• Le Yémen doit miser sur la jeunesse pour 
réussir sa transition politique

    22 nov. 2013

    Plus de 73 pour cent des jeunes en âge de travailler sont sans emploi au Yémen. Notre projet pour l'autonomisation économique de la jeunesse aide des milliers de jeunes hommes et femmes à trouver un emploi et créer de petites entreprise. ©PNUD Yémen

    Le Yémen est aujourd’hui confronté à une véritable explosion démographique : le pays détient l’un des taux de fécondité les plus élevés au monde (5,4 enfants par femme) et près d’un quart de la population est âgé de 10 à 19 ans, dont 46 pour cent ont moins de 16 ans.

    Dans un tel contexte, il est difficile d’envisager une transition réussie sans tenir compte de la participation des jeunes et de leurs contributions pour façonner l'avenir.

    Cependant, l’investissement dans les ressources humaines du pays reste faible — sur une population majoritairement rurale estimée à 25 millions d’habitants, près de 50 pour cent sont analphabètes, plus de 40 pour cent  « ont faim ou sont menacés par la faim », et 73,3 pour cent de jeunes en âge de travailler sont au chômage.

    Une étude récente sur l’évaluation des besoins des jeunes à ce tournant décisif de l’histoire de leur pays a révélé que les jeunes Yéménites ne reçoivent pas l'attention qu'ils méritent et qu’ils manquent de cadres propices à la créativité et d’opportunités pour développer leurs talents scientifiques, culturels et techniques.

    La pauvreté chronique, les inégalités sociales et le manque de débouchés figurent également parmi les facteurs qui causent et alimentent les conflits, les insurrections et les guerres civiles. Une jeunesse en proie au chômage  est susceptible de se tourner vers le militantisme ou de sombrer dans le désespoir. À cet effet, la présence active de groupes extrémistes qui offrent jusqu'à 300 dollars par mois pour recruter les jeunes constitue une réelle source de préoccupation dans la région.

    Nous pensons qu’il est absolument nécessaire d’investir davantage dans des programmes axés sur l'emploi. C'est pourquoi nous avons encouragé des milliers de jeunes à travers le pays à proposer des projets innovants qui fournissent des solutions concrètes aux défis du développement au Yémen tout en améliorant considérablement et durablement les conditions de vie des populations. Parmi les milliers de projets reçus, 16 ont été retenus et financés à hauteur de 20 000 dollars. 

    Qui aurait pensé que les huiles de cuisson usagées constituent un additif performant pour le carburant diesel ? Que la poussière mélangée au plastique peut produire un matériau d’insonorisation ou d’isolation thermique ? Que de jeunes ingénieurs puissent construire des serres solaires en utilisant des méthodes 100 pour cent biologiques pour la production d’engrais et de produits antiparasitaires ?

    Les jeunes regorgent d’ingéniosité. Les laisser en marge du processus électoral et de dialogue national pourrait compromettre la transition. Ce dont la jeunesse yéménite a le plus besoin aujourd'hui c’est de pouvoir faire entendre sa voix et de contribuer à façonner un avenir meilleur.

    Donnez-nous votre avis : si nous ne relevons pas le défi du chômage des jeunes dans un avenir proche, quelles seront les conséquences pour le développement?