Un partenariat solide et durable avec le secteur privé est un impératif. Allocution d'Abdoulaye Mar Dieye au Forum politique de haut niveau sur le développement durable (FPHN). Photo: Lamine Bal / PNUD

Excellences, Chers partenaires des États membres, Chers partenaires au développement, Chers collègues, Mesdames et Messieurs,

Le processus de suivi et d'examen, sous l'égide du FPHN, offre l'occasion unique d'apprécier les progrès, d'apprendre des pays pairs et d’évaluer nos contributions respectives au développement durable à l’aune de nos responsabilités mutuelles. C'est également une opportunité pour réfléchir collectivement aux défis auxquels nos pays sont confrontés dans la poursuite du développement durable et de rechercher des solutions intégrées aux problèmes structurels auxquels nous faisons face. Aujourd'hui, cette réunion nous donne l'espace pour engager de telles réflexions.

Comme vous le savez, en Afrique, les « lions et les guépards sont en mouvement ». Au cours des quinze premières années de la décennie, les économies du continent se sont développées à un rythme accéléré. La croissance du PIB a été en moyenne de 5% par an, en termes réels, bien au-dessus de la moyenne mondiale. [1]

Ce dynamisme a généré un optimisme croissant et conduit au narratif sur « l’Afrique émergente ». Parallèlement, les pays africains ont également bénéficié de progrès plus rapides en matière de développement humain et d'une baisse des niveaux de pauvreté. [2]

Je demeure convaincu que ce narratif est toujours valable malgré les défis ci-après, qui ont des implications pour la réalisation des ODD et de l'Agenda 2063 :

D’abord, une part non négligeable de pays du continent se trouvent dans une trappe de bas niveau, avec un faible revenu par habitant, une faible formation brute de capital fixe et une complexité économique limitée. Une faible transformation structurelle de l'économie conjuguée à une croissance qui ne crée pas suffisamment d’emplois maintient les pays dans cette situation. Celle-ci est en outre aggravée par le retard enregistré dans la transition démographique du continent, qui établit les taux de croissance de la population à des niveaux élevés et presque équivalents à la croissance du PIB.[3]

Ensuite, les inégalités de revenus ont augmenté, en particulier en Afrique australe et centrale [4], et affectent la réalisation des ODD et de l'engagement de « ne laisser personne pour compte ». La persistance des inégalités de genre continue d'être un obstacle majeur à la dynamique de transformation qui est tant souhaitée. [5]

Enfin, les conflits, la violence armée et la montée de l'extrémisme violent sapent la paix, la sécurité et la prospérité dans plusieurs régions et ont soit stoppé, soit inversé les gains de développement. Dans le même temps, la fragilité des institutions étatiques met en question la capacité des pays à anticiper, réagir et rebondir après une crise ou une catastrophe.

Mesdames et Messieurs,

Les ODD et l'Agenda 2063 offrent une plateforme inédite pour s'attaquer à ces défis et à d'autres défis interconnectés. Permettez-moi a cet égard de souligner les impératifs ci-après, nécessaires pour relever lesdits défis dans le contexte des agendas globaux et continentaux :

1. Des solutions intégrées ancrées dans les plans nationaux de développement et les stratégies des pays qui tiennent compte des risques et qui peuvent accélérer les progrès dans un large éventail de domaines interdépendants.

2. Des mécanismes de coordination des politiques publiques impliquant l’ensemble du gouvernement et l'ensemble de la société, qui se répercutent au niveau communautaire et reconnaissent que les ODD ne peuvent être mis en œuvre par les gouvernements seuls, mais exigent l'engagement de toutes les parties prenantes, notamment la société civile, le monde universitaire et les populations bénéficiaires.

3. Mobiliser des ressources conséquentes. Bien que le chiffrage des besoins de financement des ODD soit complexe, les estimations suggèrent que l'Afrique a besoin de 600 milliards à 1.200 milliards de dollars US par an pour mettre en œuvre les deux agendas[7]. Le financement public tout seul ne peut pas répondre à ces besoins. Un partenariat solide et durable avec le secteur privé est un impératif.

