• Éviter une autre crise en Centrafrique

    22 janv. 2014

    Children collect water
    Akadus Zangoa, 10 ans, porte un jerrican d'eau pour sa mère, qui vend du manioc sur un petit stand afin de nourrir sa famille. Sans accès à l'eau potable, le développement d'une épidémie à l'intérieur du camp est à craindre. ©UNHCR/S. Phelps

    Les violences sectaires en Centrafrique ont fait un million de déplacés et l'on estime que 2,2 millions de personnes, soit la moitié de la population, ont besoin de cette assistance.

    Une crise alimentaire est désormais en train de se profiler. Selon l'ONU, 94 pourcent des communautés affirment qu'elles ne disposent pas d'assez de semences pour la prochaine récolte.

    Bien qu'il soit essentiel de satisfaire les besoins humanitaires des populations, la communauté internationale doit impérativement s'attaquer aux problèmes de développement qui ont provoqué le conflit. Si tel n'était pas le cas, une nouvelle crise pourrait se reproduire. 

    Il est donc extrêmement important que l'action humanitaire s'inscrive dans une perspective plus vaste, visant à remettre le pays sur la voie d'un développement robuste.

    La crise qui sévit en Centrafrique est le résultat d'un échec de l'Etat et de la classe politique et résulte d'une pauvreté chronique et d'une anarchie totale, auxquels il faut ajouter des décennies de sous-investissement en matière de services sociaux et de développement économique.

    Lorsque le conflit armé se sera apaisé, toute notre attention doit se concentrer sur la reconstruction des infrastructures telles les cliniques, routes, ponts, et réservoirs d'eau. Dans cette optique, les travaux publics pourront constituer une importante source de revenu pour les femmes et les hommes.

    De telles initiatives pourront non seulement contribuer à restaurer la confiance parmi les communautés locales, par-delà les divisions ethniques et religieuses, mais elles permettront également de réhabiliter les administrations locales.

    Il va de soi qu'il faudra s'attacher à refaire tout un travail de plaidoyer et de sensibilisation pour faire promouvoir les Droits humains et reculer la violence faites aux femmes. Le dialogue et la réconciliation, la médiation des disputes et le soutien judiciaire et sécuritaire auprès des victimes auront un rôle important à jouer pour le relèvement des communautés.

    Sur le moyen terme, parce que la faiblesse des institutions de gouvernance, à laquelle s'ajoute à l'heure actuelle un vide total de pouvoir, est au cœur du problème, il faudra investir dans les capacités de l'Etat à distribuer des services de base. C'est particulièrement le cas dans les zones rurales ou l'Etat est souvent totalement absent.

    Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a travaillé avec la communauté internationale et les acteurs nationaux pour créer une feuille de route sur la Centrafrique et soutiendra la stabilisation du pays en mettant en place, en plusieurs phases, un programme de sécurité communautaire, de création de moyens de subsistance, de cohésion sociale et de réconciliation.


À propos de l'auteur
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Abdoulaye Mar Dieye est directeur du Bureau régional pour l'Afrique, au sein du Programme des Nations Unies pour le Développement.


Sur Twitter: @MarDieye

Vidéo

Abdoulaye Mar Dieye, Directeur du PNUD Afrique, sur la crise en République centrafricaine.