• Côte d’Ivoire : sur la voie du relèvement

    28 sept. 2011

    Personnes déplacées en Côte d'Ivoire.
    Personnes déplacées en Côte d'Ivoire. Photo ONU/Eskinder Debebe

    Depuis la réouverture du bureau du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en Côte d’Ivoire il y a quatre mois, nous sommes à pied d’œuvre avec des ONG le long de la frontière ouest avec le Libéria. Notre tâche consiste à porter assistance aux populations de retour après leur déplacement à l’intérieur du pays en raison de la crise politique engendrée par les élections contestées du mois de décembre 2010.

    Suite à la réhabilitation de pompes à eau et au traitement d’une centaine de puits, plus de 20 000 personnes bénéficient maintenant d’un meilleur accès à l’eau. Près de 5 000 jeunes s’investissent dans des activités génératrices de revenus soutenues par le PNUD, dans les secteurs de l’agro-industrie et du petit commerce entre autres.

    Cependant, la réinsertion de centaines de personnes déplacées n’est pas l’unique défi auquel les Ivoiriens doivent faire face : la reconstruction d’une relation de confiance parmi la population, la restauration de la sécurité et d’un état de droit sont aussi des impératifs urgents. L’économie du pays, qui a toujours été l’une des plus fortes de l’Afrique de l’ouest, a elle aussi été mise à mal.

    Le gouvernement, l’ONU, ainsi que leurs partenaires locaux, ne peuvent pas affronter ces défis seuls, et les manques qui affectent le pays sont conséquents. Au 22 septembre, le Plan d’action humanitaire d’urgence pour la Côte d’Ivoire et les pays voisins touchés par la crise était financé à 28 %, ce qui correspond à une somme de 81 millions de dollars sur les 291 millions de dollars nécessaires.

    L’objectif principal du PNUD sera de soutenir le gouvernement dans sa tâche de restauration de la sécurité et des institutions de gouvernance, ainsi que d’aider à trouver des solutions qui permettront la création d’emplois pour les millions de jeunes du pays, dans les villes tout comme dans les campagnes.

    Dans le cadre de la stratégie pour la réhabilitation socio-économique des communautés locales, nous porterons également attention à la lutte et à la gestion des conflits au niveau local, et notamment à la restauration et à la reconstruction du secteur de la police et de la sécurité, mais aussi à la provision d’un meilleur accès à la justice.

    On a coutume de dire que « lorsque la Côte d’Ivoire tousse, la sous-région toute entière prend froid ». C’est dire que peu importe que les affaires soient au beau fixe ou non, les évènements du pays entraineront une réaction en chaîne généralisée tant aux niveaux humain et économique qu’en termes de sécurité.

    Les enjeux sont donc énormes et les défis immenses.

    Les années de crise ont ralenti les progrès significatifs vers les objectifs du Millénaire pour le développement. Le taux de pauvreté est en hausse : il est passé de 38,4 % en 2002 à 48,9 % en 2008, alors que l’objectif pour 2015 était de le ramener à 16 %. Le taux de mortalité juvénile baisse, mais pas assez vite, et la malaria reste l’une des principales causes de mortalité.

    La déforestation demeure un problème alarmant. Les forêts, dont la couverture en 1960 représentait 16 millions d’hectares du territoire, ne recouvrent plus, à l’heure actuelle, que 3 millions d’acres de la superficie totale du pays.

    Mais le potentiel du pays n’en demeure pas moins considérable.

    La Côte d’Ivoire est le premier pays exportateur de cacao au monde et le premier pays producteur de noix de cajou en Afrique. C’est un pays de passage pour les habitants en provenance des pays limitrophes enclavés et un producteur net de pétrole qui dispose d’une industrie de transformation significative.

    Les Ivoiriens se relèvent déjà, et il est important que la communauté internationale continue à se préoccuper de l’état du pays à cette heure critique.

    André Calvalho, Directeur pays du PNUD, Côte d’Ivoire