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Saint-Louis du Sénégal ou le pari de la durabilité

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Saint-Louis fait face à de nombreux défis, dont la double menace posée par la montée des eaux et la surpêche qui compromettent la survie de la ville, son héritage unique et son économie. Photo: Eddy Graëff / www.saintlouisdusenegal.com

Les travaux de la première Conférence mondiale sur les océans qui se sont déroulés tout au long de la semaine à New York nous ont rappelé deux vérités fondamentales : la vie aquatique, caractérisée par une faune et une flore marines d’une grande richesse, est extrêmement précieuse mais les moyens de subsistance qui en dépendent sont menacés.

C’est particulièrement vrai le long de la côte ouest de l’Afrique et notamment au Sénégal, un pays où deux tiers de la population vit à proximité de zones côtières qui reculent à un rythme alarmant (en moyenne de 1 à 2 mètres par an) en raison de la hausse du niveau de la mer et de l’urbanisation galopante.

Peu d’endroits illustrent ces difficultés aussi bien que Saint-Louis au Sénégal (ou Ndar en wolof), dont je suis fier de dire qu’elle est ma ville natale.

Saint-Louis est un lieu unique, qui a joué un rôle majeur dans l’histoire. Capitale de l’Afrique occidentale française de 1895 à 1902 puis capitale du Sénégal, la ville compte le philosophe Gaston Berger parmi ses enfants les plus célèbres. Située à l’embouchure du fleuve Sénégal, aux confins de l’Océan atlantique, elle se targue d’un delta d’une richesse naturelle exceptionnelle, qui attire à lui des milliers d’oiseaux migrateurs. La beauté sauvage de la Langue de Barbarie, cette péninsule sablonneuse qui s’étire le long de ses côtes, son réseau de quais et son élégante architecture coloniale justifient son classement par l’UNESCO au patrimoine mondial de l’humanité.

Cependant, Saint-Louis fait face à de nombreux défis, dont la double menace posée par la montée des eaux et la surpêche qui compromettent la survie de la ville, son héritage unique et son économie.

L’élévation du niveau des eaux menace la vieille ville historique, ce qui a incité ONU Habitat à proclamer Saint Louis comme la « ville africaine la plus exposée au risque de la montée du niveau de la mer ». Un certain nombre de villages aux alentours ont déjà été engloutis sous l’effet des marées.

Les méthodes de pêche non viables et la concurrence acharnée que se livrent les pirates et les grands bateaux de pêche étrangers se sont traduites par une diminution des stocks de poissons, qui intervient au moment où l’épuisement des ressources qui touche plus de la moitié des pêches en Afrique de l’Ouest a atteint un niveau critique. Les pêcheurs de Saint-Louis passent désormais deux fois plus de temps en mer, mais pour de bien maigres résultats.

Découragés, de nombreux jeunes, surtout les hommes, n’ont d’autre choix que d’entreprendre le périlleux voyage vers l’Europe, à bord de navires de pêche ou même de pirogues, et de venir grossir les rangs des migrants.

Pour relever ces défis complexes, il est essentiel d’instaurer des mécanismes de coopération régionale améliorés, semblables à ceux qui existent aux Caraïbes et dans les petits États insulaires en développement du Pacifique. Ces structures fixent des limites sur le nombre de navires patrouillant les eaux et les jours de pêche, pour garantir une exploitation responsable et la reconstitution des stocks. Les récentes consultations nationales sur l’ODD 14, organisées conjointement par le Gouvernement du Sénégal et le PNUD à Dakar, le 24 mai 2017, sont un signe encourageant qui montre que les parties prenantes commencent à prendre toute la mesure de la situation.

En ce qui concerne la ville elle-même, les planificateurs urbains et les écologistes ont souligné la nécessité, pour Saint-Louis d’intégrer pleinement ces facteurs dans son mécanisme de gouvernance urbaine, à l’instar de Venise, la cité lacustre avec laquelle l’île est parfois comparée.

Les enjeux sont certes immenses, mais il est grand temps d’agir. Comme le disait Antoine de Saint-Exupéry : « Nous n’héritons pas la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants ».

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