Helen Clark : Déclaration liminaire à l’occasion de la Conférence internationale sur le relèvement après l’Ebola

9 juil. 2015

J’ai le plaisir de vous accueillir aux consultations techniques organisées dans le cadre de la Conférence internationale sur le relèvement après l’Ebola.

Permettez-moi tout d’abord de souhaiter la bienvenue aux Ministres des finances des trois pays à l’épicentre de l’épidémie d’Ebola, S.E.M Mohamed Diaré, Ministre des finances de la Guinée, S.E.M Amara Konneh, Ministre des finances du Libéria et S.E.M Kaifala Marah, Ministre des finances de Sierra Leone. Je souhaite également la bienvenue au Secrétaire général de l’Union du fleuve Mano. Sans le rôle moteur et l’engagement résolu de ces trois gouvernements et de l’Union du fleuve Mano, nous n’aurions pas été en mesure d’évoquer aujourd'hui la question du relèvement.

La survenue de nouveaux cas récemment au Libéria et la poursuite de l’épidémie en Sierra Leone et en Guinée nous rappellent toutefois que la bataille contre l'Ebola n’est pas encore gagnée. Elles pointent également la nécessité urgente de renforcer les capacités nationales, régionales et mondiales en matière de surveillance de la santé publique et de gestion des situations d’urgence.

Si l’objectif « d’atteindre zéro cas et de s’y maintenir » occupera une place centrale dans la réponse soutenue face à l’épidémie, les gouvernements souhaitent, à juste titre, mettre davantage l’accent sur le relèvement et le développement. Pour faire face aux impacts sociaux et économiques dévastateurs de l’Ebola et engager résolument ces trois pays sur la voie du développement, des mesures énergiques doivent aujourd’hui être prises à leur initiative et avec l'appui généreux de la communauté internationale.

Cette Conférence sur le relèvement fait suite aux réunions qui se sont tenues cette année à Bruxelles et à Washington, ainsi qu'aux événements organisés par le Conseil économique et social et la Commission de consolidation de la paix. Les exposés et les débats d’aujourd’hui apporteront un éclairage utile en vue de la Séance d’annonce des contributions qui aura lieu demain. D’ici la fin du mois, l’Union africaine organisera une conférence à Malabo, en Guinée Équatoriale, sur le thème de « l’Afrique qui aide les Africains à se relever et à reconstruire après l’Ebola ».

Nous sommes tous très conscients des répercussions catastrophiques de cette crise sur les populations, les communautés et les institutions de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone. Son impact se fera encore sentir pendant les décennies à venir si la communauté internationale ne renforce pas son soutien.

Les pertes tragiques de vies humaines sont la conséquence la plus directe de l’épidémie, qui a mis un coup d’arrêt à la croissance rapide que connaissaient alors ces trois pays. Elle a entraîné un ralentissement de leurs économies, depuis le secteur agricole, qui représente une part importante du PIB et des moyens de subsistance, jusqu’aux services, en passant par les secteurs de la construction et l’extraction minière. De nombreuses personnes ont vu leur emploi et leurs moyens d’existence disparaître.

Ce ralentissement économique, conjugué à la nécessité urgente de réorienter les ressources vers la phase de lutte et de traitement de la riposte face à l'Ebola ont grevé les budgets publics et les dépenses en faveur du développement.

Les femmes ont payé à l’épidémie un tribut disproportionné, tant au plan du nombre de cas qu’au plan des décès, mais aussi parce qu’elle a gravement entamé la capacité des systèmes de santé à fournir des services de base, tels que la prise en charge des grossesses et des accouchements. Tous les services de santé ont été touchés. Ainsi, le dépistage du VIH est en recul de 90 % en Sierra Leone.

L’épidémie a ébranlé de longues traditions de soutien communautaire et de prise en charge des soins. Pour endiguer la propagation du virus, on exhorte les familles à ne pas s’occuper de leurs malades, et la stigmatisation s’est généralisée. L’Ebola a sapé la confiance entre les peuples et au sein des communautés, qui joue un rôle essentiel dans la cohésion sociale.

