• Pakistan : au parlement, les femmes œuvrent en faveur du changement

    19 mai 2014

    RÉUNION D'UNE ORGANISATION COMMUNAUTAIRE DE FEMMES DANS LA COMMUNE DE Haripur, au Pakistan. ©PNUD AU PAKISTAN

    Au Pakistan, la réussite du processus d’édification nationale et la réalisation des objectifs de développement sont largement tributaires de la participation des femmes à la vie politique nationale. C’est pourquoi en 2002, le parlement pakistanais a mis en place un système de quotas permettant aux femmes d’occuper 17 % des sièges de l’ensemble des assemblées législatives.

    Même si elles représentent aujourd’hui 22 % des membres du parlement fédéral, de 2002 à 2007 les femmes n’ont pas pu accomplir grand chose, mise à part la Loi sur la protection des femmes. Elles ont toutefois accompli davantage au cours du mandat suivant (de 2008 à 2013), supervisant la mise en œuvre des politiques et soulevant des questions importantes au sein de chaque chambre.

    L’établissement de tels quotas ne peut pas, comme l’ont montré d’autres expériences à l’échelle mondiale, améliorer la qualité de la représentation des femmes. Ils ne fonctionneront pas tant qu’il ne leur sera pas permis de quitter leurs sièges et d’accéder aux fonctions plus importantes.

    Ces femmes ont remporté 13 sièges généraux en 2002, puis 16 en 2008. Elles n’ont cependant obtenu que 8 sièges à l’Assemblée nationale 2013.  Ces chiffres mettent en lumière la fragilité de la place des femmes dans le processus électoral, malgré une plus forte présence parlementaire. Des mesures urgentes doivent donc être prises pour optimiser leurs chances lors des élections.

    En 2002, la plupart des femmes parlementaires travaillaient de façon isolée, sans profiter des connaissances partagées entre les différents partis. Mais depuis 2008, elles travaillent de concert sur les questions importantes et s’expriment sur les sujets qui les intéressent, au-delà des politiques partisanes.

    Rassemblées au sein du groupe des femmes parlementaires, elles ont fait promulguer sept lois historiques relatives aux droits des femmes, notamment en matière de prévention de la violence conjugale et ont étendu le débat au Parlement. 

    Le Pakistan dispose désormais de quatre groupes provinciaux de femmes parlementaires, outre le groupe fédéral. Actuellement, 85 femmes parlementaires et près de 130 femmes membres des assemblées provinciales et issues de plus de 20 partis politiques, préconisent une législation consciente des notions de genre. 

    Le Groupe des femmes du Punjab a déjà lancé une feuille de route stratégique ambitieuse pour l’année en cours qui comprend des travaux sur la violence conjugale, les attaques à l’acide, les mariages et les divorces des Hindous et des Chrétiens et les amendements nécessaires à la loi sur le harcèlement sexuel. Des groupes établis à Sindh, Balochistan et à Khyber Pukhtunkhwa ont commencé à travailler sur leurs programmes. Avec l’aide du PNUD, les groupes de femmes parlementaires ont établis leurs propres secrétariats spécialisés dans l’analyse des politiques et des lois sur le genre.  

    Nous espérons que ce rassemblement de femmes parlementaires permettra de former des groupes de discussions et de conserver un esprit non partisan tout en faisant fond sur les espaces créés par les anciens groupes.  

    Nous invitons les partenaires du développement, à l’échelle nationale comme internationale, à suivre les travaux de ces groupes et des différentes chambres législatives sur la voie du développement durable et de l’égalité des sexes.