Notre perspective

      • Le sens de l'éthique, un bon investissement ?

        06 août 2013

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        Un récent article du Wall Street Journal intitulé « Est-ce que l’éthique paye ?» soulevait la question suivante : « Les consommateurs sont-ils redevables envers les entreprises socialement responsables ? ». Bien que le PNUD soit une organisation à but non-lucratif, il est tout à fait légitime de se poser la question. La réponse est oui. Sans la moindre équivoque. Avoir le sens de l’éthique paye. Faire preuve d’un haut sens moral et éthique, c’est donner des gages de confiance en notre capacité à fournir des résultats. Quand la confiance s’instaure, les donateurs sont davantage disposés à s’engager et les gouvernements locaux davantage disposés à travailler avec nous. La promotion d’une culture d’intégrité au sein de l’organisation permet d’inculquer un sens moral à chaque membre du personnel. Valeur fondatrice de notre organisation, l’intégrité guide les comportements des membres du personnel ainsi que les prises de décisions. D’un autre côté, est-ce que le manquement à l’éthique peut coûter cher ? Absolument. Tous les jours,  la presse fait état d’entreprises faisant face à des amendes et en banqueroute. Les Nations Unies sont également en ligne de mire. Les pays donateurs réduisent déjà leurs contributions. Si un scandale venait à éclater, les donations se tariraient,  les projets s’arrêteraient et de nombreux  Voir

      • La nature changeante des conflits doit se refléter dans le prochain programme de développement

        02 août 2013

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        Les habitants du Somaliland ont dû se déplacer à cause de la sécheresse ou des conflits. (Photo: Stuart Price / Photo ONU)

        Depuis la création des Nations Unies en 1945, la communauté internationale s’est mobilisée pour mettre fin aux conflits entre états. Mais en 2013, la nature des conflits a changé. Aujourd’hui, le nombre de conflits armés qui entraînent chaque année la mort de milliers de personnes a fortement diminué. Plus de 526 000 personnes meurent encore chaque année, un bilan imputable en majorité aux affrontements internes et non plus aux guerres entres les différents états. Des nouvelles formes de conflits violents  ont remplacé les guerres traditionnelles, qu’il s’agisse des violences intercommunautaires comme en République démocratique du Congo, en Somalie, et en Syrie ; et des violences liées au crime, comme dans de nombreuses régions d’Amérique latine et des Caraïbes. Aujourd’hui, pour chaque mort provoquée par une guerre « officielle », il y a neuf blessés à cause de la violence perpétrée par les gangs et la criminalité.  La violence compromet la lutte contre la pauvreté, affecte les communautés et rend les femmes et les filles plus vulnérables aux abus. Alors que les dirigeants du monde s’apprêtent à discuter du nouveau programme qui prendra la relève des objectifs du Millénaire pour le développement après 2015, il nous faut en priorité prendre acte du changement de nature  Voir

      • Je vous défie de terminer ce paragraphe sur la paix…

        29 juil. 2013

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        Au Kenya, le PNUD a lancé le crowdsourcing pour la prévention des conflits lors du référendum constitutionnel du pays en 2010. Un service de SMS sans frais a permis aux habitants de signaler les menaces, auxquelles la société civile et la police ont pu répondre. Le référendum se déroula sans violence. (Photo: PNUD Kenya)

