• L’État de droit, garant des acquis du développement

    19 juil. 2013

    12.000 policiers ont reçu une formation de base en Somalie. Photo: PNUD Somalie

    Pour la première fois dans l’histoire, il est possible d’envisager l’éradication complète de la pauvreté. Depuis douze ans, le nombre de personnes vivant dans l’extrême dénuement  recule dans toutes les régions du monde en développement. Il reste toutefois des considérables défis à relever dans le domaine du développement humain marqué par des inégalités croissantes au sein même des pays. Mauvaise gouvernance, situation sanitaire précaire, éducation de faible qualité, changement climatique et dégradation de l’environnement sont autant de facteurs contributeurs.

    L’état de droit est essentiel pour contrer les menaces aux progrès du développement humain. Aucun pays en situation de conflit ou fragile n’a atteint les objectifs du Millénaire pour le développement. Une sécurité et un système judiciaire efficaces sont essentiels pour assurer la sortie de situations post-conflictuelles et prévenir les crimes violents. De plus, l’état de droit comme principe de gouvernance est garant de l’égalité devant la loi, de la responsabilisation et de l’équilibre des pouvoirs, ce qui se traduit par moins d’abus d’autorité et de corruption.

    Il est évident que les rapports entre état de droit et développement humain sont complexes et multiformes. Pour l’après-2015, nous devons établir des objectifs et des indicateurs tangibles, propices à des initiatives politiques et sociales au niveau national et local et permettant d’améliorer l’état de droit.

    Le groupe d’experts de haut-niveau chargé du programme de développement pour l'après-2015 a suggéré quelques objectifs pertinents :

    •    Augmenter la proportion de femmes disposant d’un droit de propriété foncière ou autre ;
    •    Accorder aux femmes les mêmes droits en matière d’acquisition et d’héritage, de signature de contrats, de création d’entreprise et d’ouverture d’un compte bancaire ;
    •    Assurer l’accès universel à l’état civil, tel que l’inscription au registre des naissances ;
    •    Réduire les morts violentes et éliminer toutes les formes de violences envers les enfants ;
    •    Veiller à ce que les institutions judiciaires soient accessibles, indépendantes, disposent des ressources nécessaires et respectent le droit à une procédure régulière ;
    •    Renforcer les capacités, le professionnalisme et la responsabilité des forces de l’ordre et du pouvoir judiciaire.

    Alors que les discussions sur le programme de développement de l’après-2015 vont bon train, il est encore temps d’examiner la meilleure façon d’intégrer l’État de droit. Les citoyens se sont clairement exprimés dans le monde entier : le prochain programme de développement doit s’attaquer aux questions difficiles si nous voulons consolider les acquis réalisés et construire ensemble le monde que nous voulons.


À propos de l'auteur
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Magdy Martínez-Solimán est Administrateur assistant adjoint et Directeur adjoint du Bureau des politiques de développement du PNUD.