• Une vie digne pour tous | Mandeep Dhaliwal

    10 déc. 2013

    legal aid services for HIV patients in China. Photo: UNDP in China
    Le service d'assistance juridique pour les patients atteints du VIH au Centre Daytop de désintoxication et de traitement des toxicomanies à Yunnan, en Chine. ©PNUD

    La réponse au sida a indubitablement fait de grands progrès. Les chiffres nous montrent que le taux global de nouvelles infections est en baisse. Ce n’est pas le cas, cependant, des populations généralement exclues comme les homosexuels, les hommes et les femmes qui consomment des drogues injectables, les travailleurs du sexe et les transgenres. Dans ces groupes, le VIH est en hausse, et ceci de façon préoccupante. Ainsi, à Bangkok, la prévalence du VIH chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes est passée de 11 pour cent en 2003 à 29 pour cent en 2011, et une étude des données disponibles dans quinze pays a révélé que plus de 19 pour cent des femmes transgenres vivent avec le VIH. En outre, les investissements dans les services de santé publique destinés à ces populations sont à l’évidence insuffisants, alors qu’elles sont touchées de façon disproportionnée par le VIH. 

    Marginalisation sociale, stigmatisation et violations des droits de l'homme, telle est la réalité que vivent les groupes exclus partout dans le monde, et ces phénomènes aggravent leur vulnérabilité face au virus. De plus, chez les personnes vivant avec le VIH, les membres des groupes typiquement marginalisés se heurtent davantage à la stigmatisation et aux discriminations du fait de leur séropositivité. Il est urgent de s’attaquer aux barrières juridiques et politiques qui aggravent les inégalités (notamment entre les sexes), renforcent la marginalisation et perpétuent les violations des droits de l'homme. Le rapport de la Commission mondiale sur le VIH et la loi, publié avec l’appui du PNUD, offre un plan détaillé pour abattre ces barrières et des partenaires comme le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme exhortent à investir davantage dans des programmes de défense des droits de l'homme.

    En cette Journée internationale des droits de l'homme, alors que nous renouvelons nos engagements en faveur de la protection et de la jouissance de ces droits fondamentaux, fixons-nous un objectif ambitieux : une égalité réelle pour tous. Pour cela, nous devrons nous attaquer aux racines de l’inégalité, mais les bénéfices ne se limiteront pas au VIH et aux problèmes de santé. En pratique, voici ce que cela veut dire :

    • Investir dans l’autonomisation juridique des populations qui sont encore et toujours touchées de façon disproportionnée par le VIH

    • Favoriser des réformes juridiques fondées sur des faits probants en matière de santé publique et sur les droits de l'homme

    • Encourager une application équitable de la loi

    • Améliorer l’accès à la justice, notamment au niveau municipal.

    Voilà qui constituerait un sage investissement en matière de santé publique et qui, en cette Journée internationale des droits de l'homme, rendrait un vibrant hommage à Nelson Mandela, alors que nous évoquons l’héritage qu’il nous laisse, et notamment sa vision prémonitoire d’un monde où règneraient la dignité, l’égalité et la justice pour tous.

    Donnez-nous votre avis : Comment assurer que les personnes les plus à risque ou vivant avec le VIH jouissent des mêmes droits fondamentaux que nous tous ?


À propos de l'auteur
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Mandeep Dhaliwal est Directrice du groupe VIH, santé et développement, BDP, PNUD.

Notre action pour la riposte au VIH/Sida
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Le VIH et le Droit : Risques, droit et santé

L’épidémie du VIH est devenue l’un des plus grands défis de notre temps en matière de santé publique. Il constitue également une crise en matière de droit, de droits de l’homme et de justice sociale.

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