• Arendalsuka : Changer de sujet sur l’environnement | Olav Kjørven

    23 août 2013

    Consultation des jeunes au Brésil
    Les consultations nationales sur l'agenda de l'après-2015 avec les peuples indigènes guaraní à Panambizinho, dans l'état du Mato Grosso do Sul au Brésil. Photo: Julia Wenceslau/UNDP Brazil.

    Arendalsuka. Cela vous dit quelque chose ? À moins d’être norvégien, vous n’en avez probablement jamais entendu parler. Arendalsuka est une innovation norvégienne qui ne manque pas d’intérêt : il s’agit d’un débat public annuel à Arendal où divers intervenants dans les domaines de la politique et de l’industrie rencontrent le public pour débattre des politiques publiques et du développement de nouvelles politiques. J’ai eu le plaisir d’y participer et de présenter notre point de vue sur l'intégration de la durabilité environnementale dans le prochain agenda, qui fera suite aux Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

    Alors que la date cible de 2015 pour les OMD approche, les Nations Unies mènent une initiative de sensibilisation du public sans précédent. Jusqu'à présent, celle-ci a permis à près de 1,3 million de personnes dans 194 pays d'exprimer leurs attentes pour les prochains objectifs de développement. En permettant aux membres du public de se réunir, de discuter et de prendre des mesures concrètes pour développer des voies d'action menant à un avenir plus durable, cette nouvelle approche modifie le processus de prise de décision multilatérale. L’opinion du public est prise en compte par les États membres et est intégrée au processus qui servira à réaliser la prochaine série d'objectifs de développement.

    Cette « conversation mondiale » a montré que la vaste majorité du public considère que le développement durable doit faire l’objet d’une approche intégrée qui prenne en compte simultanément les aspects économiques, sociaux et environnementaux. Cela montre également que le lien entre l’environnement, la pauvreté et les inégalités a été sous-estimé. La consultation nationale qui s’est tenue dans près de 100 pays montre clairement comment les pratiques non durables et les modèles de croissance contribuent aux inégalités et ont augmenté l’insécurité des populations vulnérables. Les consultations ont appelé à ce qu’un objectif d’environnement durable et la durabilité elle-même soit considérée comme un des principes de base à être rationalisé parmi d’autres objectifs.

    Ces résultats et l’enquête My World pour un monde meilleur, qui est actuellement en cours, montrent que la durabilité de l’environnement est au centre des préoccupations du public. Alors que nous nous préparons à mettre en œuvre un agenda audacieux mais réalisable pour la période de l’après 2015, il est clair que les gouvernements doivent agir davantage pour promouvoir la durabilité. Les membres du public doivent s’engager et jouer un rôle actif pour faire en sorte que les gouvernements agissent de manière plus résolue pour répondre aux défis urgents que sont l’éradication de la pauvreté et la protection des ressources limitées de la planète.

    La participation du public devra être un élément essentiel si on veut que le nouvel agenda reflète davantage la valeur de l’environnement et la façon dont il est lié aux défis tels que la santé, la sécurité alimentaire et la stabilité sociale. Le principal message délivré à Arendalsuka a confirmé ce que je pensais : le fait de rendre possible la participation du public et la création de plateformes où il peut exprimer ses attentes pour l'avenir sont les étapes fondamentales pour construire le programme commun de développement dont nous avons tant besoin.


    Qu'en pensez-vous ? En quoi la durabilité environnementale est-elle importante pour le développement humain ?