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Croissance sans résilience n’est que ruine de l’économie

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Les pays émergents, comme la Côte d’Ivoire, tutoient les 10% de croissance annuelle, après avoir diversifié leur économie.

Beaucoup de pays africains se sont engagés dans des programmes d’émergence à moyen ou long terme. J’en connais précisément 27 et, dans le cadre de la deuxième conférence sur l'émergence de l'Afrique à Abidjan, nous avons ciblé un échantillon représentatif de la situation économique et géographique de l’Afrique pour creuser davantage la question.

En examinant l’ensemble des 13 pays de l’échantillon, ce qui m’a le plus frappé c’est la typologie des chantiers d’émergence. J’en ai vu trois :

Le premier type comprend des pays comme le Rwanda et la Côte d’Ivoire qui ont subi des chocs terribles dus à la guerre ou à l’instabilité politique et ont vu leur croissance économique chuter au plus bas mais qui, par la suite, ont repris une évolution rapide vers une croissance élevée. Derrière cette reprise rapide, des capacités de production excédentaires qui n’ont pas été détruites, et des pays qui ont investi sur l’augmentation de leur productivité et le renforcement de la résilience de leurs institutions.

Le deuxième type, ce sont des pays comme le Sénégal, le Gabon et le Kenya, qui ont mis l’accélérateur sur les réformes structurelles. Le Sénégal, dans les années 2011-2012, avait des taux de croissance de l’ordre de 3% alors qu’en 2016 et 2017, on frise les 7%.

Le troisième type est constitué de pays un peu plus anciens sur ce sentie. Il s’agit de pays comme le Cap-Vert ou l’île Maurice et plus tard, l’Ethiopie, qui lancent de nouveaux moteurs de croissance tous les 10 à 15 ans.

La leçon fondamentale à retenir de ces trajectoires, c’est l’existence d’un leadership et d’une vision à la base. Par contre, une mise en garde est le fait que ce leadership et cette vision soient souvent déterminées par des gouvernements ou partis politiques qui n’impliquent pas nécessairement l’adhésion des autres partis politiques.

Or, pour assurer une stabilité à long terme, il faut nécessairement impliquer les autres acteurs politiques dans l’élaboration et la mise en œuvre de la vision.

L’adhésion de la population est aussi extrêmement importante. La gouvernance n’est pas qu’économique et politique, mais aussi sociale. La croissance ne suffit pas si elle n’est pas accompagnée par une transformation structurelle au niveau des populations. Elle doit toucher l’ensemble des segments de la société et l’ensemble des espaces territoriaux.

Lorsqu’on fait la radiographie de la croissance économique en Afrique, lors de la phase d’ascension 2000-2015, on peut dire qu’il y a eu trois facteurs. Tout d’abord, la bonne gouvernance économique et politique a été déterminante. Le deuxième facteur est la montée en puissance de la classe moyenne. Le troisième a été le boom des matières premières.

Après 2015, on voit trois scénarios. Il y a des pays qui sont en train de descendre en dessous du rythme de 5%. Ce sont surtout les pays tributaires de matière premières comme l’Angola, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Nigéria. Il y a un deuxième groupe de pays qui continuent leur croissance autour des 5%. Et il y a des pays, notamment les pays émergents, dont les 13 de notre échantillon, qui ont cassé la tendance vers le haut. La Côte d’Ivoire est à 9% et tutoie les 10%, le Sénégal est à 6%.

Il faut donc relativiser en disant qu’il n’y a pas une seule Afrique. Il y a une Afrique plurielle, qui suit des sentiers divers. La leçon à en tirer, c’est qu’il faut suivre le peloton de tête, ces pays  qui ont développé la résilience de leurs économies. Pour paraphraser Rabelais qui disait que “science sans conscience n’est que ruine de l’âme”, je dirais que “croissance sans résilience n’est que ruine de l’économie”. En développant la résilience de l’économie comme le Sénégal et la Côte d’Ivoire, on peut aller vers une croissance à deux chiffres.

Cet entretien est paru dans Financial Afrik.

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