• Pourquoi l’Amérique latine compte dans le programme de développement post-2015

    09 janv. 2014

    Une femme et sa fille au Brésil
    La région a conçu et mis en œuvre certains des programmes les plus reconnus, associant réduction de la pauvreté et inclusion sociale, tels que Bolsa Familia au Brésil. Photo: UNDP Brésil

    L’Amérique latine pourrait devenir l'une des régions les plus influentes de la planète en matière de développement après 2015, lorsque le délai fixé pour la réalisation des Objectifs du Millénaire viendra à échéance. Pourquoi ?

    Premièrement : les enjeux politiques - Selon un récent rapport indépendant commissionné par le PNUD (anglais), l'Amérique latine s’est emparée des postes les plus importants au sein des organismes engagés dans les négociations sur développement après 2015. La Colombie préside actuellement le Conseil économique et social, la Bolivie est à la tête du groupe des 77 (G77) aux Nations Unies et Antigua-et-Barbuda assumera la présidence de l'Assemblée générale jusqu'à la 69ème session. En outre, le Brésil est aux commandes de l'Organisation mondiale du commerce en la personne de son nouveau directeur général, et la 20ème Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP-20) aura lieu à Lima, au Pérou. Cela offre à la région une occasion unique pour conduire les négociations et en influencer l’issue.

    Deuxièmement : l’expérience - L'Amérique latine est un terrain d'essai pour les approches novatrices en matière de développement durable. La région a conçu et mis en œuvre certains des programmes les plus reconnus, associant réduction de la pauvreté et inclusion sociale, tels que Bolsa Familia au Brésil, Oportunidades au Mexique ou Solidario au Chili.

    Troisièmement : la crédibilité - Le succès de ces politiques de développement donne du poids à la région.  Bien qu’elle reste toujours bénéficiaire de l'aide publique au développement, l'Amérique latine a réussi à réduire la pauvreté, principalement par la mobilisation des ressources internes et l'investissement social. Une meilleure protection sociale et des emplois décents ont permis aux ménages pauvres de réduire leur vulnérabilité. Par conséquent, plus de 70 millions de personnes dans la région sont sorties de la pauvreté et quelque 50 millions d’autres ont rejoint la classe moyenne entre 2003 et 2011, selon la Banque mondiale.

    Pour ces raisons, l’Amérique latine peut faire entendre sa voix comme chef de file à la table des négociations. Les pays en développement se demandent ce qu'ils peuvent apprendre de l'expérience de l'Amérique latine. Si cette dernière se saisit de l'occasion pour façonner les négociations et en orienter le cours, cela servira d’indicateur pour déterminer si le programme de l'après 2015 sera réellement porteur de transformations.

    Parlez-nous : quels sont les leçons à tirer de l’expérience latino-américaine qui pourraient être utiles au futur programme de développement ?


A propos de l'auteur
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Alejandra Kubitschek Bujones est Officier de Programme au Centre pour la Coopération Internationale de l'Université de New York.

Publications
Un laboratoire pour le développement? (anglais)

L'Amérique latine, les Caraïbes et l'agenda pour le développement après 2015

 

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