• De la crise à la résilience : pourquoi l'inégalité compte-t-elle ?

    17 août 2012

    Des femmes cultivent le riz à Kanchipuram, Inde
    A Kanchipuram, petite ville rurale dont l'économie est tributaire du tourisme, en Inde, les femmes travaillent ensemble pour aider la communauté à avancer. ©PNUD IPC-IG/Isa Ebrahim Ali

    Les crises financières et économiques sont si fréquentes qu'elles semblent être devenues une caractéristique systémique de l'économie internationale.

    Il nous faut repenser les causes profondes de ces crises, reconnaître leur impact unique sur les pays en développement et trouver les moyens de rendre ces économies émergentes plus résilientes à ces chocs majeurs.

    Pour certains spécialistes, les crises monétaires, de la dette ou bancaires sont essentiellement dues aux systèmes financiers déséquilibrés et fragiles des économies en développement. Mais, cette hypothèse suppose une autorégulation et une efficacité inhérente des marchés, ce qui reste à prouver dans de nombreux cas.

    D'autres privilégient l'identification des causes structurelles et des voies par lesquelles les économies s'exposent aux crises. Pour les tenants de cette approche, la dépendance croissante des exportations augmente la vulnérabilité de nombreux pays en développement aux chocs économiques et financiers, même si les experts divergent sur les détails.

    Mais, l'inégalité croissante des revenus aussi fait planer des risques sérieux.

    Aujourd'hui, les cinq pour cent les plus riches du monde gagnent en 48 heures le revenu annuel des plus pauvres. Cette montée fulgurante de l'inégalité favorise l'inefficacité, l'instabilité, les investissements à risques et une baisse globale de productivité.

    Pour élaborer des politiques qui renforcent la résilience et favorisent une croissance moins volatile, il essentiel de comprendre le rapport entre la forte augmentation de l'inégalité des revenus et l'aggravation des crises financières et économiques.

    L'inégalité des revenus fait baisser le pouvoir d'achat des ménages à revenus faibles et intermédiaires, réduisant ainsi la demande totale, tandis que la recherche d'investissements à rendement élevé par ceux qui profitent de l'inégalité engendre l'émergence de bulles des prix des actifs. L'inadéquation de la réglementation et le caractère approximatif des politiques monétaires exacerbent l'instabilité financière et la baisse de la croissance économique.

    Le fait de n'intervenir qu'après l'apparition d'une crise limite les options d'action concertée permettant de s'attaquer à l'inégalité et de concevoir des politiques à long terme susceptibles de créer une résilience systémique.

    La dernière crise économique et financière prolongée est une occasion d'analyser tous les aspects de la vulnérabilité macroéconomique des pays en développement. Nous devons trouver de nouveaux moyens de renforcer la capacité de résistance aux chocs, tout en appelant à une coordination internationale destinée à réduire la fréquence et la gravité des crises mondiales. Et nous devons le faire sans délai.

    Anuradha Seth est Conseiller principal en politiques macroéconomiques et réduction de la pauvreté auprès du groupe de  Réduction de la pauvreté du Bureau des politiques de développement du PNUD.

    Anuradha Seth

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A propos de l'auteur
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Anuradha Seth est Conseiller principal en politiques macroéconomiques et réduction de la pauvreté auprès du groupe de  Réduction de la pauvreté du Bureau des politiques de développement du PNUD.

Le PNUD et la réduction de la pauvreté
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