• Placer la paix et la sécurité au cœur du programme mondial pour le développement

    02 oct. 2013

    Campagne nationale de sensibilisation contre le trafic humain à Baucau, Timor Leste
    Des milliers de spectateurs assistent à une campagne nationale de sensibilisation contre le trafic humain à Baucau, Timor Leste. Photo: Martine Perret / UN Photo

    La semaine dernière, les dirigeants de la planète se sont retrouvés à l’Assemblée Générale de  l’ONU pour discuter, entre autres, d’un nouveau programme mondial de développement. Les huit objectifs du Millénaire pour le développement, dont l’éradication de l’extrême pauvreté et de la faim, arrivent à échéance en 2015, donnant ainsi aux États membres la possibilité de façonner l’avenir du développement. C’est aussi l’occasion pour eux de placer la paix et la stabilité au cœur du débat.

    Dans les pays ravagés par les conflits et les catastrophes, les actions de développement se focalisent souvent sur la promotion de la croissance économique, de la santé et de l’éducation. Des enjeux fondamentaux pour une paix et une stabilité durables, tels que l’État de droit et la justice, la bonne gouvernance, la cohésion sociale et la durabilité environnementale, sont souvent négligés.

    A ma surprise, j’entends souvent des arguments hostiles à l’inclusion de la paix et de la stabilité dans le nouveau programme mondial pour le développement. L’un des  arguments les plus fréquents est que ce sont des aspects extérieurs au développement humain durable. En réalité, paix et stabilité ne sortent pas du cercle du développement. Les deux doivent aller de pair.

    La violence détruit non seulement des vies, mais elle laisse aussi  derrière elle des infrastructures ravagées et une population traumatisée, qui paie le prix physique et psychologique. Les faits parlent d’eux-mêmes : sur 10 pays à faible indice de développement humain, 9 au moins ont connu un conflit au cours des 20 dernières années et environ 40 % des pays fragiles récidivent moins d’une décennie après un conflit.

    Autre argument fréquent: " combiner des initiatives pour la paix et la sécurité à l’action de développement peut compromettre la souveraineté nationale d’un État." En réalité, il est essentiel d’intervenir en amont pour éradiquer les causes profondes des crises, telles que les inégalités sociales ou l’accès inadéquat à la justice et à la sécurité.

    Tant que la violence et les conflits armés continuent de détourner des États et des sociétés de leurs objectifs de développement à long terme, leur force la plus destructrice est de contrarier l’aspiration des peuples à un avenir meilleur.

    Parlez-nous : Faut-il, à votre avis, placer la paix, la bonne gouvernance et la stabilité au cœur du débat sur le programme de développement pour l’après-2015 ?


A propos de l'auteur
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Helen Clark a pris ses fonctions d'Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement le 20 avril 2009. Elle est la première femme à assumer la direction de l’organisation et assure également la présidence du Groupe des Nations Unies pour le développement.

 

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