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L'heure est-elle à la révision du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs?

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Il faudrait s’efforcer d’inclure tous les segments de la société dans le processus du MAEP. Photo: PNUD

Six ans avant le soulèvement de 2014 au Burkina Faso, le rapport du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) sur le pays signalait « la pesée et la domination omniprésentes de la majorité qui semblait bloquer le système démocratique et entraver le multipartisme en politique ».  Les évaluateurs appelaient les autorités « à prendre des mesures de riposte et à appliquer des solutions appropriées pour instaurer le changement nécessaire ».

En Afrique du Sud, le rapport du MAEP de 2007 notait « la xénophobie montante à l’égard d’autres Africains » et recommandait que le phénomène « soit étouffé dans l’œuf ». Des dizaines de migrants ont péri depuis, victimes d’actes de violence.

Avec l'appui financier et technique du PNUD, les États Membres de l’Union africaine ont établi le MAEP volontairement en 2003. En tant qu’outil d’évaluation, son objectif est de s’assurer que les politiques et les pratiques des États participants soient conformes aux normes de l’Union africaine en matière de transparence et de redevabilité.

C’est une plateforme unique en son genre qui réunit des instances gouvernementales, de la société civile et d’autres secteurs pour analyser globalement la situation d’un pays du point de vue de la gouvernance et du développement et pour convenir de mesures d’amélioration à appliquer.

Une fois qu’ils ont adhéré au mécanisme, les pays commencent par s’autoévaluer, puis autorisent un groupe d’experts indépendants à analyser leurs constats, cette analyse évaluative étant suivie d’une réponse du gouvernement. Le rapport global et le plan d’action national qui en résultent sont alors communiqués aux chefs d’État et de gouvernement du Forum du MAEP.

Ils sont à ce jour 35 à avoir adhéré au MAEP et 17 d’entre eux se sont soumis à un examen par leurs pairs. Les constats ont mis en évidence un certain nombre de défis communs aux différents pays, notamment la corruption, l’explosion démographique et le chômage des jeunes, les insuffisances de l’infrastructure et une prise en compte peu cohérente des questions liées à l’égalité des sexes.

Malgré son utilité, le MAEP est sujet à certaines difficultés telles que le versement irrégulier des contributions des États Membres et les retards affectant les évaluations et le suivi en raison de changements de leadership politique. L’élan fléchit également lorsque les pays qui ont adhéré au MAEP s’abstiennent d’entreprendre le processus d’évaluation.

L’actuel président du Forum du MAEP, le président du Kenya Uhuru Kenyatta, s’efforce de redynamiser et de refocaliser celui-ci pour favoriser l’exécution des programmes de développement continentaux et mondiaux.

D’autres mesures, telles que le versement régulier des quotes-parts ou l’alignement des évaluations sur le processus de planification national du pays, permettraient de revoir le processus du MAEP à la lumière des avancées technologiques et juridiques survenues depuis la mise en place du mécanisme, il y a 13 ans de cela.

Les principes fondamentaux de la bonne gouvernance, tels que la participation, la transparence et la responsabilité redditionnelle ne sont pas volontaires, et l’on peut donc se demander pourquoi leur suivi devrait l’être. Il est temps que le MAEP réexamine sa nature volontaire en tant que moyen d’implanter fermement ces valeurs dans l’ensemble du continent.

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