• L’égalité des sexes est-elle une condition du développement durable ?

    30 juin 2014

    rizicultrices au Bénin
    De jeunes mères obtiennent un enseignement sur les soins de santé dans une clinique parrainée par le PNUD, à Hakha, dans l'État de Chin, au Myanmar. ©TOM CHEATHAM/PNUD

    Chaque fois que nous développons une nouvelle stratégie de développement, nous nous trouvons inévitablement confrontés à la même question : par quel angle devons-nous envisager l’égalité des sexes afin de « libérer le potentiel des femmes en tant que moteurs du développement durable » ?

    À l’aube de la mise en place du nouvel agenda pour le développement post-2015, l'histoire rappelle qu’il est nécessaire d’établir à la fois des objectifs précis et des politiques de genre prenant en compte la totalité de la population en termes d'éducation, de politiques économiques, d'accès à la propriété terrestre, à l'énergie, à la politique, à la santé, etc.

    Pour mieux comprendre ces enjeux, penchons-nous sur les résultats des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) en matière d’égalité des sexes. À ce jour :

    • malgré les progrès effectués dans l'enseignement primaire, seuls 2 pays sur 130 ont atteint cet objectif dans l’ensemble des niveaux d'enseignement.

    • À l’échelle mondiale, 40 % des emplois salariés dans les secteurs autres que le secteur agricole sont occupés par des femmes.

    • Les espaces publics sont plus accessibles, mais au 31 janvier 2013, le nombre de parlementaires femmes dans le monde dépassait à peine les 20 %.

    Les OMD n’ont cependant pas réussi à répondre aux problèmes de la violence contre les femmes, du travail domestique non rémunéré, de l’absence de contrôle des biens et propriétés par les femmes, de la discrimination salariale et sexuelle, de la santé et des droits reproductifs, ni à la question de la mauvaise répartition des prises de décisions publiques et privées. Ils ne sont pas non plus parvenus à faire avancer suffisamment la réduction de la mortalité maternelle.

    Autant de défis que le nouvel agenda pour le développement post-2015 se propose de relever. En voici les lignes directrices :

    Transversalité : élaborer des plans d’actions détaillés pour chacun des objectifs.

    Mise en œuvre : doter les politiques publiques de ressources suffisantes et prévoir  l'inclusion et l'autonomisation des femmes dans tous les domaines.

    Mesure et redevabilité : améliorer la lisibilité des indicateurs de données afin de mieux comprendre les problèmes.

    Afin d'atteindre un développement véritablement durable, l'agenda post-2015 doit se concentrer sur différents facteurs de l’inégalité entre les sexes, y compris les normes et les attitudes sociales discriminatoires à l'égard des femmes.

    Le défi consiste à aller de l’avant sans faire le moindre pas en arrière. Au cours du siècle dernier, nous avons vu beaucoup de murs tomber. Faisons en sorte que le XXIe siècle voie s’effondrer les derniers remparts de l’inégalité.


À propos de l'auteur
thumbnail

Leire Pajín est conseillère politique au sein du Groupe de travail chargé de définir le programme de développement post 2015 pour le PNUD.


Sur Twitter@lpajin