Les femmes continuent de gagner 24% de moins que les hommes, 20 ans après

6 mai 2015

Après deux décennies d’efforts concertés pour renforcer les droits de la femme, il est toujours aussi crucial de réduire la pauvreté chez les femmes et les filles afin de faire progresser le développement, selon les principaux intervenants d’une conférence mondiale qui s’est tenue en Argentine.

Buenos Aires – A l’ouverture d’une réunion de trois jours célébrant le 20e anniversaire de la Déclaration et du Plan d’action de Beijing, Helen Clark, Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a déclaré que 2015 présentait « une nouvelle opportunité » pour arriver à l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.

La conférence internationale intitulée « Femmes et exclusion sociale : de Beijing à l’après-2015 » se tient du 6 au 8 mai et doit débattre des défis persistants auxquels les femmes et les filles sont confrontées. Helen Clark a salué l’inclusion d’un objectif traitant spécifiquement de l’égalité des sexes dans le nouvel agenda mondial du développement pour l’après-2015. Mais elle a insisté sur le fait qu’il était tout aussi crucial de former des partenariats avec les pays pour que toutes les politiques tant locales que nationales adoptent une « optique de genre » afin de compenser les inégalités historiques entre hommes et femmes.

« Tout en encourageant une croissance économique qui profite à tous les citoyens, il est important non seulement de s’attacher à ce que les femmes participent aux décisions qui les concernent mais aussi de surmonter des obstacles comme les attitudes et pratiques officielles discriminatoires qui maintiennent les femmes et les filles dans la pauvreté », a déclaré Helen Clark devant un parterre de 200 personnes comprenant des dirigeants du monde, des parlementaires, des décideurs, des chercheurs et des femmes d’organisations de la société civile et de communautés du monde entier.

« Pour cela, il faut s’attaquer au fléau qu’est la violence à l’égard des femmes, ainsi qu’au fardeau du travail non rémunéré accompli de façon disproportionnée par les femmes et les filles, ce qui les prive du temps nécessaire pour gagner de l’argent, acquérir de nouvelles compétences et participer à la vie publique. De telles initiatives en faveur de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes sont au cœur des activités du PNUD visant à éradiquer la pauvreté, améliorer la vie des femmes et encourager le développement durable. »

Présidant le début des travaux, la Ministre du Développement social de l’Argentine Alicia Kirchner a déclaré qu’« il ne peut y avoir d’égalité des sexes sans justice, inclusion, croissance et développement social ».

La Directrice exécutive d’ONU Femmes Phumzile Mlambo-Ngcuka a également appelé « à éradiquer les causes profondes de la pauvreté des femmes » y compris leur en assurant un travail décent.

« Pour en finir avec la pauvreté des femmes, il faut leur fournir protection et travail décent en nombre suffisant ».

Progrès – Au cours des dernières décennies, le taux de pauvreté a baissé dans toutes les régions du monde. De 1990 à 2010, la proportion d’habitants des régions en développement qui vivaient avec moins de 1,25 dollar par jour, le seuil international de pauvreté, est passée de 47 à 22 pour cent.

Les progrès en faveur des femmes sont visibles : au plan mondial, au moins 50 pour cent d’entre elles possèdent à présent un emploi salarié ou rémunéré, soit une augmentation de 40 pour cent depuis les années 1990. La parité des sexes est devenue réalité à l’école primaire dans la quasi-totalité du monde, et la scolarisation au niveau tertiaire penche à présent en faveur du sexe féminin. Dans la plupart des régions, l’espérance de vie a augmenté avec régularité, tant pour les femmes que pour les hommes, les premières vivant en moyenne plus longtemps que les seconds.

La participation politique des femmes a aussi augmenté au plan mondial. En 1995, elles comptaient pour 11,3 pour cent de tous les parlementaires. Aujourd’hui, elles sont 22,1 pour cent au total, ce qui reste inférieur à la cible de 30 pour cent qu’avaient fixé les Nations Unies.

À la même époque, l’Argentine, qui accueille la présente manifestation, fit adopter une loi sur les quotas hommes/femmes. Depuis, onze pays d’Amérique latine ont suivi cet exemple, ce qui a permis à la région Amérique latine et Caraïbes d’avoir le pourcentage le plus élevé de femmes parlementaires (26,4 %) ou ministres (22,4 %).

Combler le fossé entre les sexes – En dépit de tels progrès, trop d’obstacles demeurent, estiment les participants de la conférence de Buenos Aires. Plus de 1,2 milliard de personnes vivent encore dans une pauvreté extrême et le risque d’en faire partie reste bien plus grand pour les femmes que pour les hommes, d’après un récent rapport de l’ONU sur les Objectifs du Millénaire pour le développement. Même si elles sont de plus en plus nombreuses à occuper un emploi salarié ou rémunéré, les femmes sont toujours représentées de façon disproportionnée dans les emplois vulnérables et gagnent 10 à 30 pour cent de moins que les hommes pour le même travail. En outre, dans tous les pays et toutes les régions, elles ont moins de chances que ces derniers d’avoir accès à un travail décent, à des biens ou à un crédit officiel et elles ne se font pas entendre sur pied d’égalité dans les processus décisionnels.

Lors de la séance d’ouverture de la manifestation, Helen Clark a insisté sur les mesures cruciales à prendre pour améliorer l’autonomisation des femmes : appuyer des réformes juridiques pour que les femmes aient un accès égal aux terres, au crédit et aux biens, garantir qu’à travail égal, elles gagnent un salaire égal et renforcer la protection de la main d’œuvre, mettre sur pied des programmes d’embauche et d’entrepreneuriat qui ciblent les femmes, et imposer des mesures de protection sociale, comme les congés de maternité, le chômage ou l’assurance santé, et une plus grande sécurité pour les moyens de subsistance.

Pendant les trois jours que durera la manifestation, les participants examineront aussi l’impact du changement climatique et des inégalités sur les femmes et les moyens de protéger ces dernières dans les pays en conflit ou sortant d’un conflit. Il s’agit là de sujets d’une très haute importance pour le nouveau calendrier mondial du développement.

Pour en savoir plus :

À New York : Carolina Azevedo, Carolina.azevedo@undp.org; Tel: +1 212 906 6127

À Buenos Aires: Virginia Garcia, Virginia.garcia@undp.org (pour les requêtes en espagnol); Karen Dukess, Karen.dukess@undp.org (pour les requêtes en anglais)    

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