Saint-Louis du Sénégal ou le pari de la durabilité

09 juin 2017 par Abdoulaye Mar Dieye, Administrateur assistant du PNUD et Directeur du Bureau régional pour l’Afrique

Saint-Louis fait face à de nombreux défis, dont la double menace posée par la montée des eaux et la surpêche qui compromettent la survie de la ville, son héritage unique et son économie. Photo: Eddy Graëff / www.saintlouisdusenegal.com
Les travaux de la première Conférence mondiale sur les océans qui se sont déroulés tout au long de la semaine à New York nous ont rappelé deux vérités fondamentales : la vie aquatique, caractérisée par une faune et une flore marines d’une grande richesse, est extrêmement précieuse mais les moyens de subsistance qui en dépendent sont menacés. C’est particulièrement vrai le long de la côte ouest de l’Afrique et notamment au Sénégal, un pays où deux tiers de la population vit à proximité de zones côtières qui reculent à un rythme alarmant (en moyenne de 1 à 2 mètres par an) en raison de la hausse du niveau de la mer et de l’urbanisation galopante. Peu d’endroits illustrent ces difficultés aussi bien que Saint-Louis au Sénégal (ou Ndar en wolof), dont je suis fier de dire qu’elle est ma ville natale. … Voir

Croissance sans résilience n’est que ruine de l’économie

26 avr. 2017 par Abdoulaye Mar Dieye, Sous-Secrétaire général des Nations Unies, Directeur du Bureau régional pour l’Afrique.

Les pays émergents, comme la Côte d’Ivoire, tutoient les 10% de croissance annuelle, après avoir diversifié leur économie.
Beaucoup de pays africains se sont engagés dans des programmes d’émergence à moyen ou long terme. J’en connais précisément 27 et, dans le cadre de la deuxième conférence d’Abidjan, nous avons ciblé un échantillon représentatif de la situation économique et géographique de l’Afrique pour creuser davantage la question. En examinant l’ensemble des 13 pays de l’échantillon, ce qui m’a le plus frappé c’est la typologie des chantiers d’émergence. J’en ai vu trois : Le premier type comprend des pays comme le Rwanda et la Côte d’Ivoire qui ont subi des chocs terribles dus à la guerre ou à l’instabilité politique et ont vu leur croissance économique chuter au plus bas mais qui, par la suite, ont repris une évolution rapide vers une croissance élevée. Derrière cette reprise rapide, des capacités de production excédentaires qui n’ont pas été détruites, et des pays qui ont investi sur l’augmentation de leur productivité et le renforcement de la résilience de leurs institutions. Le deuxième type, ce sont des pays comme le Sénégal, le Gabon et le Kenya, qui ont mis l’accélérateur sur les réformes structurelles. … Voir

Faire face à la crise dans le bassin du lac Tchad

23 févr. 2017 par M. Abdoulaye Mar Dieye, Sous-Secrétaire général des Nations Unies, Administrateur assistant du PNUD, Directeur du Bureau régional pour l’Afrique

La réponse du PNUD à la crise consiste entre autre à fournir une formation professionnelle aux femmes, qui représentent 54% des personnes déplacées par le conflit dans le nord-est du Nigeria. Photo : PNUD Nigeria
En mai dernier, la Commission des affaires étrangères du Sénat des États-Unis a organisé une séance d’information sur la situation au Sahel. Convié à participer à l’événement, le PNUD a souligné la nécessité de mener une action concertée d’envergure pour faire face à la montée de l’extrémisme violent et proposer des solutions de développement adaptées à cette région touchée par l’insurrection armée de la secte Boko Haram, née dans le nord-est du Nigeria il y a sept ans. Nous avons identifié un « arc d’instabilité » qui s’étend à travers le Sahel, la Corne de l’Afrique et le bassin du lac Tchad. Alors que le PNUD et ses partenaires se réunissent à Oslo le 24 février pour prendre part à la troisième Conférence humanitaire internationale, nous avons la ferme intention de nous pencher sur la situation au Nigéria et dans le bassin du lac Tchad avec un sentiment d’urgence accru. En tant qu’organisation qui fonde son action sur la connaissance du terrain, le PNUD est fermement convaincu qu’une réponse globale est la meilleure approche susceptible de résoudre les crises en cours, tout en tenant compte des besoins spécifiques de chaque pays. … Voir

L’Afrique, une longueur d’avance dans la mise en œuvre des Objectifs mondiaux

20 juin 2016 par Abdoulaye Mar Dieye, Directeur du Bureau régional pour l’Afrique

Grâce à l’Agenda 2063, qui a déjà défini les priorités en matière de développement du continent pour les 50 prochaines années, les pays africains devraient parvenir à intégrer plus facilement les ODD dans leurs programmes nationaux de développement. photo PNUD
L’adoption du Programme de développement durable pour 2030, le 25 septembre 2015, marque le début d’une mission délicate : traduire en actes ces nouveaux engagements. Ces objectifs de développement durable (ODD), à la fois ambitieux et véritablement porteurs de transformation, orienteront le programme d’action mondial en matière de développement au cours des 15 prochaines années. À l’échelle locale, leur mise en œuvre ne va toutefois pas sans dilemmes, car elle nécessite des adaptations au contexte de chaque pays et chaque région. … Voir

La TICAD, un forum unique toujours d’actualité

13 juin 2016 par Abdoulaye Mar Dieye, Administrateur assistant et Directeur du Bureau régional pour l’Afrique

La sixième édition de la TICAD, qui se tiendra à Nairobi les 27 et 28 août 2016, sera la toute première organisée sur le sol africain.
La sixième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD), qui se tiendra à Nairobi les 27 et 28 août prochains, devrait attirer plus de 6 000 représentants des gouvernements, des organisations internationales, de la société civile et des organisations du secteur privé. Créé en 1993 pour encourager et promouvoir les partenariats internationaux pour le développement de l’Afrique, ce forum a vu le jour au milieu des « décennies perdues pour le développement » du continent africain, lequel était alors aux prises avec les contraintes des programmes d’ajustement structurel et incapable de reprendre son souffle. En cette fin de guerre froide, les principaux bailleurs de fonds, à l’exception notable du Japon, s’interrogeaient sur la pertinence de l’aide au développement accordée à l’Afrique. … Voir