• L'énergie propre préserve l'environnement, et plus encore | Helen Clark

    03 mai 2013

    Homme dans les champs en Éthiopie
    L'Ethiopie compte investir 150 milliards de dollars au cours des deux prochaines décennies pour devenir un pays neutre en carbone d'ici 2025. Photo: PNUD en Ethiopie

    Les bienfaits de l'énergie durable vont au-delà de l'environnement, enpermettent aux enfants d'étudier la nuit et aux dispensaires de conserver leurs vaccins, mais aussi de soulager les femmes des tâches ménagères harassantes et de la fumée nocive du feu de bois. L’énergie durable crée un cadre propice à une vie meilleure et plus productive.

    L'Allemagne, par exemple, s'est développée avec une forte empreinte carbone, mais elle montre aujourd'hui la voie en doublant la part des énergies renouvelables dans son bouquet énergétique de 2006 à 2012. J'en conclus qu'avec des dirigeants courageux et des politiques clairvoyantes, la transition vers un modèle plus durable est possible.

    Il n'y a pas d'autre choix si nous voulons éviter une hausse irréversible de la température de la planète et ses conséquences prévisibles : les citoyens des pays développés seraient contraints de financer des systèmes de protection contre des inondations de plus en plus élaborés, d'indemniser les pertes de récoltes des fermiers et d'ajuster leurs thermostats pour résister aux vagues de chaleur.

    En Afrique subsaharienne, le changement de régimes météorologiques et  la multiplication de phénomènes climatiques extrêmes impacteront les récoltes et l’approvisionnement en eau.  En visite au Sahel l'année dernière, j'ai pu constater la souffrance humaine qu'imposent les sécheresses graves à répétition. Elles font reculer le développement.

    Le réchauffement climatique touche de façon disproportionnée les démunis et les pays pauvres, alors qu'ils ont une faible part de responsabilité dans le problème. C'est injuste.

    Le monde développé a maintenant une responsabilité unique : il doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre et aider les pays pauvres à renforcer leur résilience face à un climat devenu plus imprévisible.

    De nombreux pays en développement prennent déjà des initiatives hardies. Avec sa stratégie clairvoyante d'économie verte, l'Éthiopie a décidé d'investir 150 milliards de dollars sur les deux prochaines décennies afin d'atteindre un bilan carbone neutre d'ici 2025. Lors des négociations sur le changement climatique, les pays moins développés font des propositions ambitieuses pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

    Je le répète souvent : qui dit développement, dit espoir. Nous voyons les besoins. Nous voyons les obstacles. Mais nous voyons également les voies à suivre. Tout comme l'humanité nous a conduits à la situation actuelle, nous sommes convaincu qu'un développement bénéfique pour la planète et ses habitants est possible grâce à la vision, au leadership et à l'ingéniosité.


À propos de l'auteur
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Helen Clark a pris ses fonctions d'Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement le 20 avril 2009. Elle est la première femme à assumer la direction de l’organisation et assure également la présidence du Groupe des Nations Unies pour le développement.

 

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