• VIH : Le prix des médicaments, une priorité pour les pays à revenu intermédiaire

    27 juin 2013

    Patient VIH dans un lit
    Les pays à faible revenu reçoivent souvent des aides spéciales de sociétés pharmaceutiques pour des médicaments traitant le VIH. Les pays à revenu intermédiaire, eux, sont exclus de ces dispositions et doivent trouver un moyen pour permettre l'accès aux médicaments à leurs citoyens. (Photo: MINUT/Martine Perret)

    La réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) relatifs à la santé par les pays à revenu intermédiaire passe par leur capacité à consolider et à étendre l'accès au traitement du VIH et de ses co-infections, comme la tuberculose et l'hépatite C.

    D'ici 2020, les pays à revenu intermédiaire, tels que l'Afrique du Sud, le Brésil, la Russie, l'Équateur et la Thaïlande, abriteront la majorité des personnes atteintes du  VIH. Cependant, ce même statut empêche beaucoup de ces pays de profiter de la mise au point de nouveaux médicaments plus efficaces contre le VIH et les exclut de plus en plus des dispositifs spéciaux des compagnies pharmaceutiques en faveur des pays à revenu faible, comme les réductions de prix ou les licences volontaires sur les brevets.

    Par exemple, en 2011, les subventions du Fonds mondial ont permis aux pays d'Afrique subsaharienne de se procurer l'anti-VIH Darunavir à 1095 dollars par patient par an, alors que des pays à revenu intermédiaire comme le Nicaragua et la Moldavie ont dû l'acheter respectivement à 7424 et 9188 dollars.

    Ce pari du prix mettra à l'épreuve l'engagement pris en 2011 par les États membres de l'ONU, lors d'une Réunion de haut niveau sur le sida, de mettre sous traitement antirétroviral 15 millions de personnes dans le besoin d'ici 2015.

    En juin, 18 pays à revenu intermédiaire et partenaires se sont réunis à Brasilia pour trouver des réponses à ces défis. Qu'il s'agisse de la propriété intellectuelle, de l'enregistrement des médicaments, des achats ou de la gestion de la chaîne logistique, il est ressorti des discussions que les pays du Sud doivent intensifier leur collaboration pour atteindre leurs objectifs communs.

    Que doivent faire les pays à revenu intermédiaire individuellement ou collectivement face au défi du maintien du traitement ? Naturellement, les expériences varient selon les pays, mais en général ils cherchent à faire jouer la concurrence entre fournisseurs de médicaments pour faire baisser le coût des soins par le biais des mesures suivantes :

    — Intégrer les flexibilités qu'offre l'Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) à la législation nationale et les utiliser pour renforcer la concurrence entre fournisseurs de médicaments
    — Mettre en place des cadres réglementaires efficaces pour évaluer la sécurité et l'efficacité des médicaments
    — Promouvoir l'industrie pharmaceutique locale
    — Renforcer la transparence de l'approvisionnement en médicaments

    Lors de la réunion, le PNUD a présenté un exposé sur les possibilités qu'offrent le droit et les règles de la concurrence pour élargir l'accès au traitement. Toujours pour promouvoir l'accès le plus large à ces soins vitaux, le PNUD publiera dans les mois à venir un guide sur le droit de la concurrence, la propriété intellectuelle et l'accès aux médicaments.

    Donnez votre avis : Que doivent faire les pays à revenu intermédiaire pour mettre les médicaments anti-VIH à la portée de leurs populations affectées ?


À propos des auteurs
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Tenu Avafia est Chef de groupe sectoriel, Droits de l'homme et gouvernance au PNUD.

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Katie Kirk est Consultante en propriété intellectuelle, Groupe VIH, santé et développement au PNUD.

Notre travail : VIH/SIDA
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