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Libérer les pays en développement de la violence armée

31 oct. 2011

Au cours des deux prochains jours, la violence armée coûtera la vie à plus de 3000 personnes à travers le monde.

Le coût économique de la violence donne à réfléchir. La violence sape littéralement le développement — elle détruit les moyens de subsistance, saccage les infrastructures, réduit les investissements directs étrangers, retarde la croissance économique et entrave la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement. Dans de nombreux pays, des ressources publiques qui pourraient bénéficier à l’éducation et à la santé sont investies dans le maintien de l’ordre.

Comme toujours, la question est la suivante: « Que peut-on faire? »

En comprenant les sources de violence et en s’y attaquant, en investissant dans la prévention, dans les capacités d’alerte immédiate et d’intervention rapide, nous pourrons éviter les conflits et la violence tout en sauvant des vies et en économisant des ressources.

L’éducation peut jouer un rôle important dans la prévention des conflits et de la violence.  Dans les pays où le taux de scolarité est élevé, les taux de violence sont généralement faibles; de même, les enfants privés d’éducation risquent davantage de prendre le chemin des conflits. L’éducation doit faire partie intégrante de tout effort visant à s’attaquer à la violence.

Nous savons aussi que la violence est souvent le symptôme d’une crise de la légitimité, et plus généralement dans le contexte des relations entre État et société. Un monde plus juste et plus équitable est un monde caractérisé par la stabilité et la sécurité. Les événements récents dans les États arabes nous rappellent que l’exclusion économique associée à l’exclusion politique peut dégénérer en une situation explosive. Le partage des richesses aboutit non seulement à la prospérité des sociétés et des nations, mais aussi à une violence moindre. L’inégalité et la violence sont indissociables. Pour désamorcer les cycles de violence et de désespoir, il faut bien comprendre les besoins de ceux qui sont dans l’insécurité, mais avoir aussi les outils nécessaires et la volonté politique.

À la suite d’un certain nombre d’initiatives prises partout dans le monde, notamment la Déclaration de Genève sur la violence armée et le développement, les pays prennent de plus en plus des mesures pour s’attaquer aux conditions qui conduisent à la violence armée, soit en améliorant le maintien de l’ordre et l’accès à la justice, soit en mettant au point des systèmes éducatifs qui encouragent l’inclusion, la tolérance et la citoyenneté.  Les efforts entrepris vont bien plus loin que le contrôle des armes légères ou l’aide aux moyens coercitifs communautaires, même si ceux-ci sont essentiels. Ils portent maintenant sur les inégalités de revenu et le chômage structurel et visent en outre à assurer l’enseignement universel. Cela ne peut être réalisé que si les moyens sont à la portée de tous et si les conflits sont  gérés.

Il importe de comprendre ce qui alimente la violence et d’incorporer des cibles de réduction de la violence dans les stratégies de développement. On ne peut réduire la violence armée que si on apporte simultanément développement, État de droit et cohésion sociale. À cette fin, le PNUD a acquis une expérience pratique partout dans le monde durant ces dix dernières années en mettant au point et en appliquant des stratégies de réduction de la violence et de consolidation de l’État de droit. Nous travaillons aussi avec quelques organismes des Nations Unies dans le cadre de programmes communs qui font appel à divers domaines de compétences, par exemple en matière de santé, de développement urbain et de désarment, afin de porter l’impact et la cohérence de nos interventions à un niveau aussi élevé que possible.

Parlez-nous : Que peut-on faire encore pour réduire la violence dans les pays en développement?