• À l'occasion de la Journée internationale de la femme, n'oublions pas nos sœurs arabes

    07 mars 2012

    Une femme dépose son bulletin de vote en Tunisie, 23 octobre 2011.
    Les femmes sont maintenant des leaders dans tous les domaines. Mais dans la région arabe, elles restent loin derrière. Photo: PNUD Tunisie

    L'année dernière, les femmes arabes se sont battues avec courage pour réclamer la dignité et de nouvelles libertés. Mais, dans la région, beaucoup se rendent compte que cet élan vers la démocratie peut également faire apparaître une profonde discrimination.

    En Tunisie, les efforts déployés par le gouvernement intérimaire pour atteindre la parité entre les sexes au sein de l'Assemblée constituante élue en octobre dernier ont été contrariés : la plupart des partis ont mis les noms des hommes en tête des listes électorales.

    En Égypte, un quota de 12 % de représentation féminine a été rejeté dans les premiers jours de la transition. Et la semaine dernière, les Libyens ont célébré l'une de leurs premières élections démocratiques, pour le conseil local de Misrata. Aucune femme n'a été élue.

    Les militantes ont été victimes de harcèlement de la part des forces de sécurité et des hommes qui s'opposent à leur présence dans la vie publique. Dans plusieurs pays, certains acteurs investis de nouveaux pouvoirs ont célébré leur liberté d'expression durement gagnée en se prononçant en faveur d'un recul des droits des femmes.

    Contrairement à l'idée reçue que la démocratie renforcerait les droits des femmes dans les pays arabes, cela n'est pas tout à fait le cas.

    A l’occasion de la Journée internationale de la femme, nous saluons le progrès des femmes. Aujourd'hui, les femmes et leurs filles sont en meilleure santé, mieux éduquées et plus productives que jamais. Les femmes sont maintenant des leaders dans tous les domaines. Mais dans la région arabe, elles restent loin derrière.

    Le PNUD est en train de former des femmes politiques en Tunisie, d’aider les Égyptiens à se familiariser avec une expérience internationale dans les transitions démocratiques, de former des leaders civiques en Libye et de favoriser le dialogue politique et les processus de transition au Yémen.

    Nous nous approchons d'une étape cruciale : la rédaction de nouvelles constitutions dans ces quatre pays. Chaque société se prépare à inscrire ses valeurs dans une constitution.

    La communauté internationale doit insister pour que le processus de rédaction de cette constitution soit inclusif et qu'il se fonde sur des traités comme la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes. La plupart des pays arabes sont signataires de la Convention, qui appelle les gouvernements à garantir l'égalité des hommes et des femmes devant la loi, et l'absence de discrimination fondée sur le sexe. Les droits et la dignité des femmes doivent prévaloir sur les normes culturelles et religieuses.

    Inspirés par la foi, certains acteurs investis de nouveaux pouvoirs soutiennent le contraire. Ils affirment que les droits des femmes sont une valeur occidentale, qui doit être ignorée. Pourtant, d'innombrables hommes et femmes de la région estiment que les droits des femmes sont compatibles avec l'Islam et en accord avec leur propre histoire, du statut élevé des reines de l'Égypte ancienne aux derniers progrès obtenus par les femmes dans l'éducation, l'emploi et les droits civils et juridiques.

    Les défenseurs de l'égalité doivent maintenant prendre la parole... L'obtention de droits constitutionnels se traduira par des systèmes politiques sains, des sociétés civiles florissantes et de réels progrès vers la pleine jouissance des droits de l'homme par les hommes et les femmes.


A propos de l'auteur
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Amat Al Alim Alsoswa, est Sous-secrétaire générale de l'Organisation des Nations Unies et Directrice du Bureau régional pour les États arabes du Programme de développement des Nations Unies à New York.

Le PNUD et les Pays arabes