Pour faire face à ces nombreuses difficultés, chacun des trois pays ainsi que l’Union du fleuve Mano ont élaboré les stratégies de relèvement qui servent de base aux débats de cette Conférence. Ces stratégies sont complémentaires : les stratégies nationales reposent sur des activités spécifiques aux pays tandis que le plan de l’Union du fleuve Mano se concentre, quant à lui, sur les questions sous-régionales et transfrontalières. Pris ensemble, les principaux objectifs de ces plans sont les suivants :

  1. Enrayer la progression du virus et prévenir l’apparition de futures épidémies ;
  2. Rétablir et renforcer les capacités des services publics, notamment des systèmes de santé ;
  3. Restaurer les moyens de subsistance et renforcer la résilience au niveau communautaire et national ;
  4. S’attaquer aux facteurs structurels qui ont entravé la lutte contre l’épidémie.

Je me félicite du soutien que les Nations Unies et les autres partenaires ont apporté à l’élaboration de ces stratégies, et je suis impatiente d’écouter les exposés détaillés que les Ministres des finances et du Secrétaire général de l’Union du fleuve Mano nous livreront pendant la séance de ce matin.

Ces exposés introductifs seront ensuite suivis de quatre séances thématiques sur la santé, la nutrition et le WASH  ; la gouvernance, la consolidation de la paix et la cohésion sociale ; l’éducation, la protection sociale et la protection de l’enfance ; la revitalisation socio-économique. Il s’agit toutes de composantes essentielles d’une stratégie globale de relèvement.  Ces thèmes apparaissent dans l’Évaluation du relèvement après l’Ebola, et ont été identifié par les trois pays ainsi que l'Union du fleuve Mano comme des priorités majeures et transversales.

Les discussions d’aujourd’hui porteront sur les approches et les principes relatifs au relèvement, pour mieux comprendre comment les trois pays aborderont le processus de relèvement et comment les différents acteurs y pourront contribuer. Elles contribueront à orienter la réunion de haut niveau de demain.

En conclusion, permettez-moi de vous assurer que l'ensemble des Nations Unies et que le PNUD, en qualité d’agence désignée par le Secrétaire général des Nations Unies pour piloter les efforts de relèvement, sont déterminés à aider les pays à concrétiser leurs objectifs en matière de relèvement.

Je vous souhaite aujourd’hui des débats fructueux et j’en appelle au soutien généreux des différents partenaires demain, afin que nous puissions jeter les bases d’un relèvement économique et social durable en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone après l’épidémie d’Ebola.

PNUD Dans le monde

A

Afghanistan Afrique du sud Albanie Algérie Angola Arabie saoudite Argentine Arménie Azerbaïdjan

B

Bahreïn Bangladesh Barbade Bélarus Bélize Bénin Bhoutan Bolivie Bosnie-Herzégovine Botswana Brésil Bureau du Pacifique Burkina Faso Burundi

C

Cambodge Cameroun Cap-Vert Centrafrique (République centrafricaine) Chili Chine Chypre Colombie Comores Congo (République démocratique du) Congo (République du) Corée (République populaire démocratique de) Costa Rica Côte d'Ivoire Croatie Cuba

D

Djibouti

E

Egypte El Salvador Emirats arabes unis Equateur Erythrée Ethiopie

G

Gabon Gambie Géorgie Ghana Guatemala Guinée Guinée-Bissau Guinée équatoriale Guyane

H

Haïti Honduras

I

Ile Maurice et Seychelles Inde Indonésie Irak (République d') Iran

J

Jamaïque Jordanie

K

Kazakhstan Kenya Kirghizistan Kosovo (selon RCSNU 1244) Koweït

L

Laos Lesotho Liban Libéria Libye L’Ex-République yougoslave de Macédoine

M

Madagascar Malaisie Malawi Maldives Mali Maroc Mauritanie Mexique Moldova Mongolie Monténégro Mozambique Myanmar

N

Namibie Népal Nicaragua Niger Nigéria

O

Ouganda

P

Pakistan Panama Papouasie-Nouvelle-Guinée Paraguay Pérou Philippines Programme palestinien

R

République dominicaine Russie (Fédération de) Rwanda

S

Samoa São Tomé-et-Principe Sénégal Serbie Sierra Leone Somalie Soudan Soudan du Sud Sri Lanka Suriname Swaziland Syrie

T

Tadjikistan Tanzanie Tchad Thaïlande Timor-Leste Togo Trinité et Tobago Tunisie Turkménistan Turquie

U

Ukraine Uruguay Uzbekistan

V

Venezuela Viet Nam

Y

Yémen

Z

Zambie Zimbabwe