• Protéger les personnes handicapées lors des catastrophes | Jo Scheuer

    11 oct. 2013

    A Lahore, une femme et sa fille handicapée tentent de traverser une rue inondée.
    A Lahore, Jamila Hasan et sa fille handicapée tentent de traverser une rue inondée.(Photo: Tariq Saeed/IRIN)

    Près de 10 pour cent de la population mondiale vit avec un handicap. Souvent laissées pour compte ou stigmatisées, ces personnes doivent non seulement se battre au quotidien pour leur reconnaissance, mais aussi lutter pour leur survie lors des catastrophes.

    En raison de leur mobilité réduite, les personnes handicapées n'ont pas accès aux voies d’évacuation. Dépendantes des infrastructures sanitaires ou sociales, elles souffrent de façon disproportionnée lors des catastrophes.

    Le séisme de 2011 au Japon a fait deux fois plus de morts chez les personnes handicapées que parmi la population générale. Lors de l'ouragan Katrina en 2004, un nombre disproportionné de personnes démunies a été abandonné à la Nouvelle-Orléans. Parmi elles, quatorze pour cent souffraient d’un handicap qui les rendait physiquement incapables d'évacuer les lieux, tandis que 23 pour cent devaient s'occuper d'une personne handicapée.

    Le 13 octobre est la Journée internationale de la prévention des catastrophes. Le thème de cette année, « Les personnes handicapées en situation de catastrophe naturelle », offre l'occasion rêvée d'attirer l'attention sur les difficultés que ce groupe doit affronter en temps de catastrophe.

    157 pays ont signé la Convention relative aux droits des personnes handicapées et promis, entre autres, de protéger ce groupe lors des conflits, des urgences humanitaires et des catastrophes. Cependant, les besoins de ces personnes sont souvent ignorés ou relégués au second plan lors de la planification et de la préparation aux catastrophes. Cette situation doit changer.

    De concert avec les gouvernements et les communautés, nous devons veiller à offrir aux personnes handicapées une protection ciblée. Les droits et besoins des personnes handicapées doivent être reconnus, à commencer par la législation en matière de gestion des catastrophes. Les partenaires clés, tels que les services d'intervention d'urgence, doivent comprendre les besoins spéciaux de ce groupe, avant et après une catastrophe, tandis que les agents de réalisation comme le PNUD doivent s'assurer que la formation et l'approvisionnement d'urgence répondent à ses besoins. Les personnes handicapées ne sont pas de simples victimes passives et ont un rôle à jouer lors de la préparation aux catastrophes. Elles doivent être formées dans ce sens.

    Avec nos partenaires locaux, nous devons continuer à identifier les risques et à recenser les dangers au sein des communautés et renforcer notre assistance aux organisations qui travaillent avec les groupes vulnérables.

    Nous avons déjà fait des progrès soutenus pour réduire les effets dévastateurs des catastrophes. Désormais, nous devons combler ces lacunes et protéger ceux dont les besoins seraient, autrement, passés sous silence.

    Dites-nous : Comment intégrer les besoins des personnes handicapées aux stratégies de prévention des catastrophes ?


A propos de l'auteur
thumbnail

Jo Scheuer est coordonnateur de l'Équipe de réduction des risques de catastrophes et relèvement au Bureau pour la prévention des crises et du relèvement du PNUD.