• Analyse de la parentalité en Amérique Latine et aux Caraïbes

    21 avr. 2014

    Les femmes continuent à assumer principalement les tâches ménagères et familiales. ©Mauricio Martínez pour le PNUD au Salvador

    Au cours des dix dernières années, 22,8 millions de femmes ont rejoint le marché du travail en Amérique latine et aux Caraïbes. Elles représentent aujourd’hui plus de 100 millions de travailleurs au sein de la population active. Leur contribution à la main-d’œuvre dans les zones urbaines (52,6 %) reste malgré tout inférieure à celle des hommes (79,6 %) et se restreint à des emplois médiocres. Cette situation a des conséquences négatives sur leurs revenus ainsi que sur leur potentiel rôle en faveur du développement, elle s’explique par le fait que la majorité des femmes actives continue de se charger des tâches domestiques et familiales.

    La répartition du travail rémunéré et domestique entre hommes et femmes met en lumière deux points essentiels. 

    • Premièrement, les hommes sont fortement associés au travail rémunéré et les femmes aux rôles reproductifs. 

    • Deuxièmement, l’organisation traditionnelle du travail productif empêche une implication plus importante des hommes dans les tâches domestiques. 

    En analysant le droit du travail dans les pays d’Amérique Latine et des Caraïbes, on observe que les lois ont été créées afin de profiter aux travailleurs masculins du secteur industriel qui travaillent à plein temps et qui sont chargés de faire vivre le foyer. Elles ne comportent pas de clauses de conciliation car elles ne considèrent pas l’homme comme responsable des tâches domestiques ou familiales.

    Le principal progrès accompli en matière de droit du travail pour la promotion du partage des tâches domestiques entre hommes et femmes a été de reconnaître le droit du père à participer aux soins des nouveau-nés. Toutefois, alors qu’un  congé de maternité dure 12 à 13 semaines, le congé de paternité ne dure quant à lui que de 2 à 5 jours en moyenne.


    Par ailleurs, les hommes sont dénués de tous droits paternels, et dans la plupart des cas, ne bénéficient que d’un accès limité aux services de soins sur leurs lieux de travail, ceux-ci étant exclusivement réservé aux femmes. Seules quelques lois envisagent d’octroyer des congés en cas de maladie d’un enfant ou d’un membre de la famille proche du travailleur.

    Il est donc nécessaire d’instituer des réformes afin d’accompagner les changements qui interviennent dans les cadres professionnel et familial et d’encourager une plus grande participation des hommes aux tâches domestiques. C’est pourquoi il convient de changer la réglementation en matière de protection de la maternité et de soutien aux travailleurs, et d’intégrer le concept de parentalité pour permettre aux membres du couple d’assumer équitablement les responsabilités familiales. Cela suppose notamment de garantir pour les travailleurs des soins qui ne sont pas exclusivement liés au rôle biologique de reproduction des femmes (grossesse, accouchement, rétablissement et allaitement).