• L'État de droit commence par la justice et la sécurité

    20 sept. 2013

    Avocat des droits de la femme en Afghanistan
    Abdul Wasa Antazar, district adjoint en Afghanistan, parle en faveur des droits des femmes, lors d'une formation sur l'accès à la justice du PNUD. (Photo: Farzana Wahidy / PNUD)

    Dans des pays comme la République démocratique du Congo, où les femmes sont constamment exposées aux violences sexuelles, ou le Guatemala, où la non-réparation des injustices du passé menace la réconciliation, c'est la même histoire : l'absence de justice et de sécurité engendre une culture de l'impunité. À terme, cela peut déstabiliser des pays, multiplier les risques d'hostilités et entraver la réalisation des objectifs de développement.  

    Pour soutenir les pays en conflit et les aider à renforcer leur résilience, il me paraît indispensable d'améliorer les services de justice et de sécurité, de moderniser les mécanismes judiciaires, d'accroître le nombre d'avocats et de juges, tout en leur apprenant à prendre les décisions justes, de rendre la police plus responsable et digne de confiance et de protéger et soutenir les rescapés des violences sexuelles et sexistes. Et pour que ce travail ait un effet durable, les citoyens doivent comprendre le système judiciaire et la protection à attendre des forces de sécurité et pouvoir y accéder.

    Beaucoup a déjà été accompli grâce à l'appui du PNUD et de ses partenaires, même si l'on ne prend en compte que l'année écoulée :

    •    Au Guatemala, les taux d'homicide ont baissé pour la troisième année de suite après une montée spectaculaire au cours de la décennie précédente ;
    •    Dans le district de Guldura, en Afghanistan, un dialogue sur la sécurité entre chefs communautaires et police a entraîné une augmentation de 60 à 80 pour cent du nombre de filles inscrites en 10e, 11e et 12e années ;
    •    En Colombie, plus de 24 000 victimes du conflit ont obtenu assistance judiciaire et réparation.

    Mais, il reste de nombreux défis à relever pour consolider l'État de droit dans les situations de crise.

    D'abord, le renforcement de l'État de droit doit faire partie intégrante d'une initiative globale de promotion de la résilience. Autrement dit, il faut habiliter les sociétés à combattre la corruption, écouter les voix discordantes sans les étouffer et traverser les turbulences politiques sans sombrer dans la violence.

    Ensuite, l'appui aux sociétés pour instaurer l'État de droit ne doit pas se résumer à créer des institutions et à améliorer les compétences. Il faut également favoriser la confiance entre l'État et la société, changer la culture politique et amener les chefs communautaires à adhérer à la transformation.

    Enfin, il faut faire davantage pour ouvrir les postes à responsabilité aux femmes. Dans les pays en crise, le leadership féminin peut aider à prévenir la marginalisation des groupes vulnérables.

    Pour réussir, nous devons constamment rechercher le soutien international, non pas en fonction de nos propres visées, mais plutôt pour réaliser les aspirations des membres des communautés victimes de l'injustice et de l'insécurité.

    Donnez-nous votre avis : Que doivent faire les États pour résoudre ces problèmes et promouvoir la stabilité ?