• Visibilité des transgenres : l’initiative « Sida Tchê »

    13 févr. 2014

    Transgender activists in Brazil
    Des militants transgenres dans le centre ville de Porto Alègre, au Brésil. ©Daniel de Castro/UNDP Brazil.

    La Semaine de la visibilité des transgenres vient de s'achever à Porto Alegre, au Brésil, avec trois jours de manifestations et de projets appuyés par l’initiative Sida Tchê, dans le cadre du Plan intégré d’d'aide aux régions les plus pauvres et les plus reculées du pays de l’ONU.

    Porto Alegre est la ville brésilienne au taux de séroprévalence le plus élevé  : 99,8 pour 100 000, alors que la moyenne nationale est de 17,9. Une étude récente dans l’un des hôpitaux de la ville montre qu’il est particulièrement élevé chez les femmes transgenres.

    « Si l’on examine les données sur les transsexuelles habitant la zone métropolitaine de Porto Alegre, on s’aperçoit que leur risque d’infection au VIH est 14,5 fois plus élevé.  Ces chiffres placent les femmes transgenres parmi les groupes les plus exposés à l’épidémie », explique le chercheur Brandelli Angelo Costa.

    La stigmatisation et la discrimination à l’égard des transgenres sont considérées comme la raison principale de cette vulnérabilité accrue La violence qui accueille la simple expression quotidienne de leur identité les exclut du processus de développement, restreint leurs choix de vie et leur interdit de combler des besoins essentiels comme l'accès à une éducation formelle, à un emploi ou à des soins de santé.

    Tout comme la violence homophobe, la violence transphobe reste répandue au Brésil et dans le reste de la région. L’Amérique latine recense près de 80 pour cent des meurtres de personnes transexuelles dans le monde et plus de la moitié des décès ont lieu au Brésil, où 550 d’entre eux auraient été tués depuis 2008.

    Si inquiétants que soient ces chiffres, les militants des droits de l'homme pensent qu’ils sont inférieurs à la réalité, car beaucoup de travestis et de transsexuels sont décrits comme homosexuels ou comme des hommes qui font l’amour avec des hommes dans les bulletins d’information. L’absence d’infrastructure empêche aussi de vérifier les chiffres avec exactitude dans le pays.

    Une modification de l’état civil représente la première étape pour améliorer la qualité de vie des transgenres, leur permettant d'avoir accès à l’école, à l’emploi et aux centres de santé. Dans certains États, on peut désormais changer la carte d’identité officielle mais aussi en obtenir une qui inclut le nom social des transgenres. Présentée en même que la carte d’identité officielle, elle a permis d’éviter nombre de situations publiques embarrassantes, notamment dans les centres de santé.

    À Porto Alegre, le PNUD Brésil apporte son soutient à un groupe de travail qui cherche à modifier le registre d’état civil. IlCe groupe propose des formations de sensibilisation pour les professionnels de la santé, ainsi que des projets de prévention au VIH/sida et a récemment organisé une exposition photo.

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