• Est-ce la fin d’une insidieuse arme de guerre ?

    17 sept. 2012

    Bombe à fragmentation intacte au mémorial de guerre à Séoul, en République de Corée. Crédit photo: Aaron Hartwell
    Bombe à fragmentation intacte au mémorial de guerre à Séoul, en République de Corée. Crédit photo: Aaron Hartwell

    La première fois que j’ai entendu parler de « sous-munitions », c’était au Pakistan pendant les années 1990. Je travaillais là-bas et j’ai vu de jeunes Afghans qui en avaient ramassé et ce faisant, avaient perdu un bras, une jambe ou la vue. Les armes à sous-munitions détruisent des vies et trop souvent, dans trop de pays, ce sont des vies d’enfants. Elles ont tué des milliers de civils et continuent de poser un danger, car c’est généralement dans des zones peuplées qu’on les utilise.

    D’après un rapport récent, quelque 94 pour cent des victimes sont civiles. Comme ces armes ont très souvent des ratés, elles restent dangereuses pendant des années et continuent à tuer ou  mutiler « avec efficacité » longtemps après la fin d’un conflit. Les bombes à sous-munition qui n’ont pas explosé au moment de leur largage interdisent l’accès à des terres qui pourraient servir pour l’agriculture et le développement. Or, le déminage coûte cher et prend du temps.

    La semaine dernière, je me suis rendu à Oslo où des États, des organisations internationales et des ONG se retrouvaient pour la troisième Réunion des États parties à la Convention sur les armes à sous-munitions. Les Norvégiens, qui ont joué un rôle majeur dans l’élaboration de la Convention et sont d’ardents défenseurs de cette cause, se sont montrés des hôtes exceptionnels. Pour moi, c’était l’une de ces occasions où l’on peut s’enorgueillir du travail accompli !

    La Convention, à la rédaction de laquelle le PNUD a participé, vise à mettre fin aux tragiques accidents provoqués par les sous-munitions en interdisant l’utilisation, le stockage, le transfert, la fabrication et la production de ces armes. Elle a été ouverte à la signature en décembre 2008. Depuis, 111 États l’ont signée et 75 l’ont ratifiée ou y ont adhéré.

    Jusqu’à présent, la Convention a été un succès. Mardi, la Coalition internationale contre les sous-munitions a publié son rapport annuel de suivi, qui montre les énormes progrès accomplis dans la destruction des stocks et détaille de nouvelles méthodes de déminage qui permettront de nettoyer plus rapidement les zones contaminées. Mais surtout, tout pays accusé d’employer des armes à sous-munitions devient immédiatement un sujet d’opprobre.

    Notre tâche est loin d’être terminée, cependant. D’énormes régions du monde sont encore contaminées et la mort continue de faire son travail. Trente pays affectés par les armes à sous-munitions, dont 17 nations productrices, n’ont toujours pas signé la Convention.

    Le PNUD et les autres organisations qui se sont engagées à éliminer ce fléau ont encore du pain sur la planche. Mais nous allons continuer, car ce type de travail aide les populations à se relever après un conflit et, surtout, il sauve des vies et empêche ces armes de les détruire.

    Neil Buhne


    Donnez-nous votre opinion : Que peut-on faire pour convaincre d’autres pays de signer la Convention sur les armes à sous-munitions ?


A propos de l'auteur
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Neil Buhne est le Directeur du Bureau de la prévention des crises et du relèvement du Bureau de liaison de Genève du Programme des Nations Unies pour le développement.

 

Prévention des crises
Sous-munitions
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"Les armes à sous-munitions, sont des armes classiques qui dispersent ou libèrent des sous-munitions explosives, à savoir de petites charges explosives ou « bombelettes » non guidées (pesant moins de 20 kilogrammes), conçues pour exploser avant l’impact, à l’impact ou après l’impact."

Convention sur les armes à sous-munitions