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La coopération internationale peut-elle contribuer à mettre le développement durable au cœur des modèles économiques ?

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Ouvriers de construction en République dominicaineEn aidant à créer des emplois décents et à construire des infrastructures durables, le secteur privé peut être un partenaire clé dans la réalisation des ODD. Photo PNUD

Le secteur privé a toujours été un acteur essentiel du développement, crédité d’un rôle positif sur la création de richesse, l’innovation et l’emploi – mais aussi blâmé plus d’une fois. Alors, en quoi son rôle et ses responsabilités dans la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) sont-ils différents aujourd’hui ?

1)  parce que le développement durable ne peut devenir réalité sans la participation active d’entreprises responsables. Le secteur privé jouera un rôle essentiel non seulement dans la création d’emplois décents, productifs et durables, la réalisation de la prospérité économique et la mise en place d’infrastructures résilientes qui soutiendront le développement durable, mais aussi dans la production d’innovations qui favoriseront la croissance verte et l’ouverture de possibilités pour tous, et surtout pour les pauvres.

2) parce que le monde des affaires a participé, dès le départ, à l’élaboration du nouveau programme d’action pour le développement durable et a clairement fait entendre sa voix. D’après une étude récente, 71% des entreprises se disent déjà en train de planifier leur action à l’égard des ODD et 41% font connaître leur intention d’intégrer les ODD dans leurs stratégies dans un délai de cinq ans (PwC, 2015). Elles contrôlent donc en partie le nouveau cadre du développement.

3) parce que les facteurs de changement dans le monde des affaires évoluent. Bien sûr, il y a l’aspect moral que le Pape François a si bien fait valoir dans son encyclique Laudato Si en mai 2015 : respect des principes universels des droits de l’homme, travail digne, protection de l’environnement et bonne gouvernance. Mais il existe aussi de solides arguments économiques en faveur des ODD. Investir dans le développement durable n’est pas un acte charitable ; c’est un investissement intelligent. Les entreprises prospèrent quand les populations prospèrent et notre planète est protégée pour de futurs investissements.

Pour les entreprises responsables, les 17 ODD représentent une source d’opportunités, qui permettra de mobiliser des milliers de milliards d’investissements possibles pour « les peuples et la planète ». Avec des incitations, des politiques, des réglementations et une surveillance appropriées, les possibilités abondent de générer des profits tout en protégeant l’environnement, en favorisant l’égalité et en sortant les individus de la pauvreté.

Il convient de noter que le monde des affaires est déjà en train de changer d’attitude, d’ « éviter de nuire » à « faire le bien ». C’est ainsi que les entreprises peuvent contribuer le plus utilement à la réalisation des ODD : en modifiant leurs stratégies, procédures, normes et paramètres pour intégrer le développement durable dans l’essence même de leurs missions et de leurs modèles économiques.

Mais pour que cette mutation ait lieu, nous devons relever plusieurs défis importants.

En premier lieu, le passage à l’échelle supérieure. Les entreprises ouvertes au progrès prouvent déjà qu’elles sont rentables et florissantes lorsqu’elles introduisent la durabilité dans leurs modèles économiques. Actionnaires et consommateurs sont favorables au développement durable, qu’ils jugent utile. Il nous faut cependant atteindre le seuil critique auquel la durabilité deviendra « la norme » sur tous les marchés du monde.

Deuxièmement, nous avons besoin de cadres réglementaires porteurs pour encourager et débloquer les investissements privés à l’appui du développement durable. C’est une responsabilité qui incombe aux gouvernements, et l’Agenda 2030 constitue une référence utile dans ce domaine.

Troisièmement, c’est depuis la base qu’il faut œuvrer au changement à l’échelle mondiale. Les entreprises sont en contact avec travailleurs, syndicats, consommateurs et fournisseurs aux niveaux local et national ; c’est là qu’elles interagissent avec les institutions et les ressources naturelles. C’est là que les transformations doivent s’opérer si l’on veut pérenniser les avancées. Nous devons veiller à ce que les entreprises traitent tous les travailleurs correctement et équitablement tout en s’efforçant d’améliorer et d’intégrer les technologies, à ce qu’elles collaborent avec les micro-, petites et moyennes entreprises, les petits producteurs agricoles et le secteur informel – surtout les femmes – et qu’elles les responsabilisent.

Quatrièmement, nous devons mettre en place les mécanismes qui assureront la crédibilité, la responsabilité et la transparence. Nous avons besoin de normes internationales en matière de communication d’informations qui établissent des règles et des incitations claires, équilibrées et cohérentes. Les entreprises devront harmoniser leurs principaux indicateurs de performance avec les résultats au regard du développement durable. L’impact social et environnemental devra être inclus dans les évaluations des performances de leurs employés.

Enfin, nous avons besoin, à tous les niveaux, d’une nouvelle génération de partenariats multipartites jeunes et expérimentés qui aillent bien au-delà des partenariats public-privé classiques. Nous avons besoin de partenariats qui reposent sur des principes, qui rendent des comptes et qui centrent leur action sur la planète et ses habitants. Les objectifs mondiaux de développement durable ne pourront être atteints sans l’intégration des valeurs sociales, de l’autonomisation économique et d’une bonne gestion, vraiment universelle, de l’environnement.

Ce sont des défis dont, à mon avis, nous viendrons à bout. Nous avons à notre disposition une formidable feuille de route pour y parvenir. Mettons-nous donc au travail sans tarder !

Ce blog fait partie d'une série d'articles écrits par des auteurs éminents sur les questions abordées dans le rapport de l'OCDE : « Coopération pour le développement 2016 : Investir dans les Objectifs de développement durable, choisir l'avenir ».

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