Notre perspective

      • Trois leçons pour mieux planifier le relèvement des Philippines

        18 déc. 2013

        image
        Dans les environs de Tacloban, même des bâtiments bien conçus ont subi de graves dégâts (Photo: PNUD aux Philippines)

        Arrivé à Manille quelques jours seulement après le passage du typhon Haiyan, je me suis demandé d'entrée  de jeu à quoi servait notre présence dans le pays. Comme nous l’avons si souvent souligné, les Philippines sont l'un des pays les mieux préparés aux catastrophes naturelles dans la région, étant donné les systèmes d'alerte précoce et d’intervention d'urgence impressionnants dont il dispose. Pourquoi Haiyan a-t-il causé tant de dégâts dévastateurs et comment éviter de telles catastrophes à l’avenir ? Tout d’abord, j’ai constaté à quel point l’ampleur des dégâts et le nombre de victimes causés par la tempête varient considérablement d’une région à l’autre du pays. À Guiuan par exemple, le nombre de victimes ne représente environ qu’un dixième du bilan enregistré dans d'autres régions, alors que cette ville a elle aussi été balayée par des vents soufflant à des vitesses similaires. Le faible nombre de décès dans cette ville ne peut être le simple fait du hasard ; il serait directement dû à l’intervention rapide et efficace des autorités locales. Une deuxième observation est la transition rapide de la phase des secours à celle du relèvement. Il y a urgence, certes,mais il ne suffit pas de reconstruire rapidement, il faut  reconstruire  Voir

      • La violence contre les femmes est inacceptable et peut être évitée

        16 déc. 2013

        Antonio Banderas, Ambassadeur de bonne volonté du PNUD, appelle à en finir avec la violence faite aux femmes.

        Trois femmes sur dix dans le monde ont été victimes de violence physique et/ou sexuelle exercée par un partenaire intime. Les conséquences de la violence sur la santé des femmes sont plus importantes que celles des accidents de la route et du paludisme réunis ; la violence à l’égard des femmes impose un lourd tribut à la société et entrave le développement. À ce jour, nos efforts ont essentiellement consisté à mettre un terme à l’impunité des auteurs de la violence et à fournir des services complets à l'intention des victimes/survivantes — il s’agit d’initiatives cruciales dont la mise en œuvre doit être accélérée. Cependant, des efforts supplémentaires sont également requis pour prévenir la violence sexiste. Pour élaborer des politiques et des programmes de prévention ainsi que des plaidoyers efficaces, il est important de comprendre les principaux facteurs de risque de violence chez certains hommes. Nous contribuons à ces efforts en investissant dans la recherche ciblée, comme l’Étude multipays des Nations unies sur les hommes et la violence menée en partenariat avec ONU Femmes, le Fonds des Nations unies pour la population et les Volontaires des Nations unies. L’étude, menée auprès de 10 000 hommes, a révélé que près de la moitié  Voir

      • Lutte contre la corruption : de la transparence à la responsabilisation

        13 déc. 2013

        image
        Une étudiante en design participe à un concours de dessin pour la journée anti-corruption au Soudan. (Photo: Syed Haider / PNUD Soudan)

        La corruption constitue un obstacle majeur au développement durable : elle détourne les investissements privés et publics des besoins les plus urgents, fait grimper les coûts, et fausse la répartition des ressources. Ce constat était au cœur de la Journée internationale de lutte contre la corruption célébrée le 9 décembre dernier ainsi que de la 5e Conférence des États parties à la Convention des Nations Unies contre la corruption à laquelle j’ai participé récemment à Panama. La lutte contre la corruption est l’un des domaines de travail liés à la gouvernance démocratique dans lequel nous avons enregistré le plus de progrès. Selon les estimations de la Banque mondiale, ce fléau peut coûter à un pays jusqu'à 17 % de son PIB. Si seulement 10 % de cet argent était investi dans le développement, l’impact sur la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement avant l’échéance de 2015 serait considérable. Dans l’enquête mondiale MYWorld, plus de 1,5 million de personnes ont fait d’un « gouvernement réactif et honnête » l’une de leurs principales priorités pour un monde meilleur. Un consensus se dégage aujourd’hui autour de l’importance de l’intégrité, de la transparence et de la responsabilisation pour lutter contre la pauvreté, les  Voir

      • Une vie digne pour tous | Mandeep Dhaliwal

        10 déc. 2013

        image
        Le service d'assistance juridique pour les patients atteints du VIH au Centre Daytop de désintoxication et de traitement des toxicomanies à Yunnan, en Chine. ©PNUD

