Valoriser le « travail des femmes »

22 août 2017 par Bharati Sadasivam, Conseillère au programme régional pour les questions d’égalité des sexes du PNUD en Europe et Asie centrale

Les « écarts de corvées » entre hommes et femmes entravent la capacité de ces dernieres à obtenir une éducation, à trouver de bons emplois et à obtenir un salaire égal. Photo: Bureau régional du PNUD pour l'Europe et l'Asie centrale.
Au cours des prochains mois, les 12 000 employés du siège d'Apple à Cupertino, en Californie, termineront leur installation dans un campus somptueux : 260 000 mètres carré, studio de yoga sur deux étages, parcours nature et même des boîtes à pizza préservant leur croustillant. Une chose pourtant fait défaut : une garderie. Apple n'est la seule entreprise à négliger l'importance des garderies pour les parents qui travaillent, loin de là. Or, cette omission est un véritable frein pour les parents, surtout les femmes, à réaliser leur potentiel économique. Partout dans le monde, les femmes assurent deux fois plus de travaux domestiques et de soins non rémunérés que les hommes – de l'éducation des enfants à la prise en charge des parents malades ou âgés, en passant par les tâches ménagères. Au Mexique, en Inde et en Turquie, ces travaux sont en majorité l’apanage des femmes, qui y passent trois fois plus de temps que les hommes. … Voir

Promesse ou péril ? D’ici 2050, l’Afrique comptera 830 millions de jeunes

12 août 2017 par Siddharth Chatterjee, coordonnateur résident des Nations Unies au Kenya et S.E. M. John Dramani Mahama, ancien président de la République du Ghana

De nombreux migrants empruntent le dangereux itinéraire maritime qui mène de l’Afrique du Nord à l’Italie, en quête d’une vie meilleure. © Massimo Sestini / eyevine
Le mois dernier, des travailleurs d’organisations caritatives espagnoles ont secouru 167 migrants partis d’Afrique à bord d’une petite embarcation. En 2016, environ 3 800 migrants ont perdu la vie, ce qui en fait l’année la plus meurtrière pour ceux qui se hasardent à traverser la Méditerranée. La plupart savent à quels dangers ils s’exposent, mais cela ne les empêche pas de choisir le risque plutôt que de se résigner à une existence sans espoir dans leur pays. Toutes les 24 heures, sur le continent africain, près de 33.000 jeunes rejoignent les rangs des demandeurs d’emploi et près de 60 % d’entre eux viendront grossir la horde des chômeurs. Selon un rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, 70 % des personnes qui quittent leur pays à destination de l’Europe ne sont pas des réfugiés qui fuient la guerre ou les persécutions, mais des migrants économiques en quête d’une vie meilleure. Ce 12 août 2017, nous célébrons comme chaque année la Journée internationale de la jeunesse. La population jeune de l’Afrique croît rapidement et devrait dépasser les 830 millions d’ici 2050. Qu’il y ait là une promesse ou un péril dépend de l’efficacité avec laquelle le continent saura gérer cette explosion démographique. … Voir

Le défi le plus déterminant de l’Afrique

07 août 2017 par Mohamed Yahya, Coordinateur régional de programmes pour le PNUD en Afrique.

D’ici 2055, le nombre de jeunes sur le continent (les 15-24 ans) devrait être multiplié par plus de deux. Photo: Aude Rossignol/PNUD en RD Congo
’Afrique abrite la plus jeune démographie de la planète, et sa population augmente rapidement. D’ici 2050, le nombre de jeunes sur le continent (les 15-24 ans) devrait être multiplié par plus de deux par rapport aux 226 millions de l’année 2015. Le continent africain demeure cependant résolument inhospitalier à l’égard des jeunes, que ce soit sur le plan politique, économique ou social. L’aboutissement des efforts fournis par les gouvernements africains pour remédier à cette problématique constituera le facteur le plus déterminant quant à savoir si l’Afrique sera vouée à prospérer ou à souffrir au cours des prochaines décennies. Le statu quo risquerait d’exposer l’Afrique non seulement à une sous-performance économique, à la fuite des cerveaux, mais également à la criminalité, à l’agitation politique et sociale, voire à des conflits armés. Le continent peut néanmoins prospérer si ses gouvernements agissent dès aujourd’hui pour tirer parti de l’énergie et du dynamisme de leur population jeune. … Voir

Réunir les jeunes pour innover, clé du développement en Afrique

30 janv. 2017 par Spécialiste de l'Innovation et de la Gestion de Connaissance du Bureau Régional Afrique

Des compétitions TIC encouragent les jeunes de 18 à 35 ans, en particulier les jeunes femmes, à développer des applications mobiles pour améliorer la prestation des services publics. Photo: PNUD Rwanda
Au coeur du 28è Sommet de l'Union africaine qui a eu lieu en Ethiopie cette semaine et du Forum de la jeunesse du Conseil économique et social (ECOSOC) qui se tient les 30-31 janvier 2017, il y a cette question : comment pouvons-nous tirer parti du dividende démographique de l'Afrique ? En 2015, il y avait 226 millions de jeunes âgés de 15 à 24 ans en Afrique (soit 19% de la population mondiale de jeunes). D'ici 2030, ce chiffre passera à 42% et devrait doubler d'ici à 2055. Ainsi, investir dans la jeunesse aujourd'hui est la clé du développement de l'Afrique demain. Mais, pour cela, il faut d'abord se connecter avec les jeunes et leur permettre de se connecter l'un à l'autre. C'est précisément ce que fait YouthConnekt. Lancée pour la première fois au Rwanda en 2013, cette plate-forme innovante réunit des jeunes en quête d'emploi, de compétences ou de ressources pour lancer leur propre entreprise; avec divers partenaires, dont le PNUD, le secteur privé et le gouvernement. … Voir

L’extrême vulnérabilité de l’Afrique à l’extrémisme violent

12 janv. 2017 par Mohamed Yahya, Coordinateur régional de programmes pour le PNUD

L’extrémisme prospère dans des conditions favorables, comme celles que créent le conflit en Somalie ou la fragilité politique dans le Nord-Est du Nigeria, des régions où la plupart des jeunes gens disent que l’accès à l’éducation, religieuse ou laïque est extrêmement limité. Photo: PNUD
C’est l’Afrique qui paie le plus lourd tribut de vies perdues, d’économies ruinées et de relations brisées par le terrorisme. C’est sur ce contient qu’Al-Qaida a lancé sa guerre contre les États-Unis en 1998, avec les attentats à la bombe des ambassades américaines de Nairobi, au Kenya, et de Dar es-Salaam, en Tanzanie ; c’est sur ce continent que Boko Haram a enlevé 276 lycéennes nigérianes en 2014 et que 147 étudiants ont été tués dans leur sommeil, à l’université de Garissa, au Kenya, en 2015. Si ces attentats ont soulevé l’émotion de par le monde, la plupart des gens ignorent qu’au cours des cinq dernières années la violence liée au terrorisme a tué en Afrique 33 000 personnes. Cet extrémisme violent et les groupes qui le revendiquent menacent de réduire à néant les progrès de l’Afrique dans son développement et de la ramener en arrière, non seulement à court terme mais pour plusieurs décennies. Si les pays d’Afrique sont particulièrement vulnérables aux idéologues violents, c’est parce que les institutions y sont trop souvent faibles et les territoires non gouvernés, où germent les groupes extrémistes, trop nombreux. Si l’on ajoute à cela une gestion défaillante de la diversité ethnique et religieuse dans une jeunesse majoritaire et de plus en plus nombreuse, au chômage et connectée, le continent offre les conditions idéales pour que le désordre s’y installe. … Voir