• En Serbie, la corruption recule et l’optimisme renaît

    22 févr. 2013

    une affiche de lutte contre la corruption
    Photo: Kenny Miller / Creative Commons

    En Serbie, le soutien du public à la lutte contre la corruption a fortement progressé en 2012 et la confiance de la population dans les institutions est en hausse. Une nouvelle enquête comparative du PNUD sur la corruption fait ressortir les chiffres suivants :

    - Deux fois plus de citoyens estiment que leur pays est « sur la bonne voie » et 25% considèrent que la corruption a reculé pendant le second semestre de 2012.

    - 41% pensent que la corruption va reculer au cours des 12 prochains mois.

    - La proportion de personnes déclarant avoir versé des pots-de-vin a fortement baissé, et ne représente plus que 8 % de la population. Dans la grande majorité des cas, ces pots-de-vin n’ont pas été sollicités et ont été versés en échange d’un service ou dans le cadre d’une infraction, par exemple pour éviter de payer une contravention.

    - 40 % des Serbes déclarent qu’ils « refuseraient » de payer un pot-de-vin si on le leur demandait et 33 % indiquent qu’ils chercheraient de l’aide ailleurs.

    - 71 % sont favorables à des « sanctions sévères » et 79 %, à des « sanctions pénales très lourdes » contre les abus et la corruption.

    Dans leur ensemble, ces conclusions reflètent probablement une intolérance croissante de l’opinion publique à l’égard de la corruption, conséquence d’une plus grande participation citoyenne et d’une confiance accrue dans le gouvernement.

    Comment s’explique cette évolution ?

    Le nouveau gouvernement s’est engagé à réformer le pays et à promouvoir la transparence, la bonne gouvernance et la responsabilité, toutes trois propices aux investissements, aux affaires et à l’emploi.

    En général, les donateurs privilégient les pays qui font preuve de « volonté, de détermination, d’engagement et d’initiative en matière de lutte contre la corruption. » C’est pourquoi le nouvel exécutif a adopté une politique de tolérance zéro en août 2012, laquelle a d’ores et déjà apporté la preuve de son efficacité : 150 enquêtes ont été ouvertes et une série d’arrestations de hauts responsables a été menée depuis son arrivée au pouvoir.

    L’application rigoureuse de cette politique anti-corruption illustre la détermination des autorités à éradiquer ce fléau. Lorsqu’elle s’inscrit dans la législation, la lutte contre la corruption jette les bases solides d’une gouvernance intègre et démocratique à long terme.

    Il reste beaucoup de chemin à parcourir et le peuple serbe, qui renoue avec l’espoir et la participation citoyenne, veillera sans doute à ce que d’autres efforts soient faits dans ce domaine.

    Le travail du PNUD en Serbie est axé sur la transparence et le renforcement de la gouvernance démocratique. Au niveau national, des mesures ont ainsi été prises pour accroître la protection des dénonciateurs d’irrégularités, offrir des formations ciblées et renforcer les capacités. À l’échelle locale, le PNUD a piloté des « chartes citoyennes » ou codes de conduite pour les autorités municipales, et créé un indice pour mesurer la responsabilité et la transparence.

    Ces initiatives, entre autres, contribuent à promouvoir l’intégrité dans les secteurs public et privé, améliorant ainsi les conditions de vie et de travail en Serbie.

    Cette dynamique positive s’amplifie et la gouvernance ainsi que la confiance progressent.

    L’optimisme est chose rare en Serbie mais nous avons depuis peu de vraies raisons de nous réjouir : le pays est sur la bonne voie.


A propos de l'auteur
thumbnail

Zarko Petrovic est spécialiste des questions d’État de droit et de justice au PNUD.

 

 

L'enquête du PNUD sur la corruption

L’originalité de l’étude menée par le PNUD tient au fait qu’elle rassemble des données sur l’opinion publique ainsi que sur l’incidence de la corruption à l’échelle nationale. Le questionnaire du PNUD s’inspire du baromètre mondial de la corruption de Transparency International, mais comporte quelques éléments supplémentaires utiles pour l’élaboration de programmes.

Ces études semestrielles du PNUD ont été lancées en 2009 pour faire le point sur le phénomène de la corruption et sa perception en Serbie. La crédibilité de ces enquêtes tient à leur fréquence, qui permet de révéler des tendances. Après trois années de stagnation, les derniers résultats font état de changements considérables.

Les données ont été recueillies auprès de 600 personnes en décembre 2012, soit exactement six mois après l’enquête précédente et cinq mois après l’entrée en fonction du nouveau gouvernement. La corruption se classe désormais au deuxième rang des problèmes les plus urgents en Serbie, alors qu’elle ne figurait qu’à la septième place il y a deux ans. Elle arrive juste après l’emploi et l’économie, qui restent sans surprise la priorité numéro 1 dans un pays qui affiche un taux de chômage de plus de 25 %.