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Il est grand temps que la révolution verte de l’Afrique se mette en marche !

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On pourrait légitimement supposer que la productivité agricole est plus élevée dans les pays riches en ressources naturelles. Les revenus tirés de la vente de pétrole, de gaz et de minerais peuvent en effet financer la fourniture de matériel, d’engrais, de systèmes d’irrigation, de crédits et de semences pour les agriculteurs. Toutefois, la productivité agricole reste modeste dans bon nombre des pays d’Afrique qui exportent des matières premières. Pourquoi ?

Entre 2003 et 2013, la production agricole dans les pays d’Afrique subsaharienne dépendants des ressources naturelles a connu une croissance annuelle moyenne de 3,6 %, légèrement supérieure au taux de croissance de 2,7 % enregistré par le reste de la région. Les taux de croissance annuels de la production agricole en Angola, au Cameroun et en Zambie ont ainsi atteint plus de 6 % en moyenne, se classant parmi les taux de croissance les plus élevés au monde.

Si l’on regarde de plus près l’utilisation des intrants agricoles, cependant, on s’aperçoit que la croissance de la production agricole s’explique non par la productivité, mais par l’augmentation de la surface de terres cultivées. Celle-ci s’est accrue de 2,6 % par an pour atteindre au total 103 millions d’hectares, contre 83 millions d’hectares lors de la décennie précédente.

Bien que le stock de machines agricoles (en équivalent tracteurs de 40 CV) ait augmenté de 18,6 % d’après les estimations, on compte toujours moins de quatre machines agricoles pour 1 000 hectares de terres arables. Ce chiffre est environ dix fois inférieur à celui enregistré dans les pays non dépendants des ressources naturelles.

De même, la consommation moyenne d’engrais a augmenté d’environ 8,5 % par an, mais se situe toujours autour de 18 kilogrammes par hectare de terres arables, contre 27 kilogrammes dans les autres pays d’Afrique subsaharienne. L’Angola, le Cameroun, le Gabon, la Guinée, la République démocratique du Congo et la République du Congo consomment moins de 10 kilogrammes d’engrais par hectare de terres arables.

La part moyenne de terres arables dotées de systèmes d’irrigation n’est que de 2,6 % ; à noter qu’elle est déjà faible (5 %) dans le reste de l’Afrique subsaharienne. L’octroi de crédits au secteur agricole est également très modeste. En Angola et au Nigéria, par exemple, les crédits accordés à ce secteur représentent moins de 5 % des crédits totaux.

Entre 2003 et 2013, la productivité multifactorielle agricole dans les pays dépendants des ressources naturelles a connu une croissance annuelle moyenne de 1 %. Le rendement céréalier a augmenté de 10 %, contre une croissance de 13 % dans le reste de l’Afrique subsaharienne. Il s’élève aujourd’hui à 1 213 kilogrammes par hectare, contre une moyenne de 1 412 kilogrammes dans le reste de la région à l’exception de l’Afrique du Sud.

Ces conclusions ne sont pas surprenantes dans la mesure où, parmi les pays dépendants des ressources naturelles, seuls quatre ont atteint l’objectif fixé par le Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine (PDDAA) de consacrer 10 % des dépenses publiques à l’agriculture, pendant au moins un an depuis 2003.

Cette stagnation de la productivité s’est traduite par une envolée des importations de produits agricoles, qui sont passées de 398 millions USD en 2003 à 1,4 milliard USD en 2013. À l’heure actuelle, les importations de produits alimentaires représentent plus de 13 % de la facture totale des importations en Angola, en Guinée et au Nigéria.

Il serait judicieux de consacrer les revenus tirés de la vente de pétrole, de gaz et de minerais au renforcement de la productivité agricole, en fournissant du matériel, des engrais, des systèmes d’irrigation, des crédits et des semences aux agriculteurs. Il s’agit d’un choix politique déterminant, qui permettrait, d’une part, de nourrir les 2,4 milliards de personnes que devrait compter le continent d’ici 2050, et, d’autre part, de stimuler l’industrialisation du continent par le biais du secteur agroalimentaire.

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