• Permettre aux pauvres de définir leur avenir

    02 janv. 2012

    Pour que la croissance soit inclusive, il faut qu'elle soit durable et équitable. Photo: PNUD

    Plus d'un milliard de personnes sont dépourvues de beaucoup des éléments de base que les six autres milliards considèrent comme allant de soi. Dans les pays les moins développés, les conflits, les catastrophes naturelles et, de façon plus générale, l’insécurité dans laquelle vivent les hommes, imposent des limites structurelles aux efforts entrepris pour passer de la crise à une réduction des risques, et de la croissance au développement durable. Des progrès significatifs et soutenus vont demander des efforts plus rapides et meilleurs. Au-delà des enjeux essentiels que sont « l'empreinte carbone », « le développement à faible émission de carbone », « l'économie verte » et les raisons économiques de sauver la planète, il nous faut une nouvelle fois attirer l'attention sur le défi perpétuel que représente le fait de veiller à ce que les personnes pauvres et vulnérables participent à la croissance et au développement, et en bénéficient. Quelle qu'en soit la forme – pauvreté énergétique, manque d'accès à l'eau, à l'assainissement, à l'éducation et à la santé, malnutrition ou insécurité alimentaire – par son ampleur et son étendue, la privation dans le monde remet en question politiques et pratiques actuelles de développement.

    Comment assurer un développement durable ?

    Pour être inclusive, la croissance doit être soutenue et durable, et pour pouvoir l’être, il lui faut aussi être équitable. Telle est la conclusion du numéro spécial du magazine Poverty in Focus du Centre international de politiques pour la croissance inclusive (IPC-IG). La croissance, le genre, la pauvreté et l'environnement ne peuvent plus être traités comme des composantes du développement faiblement reliées entre elles. Admettre leur interdépendance est au cœur même d'un développement pour tous plus fort et soutenu.

    Vu les attentes élevées associées à la réunion Rio+20, rappelons-nous que l'inclusion productive et sociale sera la base de la «durabilité sociale ». Trop souvent, l'inclusion productive a concentré toute l’attention, limitant ainsi les efforts réalisés pour s’attaquer aux facteurs structurels qui causent et perpétuent l'exclusion et la marginalisation, qu’ils soient liés au genre, aux processus politiques, aux droits de propriété des pauvres, ou à d’autres telles questions.

    Le développement inclusif doit s'appuyer sur des « technologies sociales », telles qu’innovations politiques et véritable engagement, promouvant de façon claire un État représentatif fort et les rôles complémentaires de la société civile et du secteur privé dans la définition et la réalisation d'un développement socialement durable.

    Croissance, équité et durabilité sont mutuellement compatibles, pour autant que les efforts entrepris bénéficient de suffisamment de temps et de ressources, portent sur les causes structurelles sous-jacentes, et encouragent la participation vigoureuse des populations pauvres en leur donnant la possibilité de définir leur avenir. Ce qui suit met en exergue la complexité de l’inclusivité en tant que résultat du développement et met en lumière l’action audacieuse entreprise dans et par le Sud de la planète. Face aux convulsions politiques, aux évolutions économiques mondiales, à l’inexorable changement climatique et à la pauvreté obstinée qui caractérisent notre époque, nous avons plus que jamais besoin de stratégies bien informées et catalytiques.

    À vous la parole : Que signifie pour vous le développement durable ?   


A propos de l'auteur

Olav Kjørven est l'Assistant du Secrétaire général et le Directeur du Bureau des politiques de développement du PNUD.

 

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