• La transition démocratique exige des dirigeants courageux

    09 nov. 2012

    Tunisia elections
    Élections à l'Assemblée constituante, Tunisie 2011

    Nous avons récemment été témoins de changements dramatiques dans de nombreuses régions du monde. Des dirigeants autocratiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ont été évincés ou forcés de démissionner. Le Myanmar a choisi avec détermination la voie de la réforme.

    Des facteurs économiques, sociaux et politiques sont à l’origine de ces changements sociaux qui ont conduit la population à demander « pain, liberté et dignité » sur la place Tahir en Égypte, où nous avons constaté qu’une transition politique peut – bien que rarement — s’effectuer du jour au lendemain.

    Mais les régimes autocratiques laissent des legs, des structures économiques, des systèmes d’incitation et des institutions qui ne disparaissent pas dès qu’un dictateur quitte le pouvoir ou s’en écarte. Les droits politiques, les droits de l’homme, les politiques progressives sociales et économiques, l’attribution équitable des emplois et la primauté de l’état de droit, ne succèdent pas automatiquement aux moments de changements politiques importants.

    L’un des premiers choix que doivent faire ceux qui dirigent le processus de transition est donc de favoriser l’inclusion lorsqu’ils commencent à définir leur futur. Pour la légitimité et la longévité, le dialogue avec toutes les personnes concernées — la société civile, les universitaires, l’élite du monde des affaires et les militaires, les hommes politiques et le public, plus spécialement les franges marginalisées — et les prises de décision doivent se faire à travers des voies sûres et durables. Cela constitue l’unique manière de renouveler la confiance et de rétablir le contrat social d’un pays.

    C’est une tâche extrêmement difficile. Au moment même où les dirigeants devraient faire une pause pour réfléchir, ils seront pressés d’agir. Ils devront donc faire preuve d’une autorité courageuse pour tenir à distance les forces qui les poussent par exemple à faire ‘redémarrer’ immédiatement la croissance économique, et pour dialoguer honnêtement et fréquemment avec toutes les parties prenantes au sujet de la vitesse à laquelle les changements économiques et sociaux devront avoir lieu.

    La transition démocratique n’est pas un phénomène nouveau. Des pays comme le Brésil, le Chili et l’Indonésie ont une riche expérience en ce qui concerne les solutions efficaces – et inefficaces – qu’ils peuvent partager avec des pays tels que l’Égypte, le Myanmar, la Tunisie et d’autres encore qui souhaitent renforcer de jeunes démocraties. Le PNUD, en tant que partenaire de confiance, peut et soutiendra ce dialogue crucial.

    Donnez-nous votre avis : comment canaliser les protestations populaires en un dialogue et un processus de prises de décision inclusifs ?