L’engagement mondial pris pour éliminer la pauvreté sous toutes ses formes, en conciliant objectifs économiques, sociaux et environnementaux, a abouti à quelques vérités simples. Photo: PNUD / Guatemala

Trois ans après l'adoption du Programme 2030, nous sommes maintenant prêts à tirer des enseignements de la mise en œuvre des objectifs de développement durable. L’engagement mondial pris pour éliminer la pauvreté sous toutes ses formes, en conciliant objectifs économiques, sociaux et environnementaux, a abouti à quelques vérités simples. Fondamentalement, toutes les actions sont soit des adaptations aux contextes existants, soit des perturbations qui transforment l'écosystème même du développement.

Considérons par exemple le cactus. Il s’adapte à un environnement hostile. Il prospère dans la mesure où il ne se transforme pas. Il stocke de l'eau dans ses tiges et ne se nourrit que la nuit. Un léger changement à cette configuration et le cactus "se noie" ou "se dessèche". Il est parfaitement adapté à un contexte de privations sévères. Et pourtant, nous ne pouvons pas nous empêcher de nous demander: quelles autres plantes pourraient prospérer si l'environnement changeait?

Les problèmes complexes de la mise en place Programme 2030 en Amérique latine et dans les Caraïbes - élimination de l'extrême pauvreté, réduction des émissions pour atteindre l'objectif de 1,5 degré Celsius, transformation de villes surpeuplées en centres verts et dynamiques - sont autant de problèmes qui se posent et peuvent être exposées sous ces deux métaphores: «Améliorer le cactus» ou «transformer le désert».

Au cours de ces trois premières années, nous avons identifié cinq défis qui émergent de ce dilemme.

1.  Le premier consiste à ne plus se limiter à une approche de développement uniquement, mais à se focaliser sur des transformations étroitement liées. Nous comprenons intuitivement que la rénovation urbaine et la réduction de la pauvreté multidimensionnelle ou les transitions énergétiques sont des problèmes de développement complexes. Cependant, la façon dont les ministères sont structurés tend à entraver les politiques publiques globales qui traitent des causes profondes des problèmes et de leurs multiples dimensions. Les ministères de la Santé, de l'Éducation, du Développement social, des Finances ou de l'Agriculture ont tendance à avoir des budgets séparés avec des ordres du jour différents.

Redéfinir les problèmes en fonction de plusieurs points de vue est également insuffisant. Nous devons créer des incitations à «l'intersectorialité», dans le budget, dans le pouvoir décisionnel et dans l'impact des interventions. Il ne fait aucun doute que la priorité est de mettre l’accent sur le local, les espaces et groupes territoriaux et, à partir du territorial, de faire progresser la direction politique vers les agendas présidentiels.


2. 
Le deuxième défi est que le manque de données mène parfois à l'inaction. L'innovation est essentielle pour atteindre les groupes et les lieux exclus si nous voulons réussir à ne laisser personne pour compte. Aujourd'hui, les technologies mobiles permettent ce qui semblait être un rêve il y a 10 ans. Aujourd'hui, les gouvernements établissent d'énormes registres de ménages qui mesurent en permanence l'impact des interventions des pouvoirs publics sur les objectifs de développement durable. Il s’agit là d’un succès remarquable, étant donné que la plupart des pays n’avaient, il ya dix ans, qu’un recensement et des enquêtes intermittentes sur la démographie et les ménages. Aujourd'hui, le Honduras, par exemple, peut suivre quatre millions de personnes grâce à la technologie mobile, à la géoréférencement des besoins et à son lien avec des dizaines d'interventions gouvernementales. C’est un pas de géant dans sa capacité à réduire la pauvreté multidimensionnelle. La technologie a également permis une cartographie détaillée de la malnutrition infantile et aide à concevoir des politiques publiques plus efficaces visant à ne laisser personne pour compte.

3. Ne laisser personne de côté, c'est créer un environnement favorable pour les groupes et les lieux les plus vulnérables, et non simplement pour combler les lacunes. Le PNUD travaille avec les gouvernements au niveau local pour cartographier les points chauds qui identifient les taux les plus élevés de mortalité maternelle, de malnutrition infantile, de pauvreté multidimensionnelle et de dizaines d’autres indicateurs sociaux, économiques et environnementaux. Cela aide à créer des cartes de dilemmes pour les objectifs de développement durable, où d'identifier des domaines d'exclusions en fonction du genre, de l'appartenance ethnique etc. qui continuent d'exclure certains groupes. Cela permet également de redéfinir les lieux où les interventions politiques peuvent aider à niveler le sol, autonomiser et reconnaître les droits des peuples traditionnellement exclus.

4. Est-ce que nous finançons les gagnants habituels ou générons-nous de nouveaux paramètres pour redéfinir ce que signifie «gagner»? La région traverse une période économique et politique fragile. Le Fonds monétaire international a réduit ses prévisions de croissance pour 2018 (de 2,0 à 1,6%) juste au-dessus du taux de croissance de la population. Le cycle électoral est à son apogée avec six élections présidentielles cette année et cinq l'an prochain. Pour couronner le tout, les ouragans et autres catastrophes naturelles continuent de faire des ravages dans ces pays et la saison des ouragans se poursuit.

Il y a moins de liberté budgétaire aujourd'hui qu'il y a 10 ans dans la région. À une époque où les finances publiques se contractent, un espace important s'ouvre au secteur privé, les sociétés dites B, qui permettent d'équilibrer objectif et profit, investissements à triple impact, obligations à impact de développement et nouveaux instruments orientés vers les secteurs émergents de l'économie.

5. Enfin, il y a le problème de "qui se soucie politiquement de cet agenda". Nous vivons sous la tyrannie de cycles politiques à court terme, qui durent normalement 4 ou 5 ans. Penser au-delà des politiques gouvernementales pour adopter des politiques durables, soit 15 ans ou plus, est généralement perçu comme une utopie. Et pourtant, dans tous les pays de la région, on s’inquiète des causes et pas seulement des effets des crises à court terme. Cela élargit le spectre d'appropriation de l'agenda, tout en renforçant l'ambition des ODD d'aider les pays à transformer leur horizon en ce qui est possible, en créant des «oasis dans le désert».

Le grand défi que l'Agenda 2030 présente pour les pays consiste à repenser (et à redéfinir) les modèles de développement traditionnels et à générer les instruments permettant de changer les environnements des acteurs les plus vulnérables. Ce n’est qu’en générant des transformations structurelles qu’ils pourront accroître les gains dans les domaines économique, social et environnemental sans laisser personne pour compte.

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