        La réponse au sida a indubitablement fait de grands progrès. Les chiffres nous montrent que le taux global de nouvelles infections est en baisse. Ce n’est pas le cas, cependant, des populations généralement exclues comme les homosexuels, les hommes et les femmes qui consomment des drogues injectables, les travailleurs du sexe et les transgenres. Dans ces groupes, le VIH est en hausse, et ceci de façon préoccupante. Ainsi, à Bangkok, la prévalence du VIH chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes est passée de 11 pour cent en 2003 à 29 pour cent en 2011, et une étude des données disponibles dans quinze pays a révélé que plus de 19 pour cent des femmes transgenres vivent avec le VIH. En outre, les investissements dans les services de santé publique destinés à ces populations sont à l’évidence insuffisants, alors qu’elles sont touchées de façon disproportionnée par le VIH.  Marginalisation sociale, stigmatisation et violations des droits de l'homme, telle est la réalité que vivent les groupes exclus partout dans le monde, et ces phénomènes aggravent leur vulnérabilité face au virus. De plus, chez les personnes vivant avec le VIH, les membres des groupes typiquement marginalisés se heurtent davantage à la  Voir

      • Les quotas de femmes en politique : mythes et réalités

        09 déc. 2013

        image
        Femmes parlementaires au Salvador

        Au plan mondial, les parlements ne comptent encore que 21,4 pour cent de membres de sexe féminin. Et même si l’Amérique latine a plus de 24 pour cent de femmes parlementaires (l’un des pourcentages les plus élevés au monde), la région a encore bien du chemin à faire pour arriver à la parité des sexes. Le fait d’imposer des quotas est une idée née en Europe qui s’est rapidement propagée sur d’autres continents. Cette mesure temporaire a permis de renforcer la participation politique des femmes lorsqu’elle a été adoptée pour encourager les partis politiques à nommer un pourcentage minimum de femmes. Il peut s’agir d’une décision des partis eux-mêmes ou d’une mesure légale qui impose à ceux-ci d’inscrire un certain nombre de candidates sur leurs listes. Certains mythes persistent, cependant :   Mythe 1 : « Les quotas sont en contradiction avec le principe de l’égalité devant la loi. » Cet argument se fonde sur l’hypothèse qu’hommes et femmes bénéficient réellement des mêmes opportunités pour se présenter aux élections. Mais il est loin de refléter la réalité. Dans de nombreux pays, les femmes peuvent voter mais ne peuvent se faire élire. Il est prouvé dans les faits qu’hommes et femmes n’ont  Voir

      • L'égalité des sexes au travail, une priorité absolue pour le développement

        02 déc. 2013

        image
        Au Togo, où seuls les hommes peuvent hériter, une femme laboure la terre. ©PNUD Togo

        « L'avenir est sombre pour nous, petites exploitantes agricoles », a indiqué une organisation togolaise lors de l'enquête Le monde que nous voulons, relative aux prochains objectifs de développement. Comme le veut la coutume locale, disent-elles, « Seuls les hommes héritent de la terre, même si les femmes font l'essentiel des travaux champêtres. Ainsi, nous restons dépendantes des hommes, sous le joug de la pauvreté. » Les lois discriminatoires font partie des nombreux obstacles à la participation économique des femmes. Normes sociales, absence d'autonomie et accès limité aux ressources constituent autant de facteurs bloquants, et le coût est colossal, surtout dans les pays pauvres et émergents. Les inégalités entre les sexes n'épargnent aucun continent ou secteur. Productivité plus faible, parcelles plus petites et cultures moins rentables sont généralement le lot des cultivatrices. Pour les femmes salariées, ce sont les emplois temporaires ou à temps partiel et les faibles chances d'avancement. Au Mexique et au Honduras, les femmes représentaient 70 pour cent des licenciements liés à la crise économique mondiale. Dans les économies avancées, les femmes gagnent 16 pour cent de moins que les hommes, y compris à poste égal, et sont moins présentes aux postes de responsabilité et dans l’entreprenariat. L'élimination de ces inégalités  Voir

      • Le rôle central de l’accès à l’énergie moderne pour un meilleur avenir

        27 nov. 2013

        image
        Réchauds à faible consommation d'énergie en vente à Kampala, Ouganda.Photo

        Atteindre les 1,3 milliards de personnes qui n’ont pas accès à l’électricité et les 2,6 milliards de consommateurs qui n’ont pas accès à des modes de cuisson peu polluants est un défi majeur pour le développement humain, mais aussi une formidable opportunité pour les entreprises et les investisseurs. Comment faire progresser ce marché? Nouer et appuyer davantage de partenariats pour élargir le champ d’action? Quel rôle peuvent jouer les organisations internationales pour faire progresser l’agenda en matière d’accès à l’énergie ?   Nos expériences combinées peuvent catalyser ce mouvement et permettre d’offrir une plus large gamme de produits et de services énergétiques de qualité, à des prix abordables, à ceux qui sont tout en bas de la pyramide.   C’est précisément ce que cherche à faire l’initiative mondiale CleanStart, financée conjointement par l’UNCDF et le PNUD, en offrant aux ménages pauvres des possibilités de micro-financement pour accéder rapidement à l’énergie propre. Au Népal, où 87,1 pourcent de la population dépendent toujours de biocombustibles traditionnels pour faire la cuisine et se chauffer, $1,3 millions ont été investis sur quatre ans  (2012-2015) pour développer le micro-financement à grande échelle, afin de permettre aux populations pauvres d’accéder à des formes énergétiques plus propres et  Voir

      • Combattre les violences faites aux femmes et aux filles : une priorité absolue

        25 nov. 2013

        image
        La campagne « Tous unis pour mettre fin à la violence à l'égard des femmes » vise à prévenir et éliminer la violence à l'égard des femmes et des filles dans toutes les parties du monde.