        « Le PNUD a pour mission principale de renforcer les capacités nationales pour le développement. Sur cette base, le concept d'« infrastructures pour la paix » guide l'appui du PNUD aux pays pour évaluer et apporter une solution à leur vulnérabilité structurelle. Les « infrastructures pour la paix » peuvent se définir comme le réseau de structures, de mécanismes, de ressources, de valeurs et de compétences interdépendants qui, par le dialogue et la concertation, contribuent à prévenir les conflits et à consolider la paix au sein d'une société ». Vous suivez ? Félicitations ! Vous êtes sans doute le/la seul(e).  Mon intention, en vous présentant l’intégralité de cette déclaration, est facétieuse mais aussi délibérée : trop souvent, le jargon complique des activités de développement qui sont non seulement d'une importance capitale, mais aussi très simples en réalité. Le concept d'« infrastructures pour la paix » en est un exemple. Quoi de plus important pour un pays en conflit que de donner au gouvernement, à la police, aux groupes et factions rivaux les compétences nécessaires pour discuter en paix ? Autrement dit, apporter aux communautés les ressources et l'appui nécessaires pour négocier et résoudre les conflits, analyser les risques de recrudescence et être alertées à temps afin d'intervenir rapidement. Exemples : -  Au Lesotho en  Voir

      • Démocratie et élections : 10 choses à savoir

        26 juil. 2013

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        Les autorités de maintien de la paix surveillent le référendum de 2010 à Nairobi, au Kenya. (Photo: PNUD Kenya)

        Cela va sans doute vous paraitre un peu étrange mais j’aimerais retranscrire en blog les résultats d’un graphique (PDF) publié récemment par l’Institut du développement de l’outre-mer qui illustre remarquablement 10 points fondamentaux sur les élections et la démocratie. En voici le résumé : 1.     Aujourd’hui, la plupart des pays sont des démocraties. Fin 2001, les seuls pays considérés comme des autocraties étaient : l’Azerbaïdjan, le Bahreïn, la Biélorussie, la Chine, Cuba, l’Erythrée, l’Iran, le Kazakhstan, le Koweït, le Laos, la Corée du Nord, l’Oman, le Qatar, l’Arabie Saoudite, le Swaziland, la Syrie, le Turkménistan, les Emirats Arabes Unis, le Vietnam et l’Ouzbékistan. 2.     Un peu plus d’un sur trois vivent sous le joug de régimes autoritaires (mais plus de la moitié d’entre eux sont en Chine). 3.     Le processus électoral est quasiment devenu universel, des élections ont lieu dans tous les pays dont la population dépasse les 500 000 habitants à l’exceptions de 5 d’entre eux : la Chine, l’Erythrée, le Qatar, l’Arabie saoudite, les Emirats Arabes Unis. 4.     La plupart des dirigeants africains ont été remplacé par les urnes et non par les armes : alors que dans les années 1960 et 1970, environ 75% des dirigeants africains étaient délogés par la violence (coup d’état,  Voir

      • Mesurer les attentes des jeunes d’Amérique latine

        22 juil. 2013

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        2 jeunes sur 3 en Amérique latine voient l'avenir d'un oeil optimiste. Photo: Wim Bouden / PNUD Pérou

        Les jeunes Latino-Américains qui sont descendus dans la rue récemment nous poussent à comprendre leurs demandes et à résoudre les problèmes persistants que connaissent nos sociétés, à commencer par les inégalités. Ces manifestations sont aussi l’occasion de repenser la gouvernance démocratique au 21e siècle, à l’ère numérique où le militantisme fleurit dans les médias sociaux. De telles mobilisations nous font comprendre que les jeunes veulent participer activement au développement de leur société. La première enquête ibéro-américaine auprès des jeunes, lancée le 22 juin à Madrid, montre que les jeunes d’Amérique latine, du Portugal et d’Espagne s’attendent à voir leur participation augmenter au cours des cinq prochaines années. Les institutions doivent leur fournir des espaces officiels à cet effet ou les manifestations deviendront le moyen le plus efficace de se faire entendre pour ces jeunes, et la région laissera passer une occasion d’améliorer la qualité de sa gouvernance démocratique. L’enquête lance également le premier Indice des attentes des jeunes, basé sur notre expérience dans la production d’indices du développement humain. Cet indice reflète les perceptions et les valeurs subjectives des jeunes en matière de droits sociaux, économiques et politiques. Le message reçu est le même que celui scandé par les jeunes dans  Voir

