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Quelles solutions durables pour la crise des réfugiés?

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La durée moyenne du déplacement est aujourd’hui de 17 ans. Cela représente assez de temps pour permettre à une petite fille née sur la route de passer son bac. Photo: Ariel Rubin/ PNUD

L’année dernière, près d’un million de personnes fuyant la Syrie, l’Irak et l’Afghanistan franchissait les Balkans pour rallier l’Europe du nord. J’ai été profondément marquée par cette véritable marée humaine attroupée dans les champs et gares ferroviaires entre la Grèce et la Serbie.

Un an plus tard, ces images ont totalement disparu de nos écrans, mais les statistiques racontent une toute autre histoire. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, le nombre de personnes débarquées dans la région en juillet a augmenté de 17% par rapport à l'année précédente.

La crise des réfugiés en Europe ne sera résolue que lorsqu’on aura mis fin aux conflits qui l’alimentent. De même, il faudra remettre en question la mise en quarantaine des réfugiés, avec comme conséquences la création de zones de flou, l’exclusion et le désespoir.

En mai dernier, j’ai participé au Sommet humanitaire mondial à Istanbul, à l’issue duquel chefs d’Etat et organisations internationales promettaient d’intensifier les secours d’urgence pour 130 millions d’hommes, de femmes et d’enfants touchés par les guerres et les catastrophes naturelles.

C’est cet appel unanime à un resserrement des liens entre aide humanitaire et soutien au développement qui m’a le plus frappée. En effet, on ne peut pas se contenter de répondre aux besoins d’assistance des personnes vulnérables. Il faut également s’efforcer de réduire leur ampleur sur la durée.

Cela ne fait pour moi aucun doute : la manière dont la communauté internationale s’attaque à la migration a besoin d’être complètement repensée. Voici 4 angles d'approche :

  1. Il faut tout d’abord éliminer les causes principales du déplacement forcé. La prévention des conflits et la préparation aux catastrophes, qui peuvent sauver tant de vies et empêcher l’exode, sont insuffisamment financées. De même, il faut aller au-delà des slogans et concrétiser la création d’emplois et la participation politique des jeunes.

  2. Les pays doivent impérativement passer des lois qui protègent les réfugiés – surtout les femmes – et mettre en place des mécanismes visant à améliorer leurs perspectives d’avenir. La durée moyenne du déplacement est aujourd’hui de 17 ans. Cela représente assez de temps pour permettre à une petite fille née sur la route de passer son bac. Beaucoup de réfugiés ont des compétences capables de satisfaire la demande locale et qui demandent à être cultivées.

  3. Les pays d’accueil ou de transit fournissent un service public essentiel dès lors qu’ils donnent assistance aux réfugiés. Cette assistance coûte cher aux administrations, qui doivent assurer la continuité des services, stimuler le marché du travail et maintenir la paix et la cohésion sociale. Il faut donc les soutenir et les financer.

  4. La migration est une question globale. Si difficile que cela puisse paraître, les gouvernements et partis politiques européens doivent résister à la tentation de l’isolationnisme et chercher des solutions communes afin de partager la responsabilité de l’asile. Tout le monde s’en porterait mieux.

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