        Cette journée nous rappelle que les femmes continuent de subir des violences dévastatrices généralisées, qui tuent autant de femmes de 15 à 44 ans que le cancer. Du Chili, où les violences entre partenaires grèveraient le PIB de 2 %, aux États-Unis, où le coût des violences domestiques est estimé à plus de 12,6 milliards de dollars par an, les violences faites aux femmes imposent un lourd tribut aussi bien aux victimes qu'à la société. C'est dans un environnement sûr et paisible que la femme peut participer efficacement à la vie économique et sociale. Un tel cadre, propice à la nutrition, la santé et la scolarité des enfants, permet de vaincre la pauvreté et de réduire les inégalités. Il est essentiel d'améliorer l'accès des femmes à la justice et à l'assistance judiciaire. Dans des pays comme la République démocratique du Congo, nous aidons à renforcer le secteur judiciaire pour permettre de juger les nombreux cas de viol et de violence commis par des combattants. L'impunité des auteurs de tels actes doit cesser. Pour s'attaquer aux violences sexuelles et sexistes, il est important de comprendre les attitudes et valeurs sous-jacentes qui les perpétuent. En Asie-Pacifique, 10 000 hommes ont été interrogés dans le cadre d'un  Voir

      • Le Yémen doit miser sur la jeunesse pour 
réussir sa transition politique

        22 nov. 2013

        image
        Plus de 73 pour cent des jeunes en âge de travailler sont sans emploi au Yémen. Notre projet pour l'autonomisation économique de la jeunesse aide des milliers de jeunes hommes et femmes à trouver un emploi et créer de petites entreprise. ©PNUD Yémen

        Le Yémen est aujourd’hui confronté à une véritable explosion démographique : le pays détient l’un des taux de fécondité les plus élevés au monde (5,4 enfants par femme) et près d’un quart de la population est âgé de 10 à 19 ans, dont 46 pour cent ont moins de 16 ans. Dans un tel contexte, il est difficile d’envisager une transition réussie sans tenir compte de la participation des jeunes et de leurs contributions pour façonner l'avenir. Cependant, l’investissement dans les ressources humaines du pays reste faible — sur une population majoritairement rurale estimée à 25 millions d’habitants, près de 50 pour cent sont analphabètes, plus de 40 pour cent  « ont faim ou sont menacés par la faim », et 73,3 pour cent de jeunes en âge de travailler sont au chômage. Une étude récente sur l’évaluation des besoins des jeunes à ce tournant décisif de l’histoire de leur pays a révélé que les jeunes Yéménites ne reçoivent pas l'attention qu'ils méritent et qu’ils manquent de cadres propices à la créativité et d’opportunités pour développer leurs talents scientifiques, culturels et techniques. La pauvreté chronique, les inégalités sociales et le manque de débouchés figurent également parmi les facteurs qui causent et alimentent  Voir

      • Pays en crise : une nouvelle approche pour reconstruire l'avenir

        08 nov. 2013

        image
        Jean-Marie, 42 ans, dans son salon de coiffure alimenté par des panneaux solaires au Burundi. Photo: Aude Rossignol/ PNUD au Burundi

        Dans le monde, 1,5 milliard de personnes vivent dans un endroit touché par un conflit ou par la violence. Elles attendent, souvent depuis des décennies, mieux qu’une simple trève dans leur quotidien de mort et de destruction. Tout au long de mes 20 ans de carrière auprès des Nations Unies, j'ai vu beaucoup de conflits prendre fin. Le Libéria a ainsi récemment fêté une décennie de paix durable. Cependant, les pays retombent souvent dans la violence et le chaos parce que les causes économiques, sociales et politiques sous-jacentes ne sont pas traitées de façon adéquate. Si les bailleurs de fonds et les organisations adoptaient une vision à plus long terme des conflits et des crises, et continuaient de se concentrer sur des objectifs de développement durable après la réponse humanitaire immédiate, ils pourraient aider à prévenir la violence récurrente et à éradiquer les sources de conflit. Au sein des communautés, cela signifie qu’il faut réintégrer les personnes déplacées par les conflits et les ex-combattants, et offrir aux jeunes des compétences en vue d’un futur emploi. Cela peut aider les participants à mettre de côté leurs différends, à reconstruire les communautés détruites et à créer de nouvelles entreprises. Notre expérience au Burundi  Voir

L'Administrateur du PNUD
Helen

Helen Clark a pris ses fonctions d'Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement le 20 avril 2009. Elle est la première femme à assumer la direction de l’organisation et assure également la présidence du Groupe des Nations Unies pour le développement.

Pour en savoir plus