• Croissance et inclusion : Un plan en quatre points pour l’Afrique

    03 févr. 2014

    Développer le secteur de l’agriculture peut être un moyen de réduire efficacement la pauvreté dans les zones rurales. ©PNUD Burundi

    Favoriser le développement inclusif en Afrique tout en prévenant les conflits et réduisant de la pauvreté requiert des efforts durables.

    Premièrement, le continent est confronté à la difficulté de bâtir des économies capables de créer des emplois et une meilleure égalité des chances pour tous. Pour beaucoup de pays, mieux gérer les revenus générés par les ressources minières sera la clé de la diversification économique, de même que le réinvestissement de ces revenus dans les communautés au travers d’infrastructures et de services sociaux de qualité. Développer le secteur de l’agriculture, qui emploie jusqu’à 60 % de la main-d’œuvre africaine et principalement des femmes, peut être un autre moyen efficace de réduire la pauvreté dans les zones rurales, là où vivent beaucoup de groupes marginalisés.

    Deuxièmement, les populations défavorisées doivent avoir un accès égalitaire à la représentation politique, pour pouvoir participer à la prise de décisions et bénéficier du même niveau de développement à l’échelle nationale et locale. Lorsque des élections sont organisées, la participation à la vie politique peut aussi prévenir les cas de fraude, et la violence électorale. Il est aussi particulièrement important de faire participer les jeunes pour éviter les conflits. Au Kenya par exemple, les principes d’égalité et de non-discrimination sont désormais inscrits dans la Constitution, avec pour objectif d’apaiser les tensions ethniques et régionales qui ont alimenté les violences lors des élections de 2007.

    Troisièmement, les pays africains doivent se doter de mécanismes efficaces pour renforcer la cohésion sociale et prévenir les conflits, comme au Ghana par exemple, où l’architecture nationale pour la paix a encouragé le dialogue communautaire depuis 2005. D’autres procédés, comme le transfert monétaire ou des plans locaux de développement visent à rétablir la confiance au sein des communautés locales, en dépassant les divisions ethniques et religieuses.

    Quatrièmement, la protection sociale – travaux publics, programmes d’alimentation scolaire ou régimes d’assurance - peut jouer un rôle clé en donnant aux pauvres et aux groupes marginalisés les moyens de se relever de la crise, d’absorber les chocs économiques et se sortir eux-mêmes de l’extrême pauvreté. Les initiatives de pension sociale mises en œuvre en Afrique du Sud, au Lesotho, au Botswana et en Namibie ont eu des effets très positifs dans ce domaine.

    Les inégalités horizontales en matière d’espérance de vie, d’éducation et de revenus au sein de la population peuvent avoir un effet négatif sur le développement humain et la croissance économique en Afrique. 

    Garantir aux populations africaines de toutes origines une vie longue, saine et productive est non seulement un droit humain, c’est aussi une mesure économique et de développement intelligente.  

    Parlez-nous : Comment peut-on aider l’Afrique à corriger ses déséquilibres et à concilier croissance économique et développement humain inclusif ?


À propos de l'auteur
thumbnail

Mar Dieye est Directeur du Bureau régional pour l’Afrique au Programme des Nations Unies pour le développement.


Sur Twitter : @MarDieye