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Restaurer les terres arides pourrait-il éviter les migrations ?

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Photo: PNUD en Somalie

Ce 17 juin, la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse pose cette question pertinente.  

Je me souviens encore, lorsque j’étais enfant en 1992, que le Botswana et de nombreux autres pays d’Afrique australe ont été frappés par ce que le New York Times nommait alors « la pire sécheresse du 20e siècle ».

Cette année-là, lors d’une journée chaude et sèche de décembre, j’ai passé une demi-journée avec mon oncle à conduire à pied le bétail à la seule source d’eau qui n’était pas asséchée. Il m’ a fallu une autre demi-journée pour retourner à la ferme de ma grand-mère. Cette année-là, ma famille a perdu plus de 40 têtes de bétail.

Dépendant principalement du bétail pour leur subsistance, les personnes qui vivent dans les zones arides ont toujours été confrontées à l’incertitude.

Au fil du temps, elles ont utilisé une myriade de stratégies d’adaptation, notamment la migration saisonnière à la recherche de nourriture, de pâturages et d’eau.

Les éleveurs Fulani, au Nigéria, au Niger, en Guinée, au Mali et dans de nombreuses parties du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, migrent toujours à la recherche de pâturages pour leur bétail. Mes oncles continuent à déplacer le bétail presque tous les ans pendant la saison sèche vers des régions où les pâturages sont meilleurs.

Nombre de ces pratiques entrent de plus en plus en conflit avec les politiques et les systèmes fonciers « modernes », plus sédentaires.

Ce manque d’alternatives entraîne pauvreté, insécurité alimentaire, conflits et suscite une migration accrue vers les zones urbaines.

Deux grandes préoccupations environnementales

La dégradation des sols est un processus associé à la réduction ou à la perte de capacité des sols et des terres à produire, tandis que la désertification est un processus de dégradation des terres qui se produit en zones arides.

Cette situation affecte directement la santé et les moyens de subsistance d’environ 1,5 milliard de personnes dans le monde.

Ces impacts ne sont pas nécessairement permanents. La réhabilitation des terres coûte cher, mais le prix de l’inaction est encore plus élevé.

La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification déclare que la restauration d’à peine 12 % des terres agricoles dégradées pourrait augmenter les revenus des petits exploitants à hauteur de 35-40 milliards de dollars par an et nourrir 200 millions de personnes chaque année dans les 15 ans à venir.

D’où viendra l’argent ?

Des petits agriculteurs d’Asie et d’Afrique qui possèdent et cultivent en moyenne à peine 2,5 hectares pour produire 80 % de la nourriture consommée dans ces deux régions ? Quels sont les coûts d’adaptation ? Comment le financement public et/ou privé permettra-t-il de réaliser ces investissements et de surmonter les obstacles ?

Parallèlement aux efforts que nous déployons pour atteindre les Objectifs de développement durable avec nos partenaires, nous étudions les réponses à certaines de ces questions tout en instaurant un dialogue et en agissant pour atteindre la cible 15.3 des ODD — un monde neutre en termes de dégradation des terres.

Nous encourageons 143 pays dans le monde à lutter contre la dégradation des sols et contre d’autres défis environnementaux mondiaux en les aidant à planifier, à accéder, à livrer, à diversifier, à étendre et à séquencer divers mécanismes de financement environnemental et à les combiner avec d’autres sources publiques et privées de financement.

Depuis l’année de cette grande sécheresse au Botswana, qui est également celle où le monde s’est réuni au Brésil et a accepté les Conventions de Rio, le PNUD a permis de mobiliser 6,6 milliards de dollars pour soutenir des pratiques environnementales durables dans le monde entier.

Les liens entre la dégradation des terres et la migration n’ont pas toujours été exprimés avec vigueur, mais ils sont certainement réels, et nous avons besoin de recherches et d’analyses plus nuancées pour mieux guider les réponses.

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