      • L’État de droit, garant des acquis du développement

        19 juil. 2013

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        12.000 policiers ont reçu une formation de base en Somalie. Photo: PNUD Somalie

        Pour la première fois dans l’histoire, il est possible d’envisager l’éradication complète de la pauvreté. Depuis douze ans, le nombre de personnes vivant dans l’extrême dénuement  recule dans toutes les régions du monde en développement. Il reste toutefois des considérables défis à relever dans le domaine du développement humain marqué par des inégalités croissantes au sein même des pays. Mauvaise gouvernance, situation sanitaire précaire, éducation de faible qualité, changement climatique et dégradation de l’environnement sont autant de facteurs contributeurs. L’état de droit est essentiel pour contrer les menaces aux progrès du développement humain. Aucun pays en situation de conflit ou fragile n’a atteint les objectifs du Millénaire pour le développement. Une sécurité et un système judiciaire efficaces sont essentiels pour assurer la sortie de situations post-conflictuelles et prévenir les crimes violents. De plus, l’état de droit comme principe de gouvernance est garant de l’égalité devant la loi, de la responsabilisation et de l’équilibre des pouvoirs, ce qui se traduit par moins d’abus d’autorité et de corruption. Il est évident que les rapports entre état de droit et développement humain sont complexes et multiformes. Pour l’après-2015, nous devons établir des objectifs et des indicateurs tangibles, propices à des initiatives politiques et sociales  Voir

      • Les États peuvent-ils autonomiser les pauvres ? Donnez votre avis

        17 juil. 2013

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        Les services bancaires par téléphonie mobile ont permis à 450 000 habitants de cinq pays du pacifique d’utiliser un système meilleur marché et plus sûr que les transactions en numéraire. Ces modes de paiement et d’épargne peu coûteux accroissent l’accès des pauvres aux services financiers.

        Je suis en train de rédiger un article sur comment les pouvoirs publics peuvent promouvoir l'autonomisation des pauvres. Clair et précis, donc, mais aussi ambitieux/courageux/dingue selon le point de vue, et je compte sur la contribution des lecteurs. Procédons par ordre. C'est un texte sur les pouvoirs publics et l'action de l'État. Donc, il n'est pas question d'agences humanitaires, d'institutions multilatérales ni  d'ONG, sauf pour un rôle secondaire. Il ne s'agit pas non plus de l'État-problème : je m'intéresse plutôt aux impacts positifs obtenus grâce à l'action de l'État. L'idée, c'est à la fois de recueillir des exemples de réussite et d'échec et de décrire globalement ce qui marche, quand et pourquoi. Voici où j'en suis : Il y a autonomisation lorsque des individus et des groupes organisés sont en mesure d'imaginer un monde différent et de concrétiser cette vision en modifiant les rapports de force qui les maintiennent dans la pauvreté. La littérature actuelle propose une parfaite harmonie, avec un modèle à « trois pouvoirs », que notre Jo Rowlands a été le premier à préconiser (je crois). D'après cette perception, le pouvoir des groupes et individus exclus peut se décliner sous trois formes simples : - le pouvoir intrinsèque (être conscient de ses droits,  Voir

      • Rien ne menace plus l’avenir que la dette du passé

        15 juil. 2013

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        La formation de la police et de l'Unité de développement de la Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM) consiste en une formation de 2 semaines dans les enquêtes criminelles l'Académie générale de police de Kaahiye. (Photo: Tobin Jones / ONU)

