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Est-il possible de fournir des soins de santé sans nuire à l'environnement?

05 avr. 2013

 Le centre médical de l'université King George à Lucknow, en Inde, a mis en place un programme pour stériliser, recycler ou jeter ses déchets de manière sécuritaire.

Est-il possible de fournir des soins de santé sans nuire ce faisant à l’environnement ? La Journée mondiale de la Santé 2013 nous rappelle que 12 % de tous les décès survenant de par le monde sont dus à l’hypertension. La médecine ne disposait pas jadis de moyens fiables de surveiller la tension artérielle; il a fallu attendre pour cela l’introduction au début du XXe siècle des tensiomètres à mercure.  Ce progrès médical s’accompagne toutefois d’un grave inconvénient, car des tonnes de mercure toxique provenant de tensiomètres brisés sont rejetées dans l’environnement par les établissements hospitaliers, avec toutes les conséquences que cela comporte pour la santé humaine.

Les déchets infectieux, sous-produit nécessaire des soins médicaux, présentent un problème analogue. Les seringues en plastique et autres produits jetables à usage unique préviennent la transmission des infections d’un patient à l’autre, mais ils viennent augmenter le volume de déchets produits. La mise au rebut de déchets non traités contribue à la propagation du VIH/sida et de l’hépatite, tandis que l’incinération de ces déchets dégage des polluants dangereux, notamment des dioxines hautement toxiques et persistantes.

Est-il possible de fournir des soins de santé sans que cela comporte des effets nuisibles ? L’expérience de la King George’s Medical University (KGMU), hôpital desservant les populations pauvres en Inde, apporte une réponse affirmative à cette question. En 2009, cet hôpital produisait 2,5 tonnes de déchets infectieux par jour. Ces déchets étaient jetés à même le sol, ramassés au balai avec les déchets ordinaires et les dispositifs cassés contenant du mercure, et transportés dans des chariots non étanches jusqu’à des décharges ouvertes ou jusqu’à un vieil incinérateur.

Aujourd’hui, grâce à un projet mis en œuvre par le PNUD sur financement du Fonds pour l’environnement mondial avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé et de l’ONG internationale Healthcare Without Harm [Soins de santé sans effet nuisible], KGMU possède un système de gestion des déchets qui est un modèle pour les pays en développement. Les déchets sont répartis dans des bacs chromocodés, transportés dans des conteneurs à roulettes étanches par des travailleurs formés, suivis au moyen d’un système de codes-barres et stérilisés à la vapeur dans des autoclaves de fabrication locale. Le verre et le plastique stérilisés sont ensuite concassés et vendus à des recycleurs, ce qui réduit l’impact sur les sites d’enfouissement et génère des revenus.

En l’espace de trois ans, l’hôpital a réduit ses déchets infectieux de 80 %. Il a également mis en place un système de gestion des déchets de mercure et a entrepris de remplacer les dispositifs contenant du mercure par des dispositifs semblables n’en contenant pas.

Dans le cadre de ce projet, l’Argentine, la Lettonie, le Liban, les Philippines, le Sénégal et le Viet Nam mettent déjà en œuvre ce même modèle, démontrant ainsi que la synergie entre les soins de santé et la durabilité environnementale peut avoir pour effet une réduction des impacts nocifs sur la santé humaine et l’environnement.  En outre, ce modèle sera reproduit dans le cadre d’un autre projet régional du PNUD-FEM pour l’Afrique approuvé récemment, auquel participeront quatre pays (Ghana, Madagascar, Tanzanie et Zambie).

Donnez-nous votre opinion : Comment pouvons-nous établir un lien entre les soins de santé et la durabilité environnementale au cours de la prochaine phase du développement ?