• Troquer la santé contre la richesse ? L'obésité dans le Pacifique Sud

    19 avr. 2013

    Une femme à Kiribati, ¨Pacifique
    La réduction de l'activité physique et un changement des systèmes de production traditionnels en faveur de l'importation ont contribué à la propagation de l'obésité dans les îles du Pacifique. (Photo: Ferdinand Strobel / PNUD)

    Les taux de prévalence de l'obésité et du diabète des îles du Pacifique Sud font partie des plus élevés du monde, culminant respectivement à 75 et 47 %.

    Aujourd'hui, ces pays insulaires élèvent la génération la plus obèse de l'histoire humaine.

    Un regard plus attentif aux échanges commerciaux internationaux de ces pays révèle que nombre d'entre eux ont, en effet, troqué la santé contre la richesse.

    La prévalence de maladies non transmissibles telles que le diabète, les maladies cardiovasculaires et le cancer dans la région du Pacifique est étroitement liée au remplacement progressif des aliments traditionnels par des aliments importés bon marché, à forte teneur énergétique et pauvres en nutriments. Autrement dit, de la malbouffe.

    Divers accords commerciaux obligent ces pays à lever davantage les obstacles à l'importation, ce qui rend les aliments transformés tels que les viandes en conserve moins chers et plus accessibles et limite les interventions pour raison de santé publique.

    Les îles Kiribati en sont l'exemple typique  : d'après les estimations, le pays importe 72 % de ses produits alimentaires et possède le taux de consommation d'aliments malsains le plus élevé. À lui seul, le sucre représente plus de 30 % de la consommation quotidienne totale de calories et 65 % de la consommation totale d'aliments malsains. Les données régionales sur le commerce et la consommation révèlent un lien entre aliments importés et aliments malsains, mais aussi entre aliments importés et prévalence de l'obésité dans les îles.

    Plusieurs accords commerciaux en cours de négociation auront sûrement un impact  négatif sur la capacité des États insulaires du Pacifique à prendre en charge les maladies non transmissibles.

    Par exemple, les réductions des droits de douane sur des produits malsains tels que les viandes grasses, le tabac et l'alcool pourraient faire baisser les prix de ces produits et favoriser la multiplication des cas d'obésité, de diabète et de maladies cardiovasculaires. Les accords commerciaux peuvent également empêcher les gouvernements d'interdire certains produits malsains ou d'imposer des restrictions en matière d'étiquetage des produits alimentaires.

    Pour trouver une solution à ce problème qui gagne en ampleur, le PNUD, l'OMS et le Secrétariat général de la Communauté du Pacifique ont organisé une réunion à Fidji en février, en présence de représentants des ministères de la Santé et du Commerce de neuf États insulaires du Pacifique.

    Principal résultat de la consultation, la mise en place d'un cadre d'interaction entre les autorités commerciales et sanitaires des neuf pays, dont beaucoup ont fait remarquer qu'ils venaient de travailler ensemble pour la toute première fois.
    Ce type de dialogue intersectoriel doit entrer dans les mœurs si l'on veut éviter que ce problème ne devienne encore plus obèse.

    Parlez-nous: l'obésité est-elle un problème dans votre pays et quelles en sont les principales raisons?