• Les États peuvent-ils autonomiser les pauvres ? Donnez votre avis

    17 juil. 2013

    Marché dans les îles du Pacifique
    Les services bancaires par téléphonie mobile ont permis à 450 000 habitants de cinq pays du pacifique d’utiliser un système meilleur marché et plus sûr que les transactions en numéraire. Ces modes de paiement et d’épargne peu coûteux accroissent l’accès des pauvres aux services financiers.

    Je suis en train de rédiger un article sur comment les pouvoirs publics peuvent promouvoir l'autonomisation des pauvres. Clair et précis, donc, mais aussi ambitieux/courageux/dingue selon le point de vue, et je compte sur la contribution des lecteurs.

    Procédons par ordre. C'est un texte sur les pouvoirs publics et l'action de l'État. Donc, il n'est pas question d'agences humanitaires, d'institutions multilatérales ni  d'ONG, sauf pour un rôle secondaire. Il ne s'agit pas non plus de l'État-problème : je m'intéresse plutôt aux impacts positifs obtenus grâce à l'action de l'État. L'idée, c'est à la fois de recueillir des exemples de réussite et d'échec et de décrire globalement ce qui marche, quand et pourquoi.

    Voici où j'en suis :

    Il y a autonomisation lorsque des individus et des groupes organisés sont en mesure d'imaginer un monde différent et de concrétiser cette vision en modifiant les rapports de force qui les maintiennent dans la pauvreté.

    La littérature actuelle propose une parfaite harmonie, avec un modèle à « trois pouvoirs », que notre Jo Rowlands a été le premier à préconiser (je crois). D'après cette perception, le pouvoir des groupes et individus exclus peut se décliner sous trois formes simples :

    - le pouvoir intrinsèque (être conscient de ses droits, de sa dignité et de sa voix, et avoir des capacités de base). Ce niveau individuel d'autonomisation est un préalable indispensable à l'action collective. Au niveau étatique, la restructuration des normes sociales qui perpétuent l'exclusion de groupes et d'individus est un aspect essentiel de l'autonomisation.

    - le pouvoir avec (aptitude à organiser, à exprimer ses points de vue). Les pauvres se rassemblent pour exprimer leurs points de vue et réclamer leurs droits. De leur côté, les pouvoirs publics doivent faciliter (et non s'opposer ou chercher à récupérer) ce type d'organisation.

    - le pouvoir à (aptitude à influencer les décideurs : l'État, les détenteurs de pouvoir économique ou autres). La voix des pauvres peut efficacement influencer les détenteurs de pouvoir. Les pouvoirs publics doivent créer et maintenir la possibilité d'une telle influence et en faciliter l'accès aux groupes et individus exclus.

    En outre, les États jouent un rôle important pour limiter le « mauvais pouvoir », à savoir la concentration excessive de pouvoir et d'influence, et son utilisation au détriment des groupes et individus exclus.

    L'autonomisation juridique, une arme clé dans l'arsenal de l'État, s'applique à toutes ces catégories.

    À votre tour, qu’en pensez-vous?


À propos de l'auteur
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Duncan Green est conseiller stratégique pour Oxfam GB.

 

La version originale (en anglais) du blog, sur From Poverty to Power, a pour but de créer une conservation sur le thème du développement. Ceci est une réflexion personnelle de l'auteur.

 

Pour le suivre sur Twitter: @fp2p

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