Une volonté politique et un soutien financier continus sont nécessaires pour prévenir l’exclusion des pauvres d’Afrique

9 avr. 2015

Dakar, Sénégal  Les dirigeants africains doivent faire montre d’une volonté politique inébranlable pour assurer le financement accru et continu des initiatives de protection sociale si nous voulons que le continent permette à des millions de personnes de sortir de la pauvreté et d’emprunter la voie de la prospérité. 

La protection sociale doit être considérée comme un ensemble exhaustif d’interventions intersectorielles visant à protéger les citoyens - en accordant la priorité aux plus démunis - contre les chocs sociaux, environnementaux et économiques qui surviennent pendant un cycle de vie, et à développer leurs capacités à résister aux crises et à améliorer leur bien-être.  

Ces recommandations ont été formulées par le Séminaire international sur la protection sociale en Afrique qui s’achève aujourd’hui à Dakar, au Sénégal, et visait à trouver des solutions afin d’accroître le nombre d’Africains ayant accès à des interventions ciblées dans les domaines de la santé ou de la nutrition ou à des transferts en espèces. Actuellement, seulement 20 % des Africains les plus pauvres, soit environ 44 millions de personnes, ont accès à ces services.

Le Séminaire a servi de cadre à 13 pays africains et à la société civile et leur a permis de partager leurs expériences et de discuter des modes de financement durables des programmes de protection sociale dans un contexte où les inégalités augmentent, malgré la croissance économique africaine.  

Le programme de transfert d’argent en espèces du Brésil a notamment été débattu. Ce programme, intitulé Bolsa Familia, est parvenu à tirer des millions de personnes de la pauvreté, promouvant la santé et l’éducation et réduisant considérablement les inégalités. 

Les participants ont insisté sur le fait que les systèmes de protection sociale sont un investissement, et non seulement une dépense. Des interventions suffisamment ciblées et contrôlées peuvent avoir un effet multiplicateur permettant de promouvoir une croissance économique inclusive, la création d’emplois, et les marchés locaux tout en luttant contre l’exclusion sociale des citoyens.

Dans de nombreux pays africains, les programmes de protection sociale sont appuyés par les partenaires internationaux, et les participants ont reconnu que le financement des donateurs continue de jouer un rôle important.  

Toutefois, pour assurer la viabilité, les programmes de protection sociale doivent être fermement ancrés dans le financement national et reflétés dans les cadres de dépenses à moyen terme. La coopération technique et le renforcement des capacités, axés sur la coordination et les partenariats, y compris la Coopération Sud-Sud, demeurent cruciaux.

Une mobilisation des ressources nationales plus efficace, y compris le respect du versement des taxes par le secteur privé, figure parmi les autres recommandations visant à faire avancer le programme de protection sociale.  

Ces recommandations seront présentées à la réunion interministérielle de l’Union africaine sur le développement social, le travail et l’emploi plus tard ce mois-ci à Addis-Abeba, en Ethiopie.

Le Séminaire de Dakar s’est tenu au moment où les délégués internationaux s’apprêtent à se réunir à Addis-Abeba pour la Troisième Conférence internationale sur le financement du développement au cours de laquelle ils conviendront d’un cadre de financement du développement. 

Ce Séminaire a été organisé en partenariat avec l’Union africaine, les Gouvernements du Brésil et du Sénégal, l’Institut Lula et le PNUD, ainsi que son Centre mondial du développement durable RIO+.

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