4. Renforcer les systèmes statistiques nationaux afin de générer des données pour informer les politiques et suivre les progrès. Les efforts concertés et le soutien des partenaires de développement pour aider les pays africains à exploiter le potentiel de la révolution des données seront essentiels.

Afin de faciliter la mise en œuvre de ces impératifs, nous renforçons les capacités des pays et les appuyons dans ces différents domaines par l'intermédiaire de notre réseau de conseillers dans les bureaux de pays, les centres régionaux et le siège, notamment à travers une série d'engagements MAPS, qui offrent des opportunités stratégiques pour un soutien cohérent, intégré et à l'échelle du système des Nations Unies, des IFI et BDI.

Depuis 2016, nous avons déployé une dizaine de missions MAPS intégrées dans des pays ayant des contextes de développement très différents, ce qui nécessite des approches contextualisées.[8] Notre engagement à continuer de soutenir ces engagements, notamment dans le cadre de l'approche commune MAPS, reste ferme.

Mesdames et Messieurs,

Pour mieux répondre aux défis auxquels sont confrontés nos pays partenaires, le PNUD a récemment tracé un nouveau cap ambitieux pour mettre en œuvre son nouveau Plan stratégique et veiller à ce que ses capacités soient en phase avec l'ambition des ODD. Nous sommes en train de créer un réseau intégré de politiques mondiales qui augmentera notre capacité à utiliser nos services de conseil et de programme de nouvelles façons, en connectant nos bureaux de pays, les centres régionaux et les équipes du siège. Nous créons également le premier groupe d'experts mondiaux des ODD du système des Nations Unies, qui fournira des solutions intégrées, guidées par les ODD, aux défis complexes du développement.

Mais changer notre manière d’opérer ne suffira pas à relever le défi des ODD et de l'Agenda 2063, si nos partenariats ne sont pas également renforcés, notamment à travers une coalition dédiée au sein du système des Nations Unies et avec d'autres partenaires de développement. À cet égard, la présente réunion, organisée en collaboration avec la CUA, OSAA, et la CEA, doit être un levier pour matérialiser notre engagement résolu à promouvoir une plus grande cohérence et coordination au sein du système des Nations Unies et au-delà, afin de répondre aux besoins de nos pays membres dans leur quête du développement durable.

Je vous remercie,

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[1] La moyenne mondiale était de 3%.

[2] Bien que plus lentement que souhaité : depuis les années 1990, l'incidence de la pauvreté a diminué de 56,8 à 42,7% en 2012 (WB Global Monitoring Report 2015/16).

[3] En 2016, la croissance régionale de l'Afrique avait chuté à 1,3 % - le plus bas niveau de croissance en plus de deux décennies. Bien qu'il y ait eu un léger redressement des perspectives de croissance en 2017, à environ 2,6%, cela a été modeste et est tombé bien en dessous de la moyenne de la dernière décennie.

[4] UNDP 2017, Income Inequality Trends in sub-Saharan Africa, Divergence, Determinants and Consequences

[5] UNDP Africa Human Development Report 2016, Accelerating Gender Equality and Women’s Empowerment in Africa

[6] Les écarts de genre sur le marché du travail ont coûté au continent entre 90 et 105 milliards USD de pertes annuelles de PIB. Ces ressources perdues auraient pu être investies pour financer les ODD. (UNDP Africa Human Development Report 2016, Accelerating Gender Equality and Women’s Empowerment in Africa)

[7] UNCTAD 2016, Economic Development in Africa Report, Debt Dynamics and Development Finance in Africa

[8] Le Libéria, la Guinée, l'Ile Maurice, le Mali, les Comores, le Burkina Faso, la Gambie, l'Angola et Madagascar. Vont suivre la Guinée Bissau, le Cameroun, la Tanzanie et d'autres pays.

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