadre de cette conférence historique, en tant que membre bénévole de l’Organisation des femmes pour l’environnement et le développement. L’engagement et le travail infatigable de tant de femmes dans le monde ont donné naissance, à l’issue de la conférence, à la Déclaration et au Programme d'action de Pékin. Composés de 12 axes principaux définis par une majorité de femmes, ils constituent la déclaration des droits de la femme la plus complète à ce jour. 

    Ajourd'hui, que ce soit dans le domaine de la santé, de l’éducation, des droits ou du travail, beaucoup de choses ont changé pour les femmes et les jeunes filles. Mais les célébrations de Pékin dissimulent cependant quelques promesses déçues. 

    • Les parlements ne comptent toujours qu’1 femme pour 4 hommes parmi leurs représentants. 

    • 35 pour cent des femmes à travers le monde ont été victimes de violences physiques ou sexuelles. 

    • Trente millions de jeunes filles risquent d’être victimes de mutilation génitale dans la décennie à venir. 

    • Les femmes représentent plus de la moitié de la population mondiale vivant avec le VIH/sida. 

    • Les conflits visent de plus en plus les civils et se servent des femmes et des jeunes filles comme instruments de guerre.

    Lors du lancement de la campagne, les intervenants ont attiré l’attention sur le nombre de crimes violents commis envers les femmes. À Delhi, à Steubenville, au sein de l’armée américaine, dans l’Est du Congo, au Nigeria, au Pakistan, en Irak ou encore en Syrie, ces histoires ont fait le tour du monde. Vingt ans après Pékin, c’est un triste constat qui en dit long sur notre société, notre justice et nos comportements. Les femmes sont toujours victimes de violence sous toutes ses formes, et souvent lorsqu’elles décident de prendre la parole et de défendre leurs droits. 

    Selon Phumzile Mlambo Ngucka, Directrice exécutive d’ONU Femmes, cet anniversaire est l’occasion de « placer l’égalité des sexes, le droit et l’autonomisation des femmes au centre des priorités de l’agenda post-2015 et de véritablement changer les choses. »

    Il est temps de prendre la parole, de passer concrètement à l’acte et de donner une nouvelle jeunesse au projet de Pékin. Il est aussi grand temps de donner un rôle aux hommes dans la lutte pour l’autonomisation et le droit des femmes.