• Que réserve l’avenir au pays le plus jeune du monde ?

    08 juil. 2011

    Femmes soudanaises qui votent lors du référendum de janvier 2011
    Femmes soudanaises qui votent lors du référendum de janvier 2011. Photo: PNUD

    Le 9 juillet, le Soudan du Sud est appelé à devenir le plus jeune pays indépendant de la planète.

    Cet événement est le résultat d’un référendum de janvier de cette année qui a été suivi de près et lors duquel près de 99 % des Sud-Soudanais ont voté pour une sécession.

    Le référendum était l’une des principales stipulations de l’Accord de paix global de 2005 qui a mis fin à des décennies de guerre civile entre le Nord et le Sud.

    Et avec l’indépendance vient la partie la plus ardue : construire un nouvel État à partir de rien.
    Les statistiques sont peu encourageantes; lorsque l’accord de paix a été signé il y a 6 ans, il y avait moins de 20 km de routes asphaltées dans une zone plus grande que l’Angleterre et la France réunies. Plus de 90 % de la population vivait avec moins de 1 dollar par jour, moins de 20 % des enfants avaient la possibilité d’aller à l’école et moins de 30 % avaient accès à des services sanitaires.

    Comment un gouvernement peut-il fournir des services publics lorsque moins de 5 % de ses fonctionnaires ont un diplôme universitaire, que beaucoup ont de grandes difficultés à communiquer en anglais – la langue utilisée par les autorités – et qu’une grande partie de l’administration locale n’est toujours pas dotée d’une infrastructure de base – bureaux, électricité et équipement informatique?  
    Pourtant, il y a de véritables signes d’espoir.

    Divers programmes ont été lancés depuis 2005 pour rendre les services publics fournis par les autorités plus professionnels, renforcer la gestion des ressources publiques, améliorer l’état de droit et la sécurité des collectivités – programmes qui constituent la pierre angulaire de tout État fonctionnel. Les capacités nécessaires à la fonction publique sont en train d’être créées et un nouveau cadre d’hommes et de femmes éduqués mettent en place les fonctions principales d’une bonne gouvernance.

    Le Ministère des finances de l’Équatoria central est juste en face du bureau du PNUD à Juba. Lorsque nous sommes arrivés, de nombreux fonctionnaires étaient incapables de s’acquitter des tâches les plus simples. Nous y avons placé deux conseillers qui devaient veiller à ce que l’institution fonctionne correctement et guider les fonctionnaires d’État dans la planification budgétaire. Le budget de cette année, établi par le Ministère, a déjà été approuvé par le Parlement.

    Nous avons maintenant des spécialistes financiers qui travaillent dans tous les dix États du Soudan du Sud. Il y trois ans, il y avait encore des États qui n’avaient jamais eu de budget, alors que cette année les dix États en ont un.

    Un ministère des finances fonctionnel et responsable est un élément de base de tout gouvernement. Si le ministère est incapable d’affecter des ressources pour payer les traitements des enseignants, élaborer des programmes scolaires ou entretenir les écoles, le système éducatif ne peut pas fonctionner.

    De même, il importe de mettre en place les structures qui favoriseront l’état de droit, aideront à créer la confiance dans le nouvel État et veilleront à ce que les services de base soient fournis sans faille.

    Au PNUD, nous avons apporté une aide pour la formation des agents de police et la construction de nouveaux postes de police, de tribunaux et d’établissements de correction dans tous les États du Soudan du Sud.

    Nous travaillons aussi avec les populations locales pour recenser leurs priorités en matière de développement; nous les aidons à exprimer leurs besoins auprès des autorités, qui peuvent à leur tour affecter les ressources comme il convient.

    Mais il reste encore beaucoup à faire; nous continuerons à épauler les habitants du Sud-Soudan dans leur transition vers l’indépendance, et nous nous efforcerons de construire un État solide, stable et efficace.

    Prenez contact avec nous : Quel message voulez-vous adresser au peuple du Sud-Soudan en ce moment historique, alors qu’il célèbre la naissance de sa nouvelle nation?

    Par George Conway, Chef adjoint de bureau, PNUD Sud-Soudan/ PNUD Sud-Soudan


A propos de l'auteur
George

George Conway est le Chef adjoint de bureau, au PNUD Soudan du Sud.

Nos priorités au Sud Soudan

Fournir un soutien au gouvernement en intégrant du personnel professionnel au sein des organes gouvernementaux.

Faciliter la mise en place des fonctions de gouvernance de base, et apporter une contribution au Plan stratégique de développement du Sud Soudan.

Améliorer l'accès à la justice et le développement de l'état de droit, y compris le Ministère des affaires juridiques et du développement constitutionnel, la magistrature, la police et les services pénitentiaires, la Commission pour les droits de l'homme au Sud Soudan et la Commission anti-corruption.

Renforcer les structures de gouvernance prioritaires, le Bureau du Président, le Ministère des Affaires Présidentielles et le Ministère des affaires parlementaires.

Réduire le risque de crises et conflits futurs en renforçant la sécurité et l'infrastructure communautaire , la réduction et le contrôle des armes légères tout en soutenant le développement économique.

Permettre au gouvernement de planifier, contrôler, évaluer et mettre en œuvre des initiatives de réduction de la pauvreté grâce à une meilleure gestion financière et la collecte de données socio-économiques tangibles.

Lutter contre le VIH / sida, le paludisme et la tuberculose au travers d'initiatives communautaires.

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