• Un pas en avant dans la lutte contre les violations des droits de l'homme liées au VIH

    02 août 2012

    Une femme et son enfant à Epembe, Kaokoland, Namibie (UN Photo/Alon Reininger)
    Une femme et son enfant à Epembe, Kaokoland, Namibie (UN Photo/Alon Reininger)

    Dans une décision historique mais passée quasiment inaperçue, un tribunal namibien a statué cette semaine que des hôpitaux publics avaient illégalement stérilisé trois femmes séropositives. Bien que le juge n'ait établi aucun lien direct entre la séropositivité de ces femmes et leur stérilisation, sa décision ouvre la voie à des actions judiciaires par d'autres femmes qui prétendent avoir été contraintes de subir une stérilisation du fait qu'elles étaient contaminées par le virus qui provoque le sida, dans le cadre d'un effort visant à ralentir la propagation de la maladie dans ce pays du sud de l'Afrique.

    Ces femmes ont indiqué qu'on leur avait remis des formulaires autorisant la procédure juste avant ou après avoir donné naissance à leur enfant par césarienne, qu'elles l’ont signé à leur insu, alors qu'elles souffraient de douleurs aiguës ou qu'elles étaient en travail.

    Cette décision importante réaffirme les droits fondamentaux de toutes les femmes à bénéficier du principe primordial de consentement éclairé et souligne la vulnérabilité spécifique aux femmes et aux filles vivant avec le VIH en ce qui concerne leurs droits reproductifs.  

    Un rapport qui vient d'être publié par la Commission mondiale sur le VIH et le droit, une commission indépendante convoquée par le PNUD pour le compte du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) met en lumière les questions de stérilisations et d'avortements forcés chez les femmes séropositives. Selon ce rapport intitulé VIH et le Droit : Risques, Droit et Santé, « les pratiques dans le milieu des soins de santé sont souvent coercitives et discriminatoires, et comprennent, entre autres, le dépistage forcé du VIH, des violations de la confidentialité, le refus de soins de santé, ainsi que des stérilisations et des avortements forcés ».

    Depuis 2001, année à laquelle les stérilisations et les avortements forcés ont été pour la première fois documentés, de nombreux rapports sur des pays, tels que le Chili, le Venezuela, le Mexique, la République dominicaine, l'Indonésie, le Kenya, la Namibie, la Tanzanie, la Thaïlande, l'Ouganda et la Zambie ont été publiés. Certaines femmes indiquent qu'elles se sont vues refuser l'accès aux services sanitaires liés au VIH à moins d'accepter de subir un avortement ou une stérilisation.

    Il reste beaucoup à faire pour abolir les lois et les pratiques punitives relatives au VIH, telles que l'enregistrement, les tests et les schémas thérapeutiques imposés au titre de la maladie, afin de faciliter l'accès aux droits en matière de santé procréative et sexuelle et de mettre un terme aux pratiques d'avortements et de stérilisations forcés des femmes et des filles.

    La décision du tribunal annoncée cette semaine constitue un pas dans la bonne direction.

    Donnez-nous votre opinion : comment les lois peuvent-elles faire progresser ou entraver la mise en œuvre de réponses efficaces au VIH ?


A propos de l'auteur
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Jeffrey O’Malley est Directeur de la Pratique VIH/sida au PNUD.

 

 

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