        Le principe de « complémentarité » inscrit dans le Statut de Rome de la Cour pénale internationale donne priorité aux systèmes de justice nationaux la quant à l’engagement de poursuites pour crimes internationaux graves. Chaque fois que possible, les crimes internationaux doivent être jugés par des tribunaux nationaux, puisque cela renforce l’appropriation nationale, la légitimité et la confiance dans le système de justice. La justice transitionnelle n’est pas un type « particulier » de justice, mais une approche pour obtenir justice en périodes de transition après un conflit et/ou une répression de la part de l’État. A l’occasion de la Réunion annuelle du PNUD sur le renforcement de l’état de droit dans les contextes touchés par la crise et fragilisés, j’ai récemment parlé de la complémentarité et du défi auquel sont confrontés les acteurs du développement pour ce qui est d’inscrire efficacement ces initiatives dans le cadre des processus de justice transitionnelle. Faire en sorte que les auteurs soient tenus pour responsables des graves violations perpétrées est une question complexe et sensible, qui, pour trouver une issue satisfaisante, doit être pilotée par la société nationale. En travaillant avec des partenaires tels que le Danemark, l’Afrique du Sud et le Centre international pour la justice  Voir

      • Afghanistan : l’avenir du pays passe par le développement

        11 juil. 2013

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        Construit avec l'appui du PNUD Afghanistan, 1 400 kilomètres de routes relient 4 600 villages pour aider les 4 millions de personnes à accéder aux marchés. (Photo: PNUD Afghanistan)

        La récente annonce de négociations avec les Talibans et la réaction du président Karzai ont mis l’Afghanistan sur le devant de la scène. La sécurité fait l’objet de débats intenses. L’amélioration des moyens de subsistance et la fourniture de services de base tel que l’eau, l’entretien de la voirie, l’électricité, l’accès à la justice et à l’état de droit sont d’égale importance.  Ces questions détermineront la réaction du peuple afghan face à l’évolution de la situation politique et sécuritaire. Malgré tout, il faut noter des points positifs. Plus de 2 millions d’enfants, dont des jeunes filles, vont à l’école quotidiennement. Le pays compte maintenant  plus de 14 millions d’utilisateurs de téléphone portable. Les systèmes budgétaires sont en constante amélioration, aussi bien au niveau local que national et permettent d’assurer une plus grande transparence et de meilleures prestations de services publics. Mais il reste beaucoup à faire. La baisse  probable de l’aide financière après 2014 est dans tous les esprits. Un accord signé à Tokyo promettait une assistance annuelle de 4 milliards de dollars à l’Afghanistan dont à peine moins de la moitié a été versée jusqu’ici. Ceci s’explique en partie par le manque d’expertise au niveau local pour utiliser ces fonds de  Voir

      • Utiliser la loi comme recours contre le VIH/SIDA

        09 juil. 2013

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        En 2005, une nouvelle loi nationale sur le sida élaborée avec l'appui du PNUD a été approuvée par le gouvernement au Kirghizistan. (Photo: PNUD Kirghizistan)

        Des lois qui protègent la dignité, la santé et la justice sont essentielles pour une  riposte efficace au VIH. C’est l’un des principaux messages de la Commission mondiale sur le VIH et le droit, un panel indépendant  composé de juristes, politiciens et spécialistes de la santé publique convoqués par le PNUD au nom du programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA. Le rapport de la Commission, lancé par les Nations Unies le 9 juillet 2012,  fournit une base de données et de recommandations sur la façon dont la loi peut être utilisée pour protéger les individus porteurs du VIH ou les plus susceptibles d’être atteints. Un an plus tard, le rapport est devenu un outil important d’un point de vue juridique et politique et l’idée que des lois fondées sur des données probantes et les principes de droits de l’homme représentent un moyen peu coûteux de contrôler le VIH et éviter la stigmatisation, prend forme. Dans vingt pays, des personnes séropositives ou atteintes du sida ont dialogué au niveau national avec ceux chargés de façonner, d’interpréter et d’appliquer les lois sur des questions liées au VIH, et les droits de l’homme. Des débats sur le VIH tenus dans la Chambre  Voir

L'Administrateur du PNUD
Helen

Helen Clark a pris ses fonctions d'Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement le 20 avril 2009. Elle est la première femme à assumer la direction de l’organisation et assure également la présidence du Groupe des Nations Unies pour le développement.

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